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369 303 Dominique de Villepin

Conscience de la couleur, couleur de la conscience – vernissage de l’exposition Myonghi

Le 29 octobre dernier, Dominique de Villepin a participé au vernissage de l’exposition des oeuvres de la peintre sud-coréenne Myonghi, organisée par la galerie Kwai Fung, à Hong-Kong. Le texte qui suit a été rédigé spécialement pour cette exposition intitulée “Conscience de la Couleur, couleur de la conscience”. 

 

Myonghi est une artiste rare. Rare dans ses expositions, puisque sa dernière grande exposition à la Galerie Kwai Fung remonte à 2015, mais plus rare encore par ses qualités, ses talents et en un mot sa différence dans le monde actuel de la création artistique. Elle apporte un sens du travail sans pareil, une précision, une technicité acquise au cours d’une longue pratique à l’heure où beaucoup se concentrent sur des œuvres de consommation de masse, sans prise avec nos questionnements humains. La sélection opérée ici manifeste l’ampleur de sa palette, de toiles délicates et nervurées qui s’échappent de la réserve blanche de la toile à des paysages pleins et chargés de vie où les couleurs font front les unes face aux autres, comme le ciel et la terre s’attirent, se repoussent, s’interpénètrent.

Myonghi poursuit ici sa méditation pour saisir la vibration du monde, une quête spirituelle à travers les réfractions infinies de la lumière. Plus que jamais son attention est tournée vers le chatoiement du monde, l’éclat de ses couleurs, le contraste de ses forces. Elle atteint de nouveaux sommets dans des œuvres maîtresses comme le Temps des Camélia ou les Champs de pins, air de Wang Meng. Myonghi étend toujours davantage l’ampleur de ses techniques, entre œuvres sur papier et huiles sur toile, l’étendue de ses tableaux, des petits formats jusqu’aux très grands formats de ses toiles les plus récentes, la variété de ses approches entre retour à des paysages presque figuratifs et compositions confrontant le mouvement rapide de traits de pinceaux expressifs. Devant ses grands formats, on dirait parfois, à la voir frêle devant la toile vide, peignant avec gourmandise comme si la toile devait recouvrir le monde pour nous rendre capables de l’observer tout entier.

Cette exposition traduit un enracinement inédit de Myonghi, un retour au pays natal, à la Corée et à l’atelier de Jeju, cette île de naufragés et de passagers entre péninsule coréenne, archipel nippon et montagnes confucéennes du Shandong chinois. Cette île, l’Occident la connut longtemps sous le nom étrange et poétique d’île de Quelpart. Et c’est bien de cela qu’il s’agit d’un point d’où commencer la description du monde, le « devisement du monde » tel que l’imaginait Marco Polo de retour de ces contrées ; d’un Quel(que)part d’où lancer ses navires spirituels à l’assaut des richesses du monde et où retourner chargé de butins.  Après le temps des voyages et des expéditions dont elle rapportait des morceaux de nature et des éclats de paysages comme pour un cabinet de curiosité du XVIIIe siècle, elle s’efforce là de poser le regard sur les mêmes fragments et les mêmes perspectives pour y cerner les lois du changement et de la variation. C’est un oiseau, un groupe de pins, un camélia qui retient l’attention et devient le laboratoire de nouvelles représentations.

Le lien de Myonghi à son pays d’origine, la Corée du Sud, est complexe, intime, secret. Elle a fait ses armes en s’appropriant une tradition occidentale de l’art, en se confrontant à des questions mondiales à Paris  en un temps où la Corée restait fermée et souvent impénétrable.

La Corée, particulièrement la Corée du Sud, sont aujourd’hui devenus un lieu central de l’art contemporain. Longtemps périphérie de confessions lointaines ou pire possession et dépendance d’empires proches, le pays est devenu le symbole des déchirures postmodernes. On songe bien sûr aux enjeux géopolitiques qui ont placé la péninsule au centre des regards du monde cette année, attisant les espoirs autant que les inquiétudes, on se souvient en effet d’une terre de Corée battue par les vents de l’Histoire, brisée pendant la Seconde Guerre Mondiale sous le joug japonais, écartelée au lendemain de la Guerre de Corée entre les deux blocs. Nulle part au monde le basculement de la tradition à la modernité n’a été aussi abrupt, passant d’un monde rural, clos, infiniment répété à un univers urbain, en réseau sur le monde, engagé dans une transformation perpétuelle. Prospérité extraordinaire, mais, on se doute, épreuve également pour la conscience coréenne. Seul l’art, seule la création peut permettre de surmonter le doute des identités et l’angoisse de l’avenir. L’Europe le sait, déchirée par les séparatismes et les populismes, les Etats-Unis ne l’ignorent pas dans ce tourbillon de doutes qu’est pour elle la présidence Trump. Ceux qui dans la tempête pourront s’accrocher aux réalités tangibles de l’art, qui pourront donner du sens à leur expérience et à celle de leurs contemporains, pourront jeter les bases de l’avenir commun. 

Myonghi n’est pas peintre d’histoire, l’idée même la ferait sourire sans doute, mais elle sait pourtant qu’il n’y a pas de peinture, pas de paysage qui se trouve en dehors de l’histoire. Toute conscience de la nature est conscience du devenir dans l’histoire. Elle sait que la réconciliation seule offre un chemin de paix avec soi même, avec le monde et entre les hommes. Ce n’est pas un hasard si en ces temps troublés, la tragédie du monde des hommes refait soudain irruption dans sa peinture, dans son monumental Syrie, Evacuation. Femme-peintre, Myonghi apporte une sensibilité en prise avec notre monde, avec ses aspirations, avec ses moments de découragement et ses sursauts d’espérance.

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La France et l’Europe ont besoin d’un nouveau souffle

Invité par le “Grand rendez-vous” d’Europe 1, en partenariat avec CNews et Les Echos, Dominique de Villepin s’est livré à l’analyse des défis pour la France et l’Europe, dans un contexte de crises diplomatiques et de divisions nationales aiguës. A l’occasion du centenaire du 11 novembre 1918, l’ancien Premier ministre est revenu sur plusieurs enjeux décisifs, à commencer par la revitalisation du débat démocratique en France et la structuration de la défense européenne face au bouleversement des alliances traditionnelles.

 

 

 

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Exclusive interview with ex French PM de Villepin on CGTN

On 7th November 2018, during the first China international Import Expo, the Chinese channel CGTN broadcasted an exclusive interview with former French Prime ministre Dominique de Villepin. His analysis offers an overview of the current global issues, in particular regarding the trade and financial tensions between China and the USA, the economic difficulties experienced by the emerging countries as well as the decisive context Europe is facing today, some months before the European election in May 2019.