Tag

nouvelle route de la soie

1024 577 Dominique de Villepin

L’Europe et la Chine doivent apprendre à mieux se connaître

– Dans un entretien avec l’agence de presse nationale chinoise Xinhua, Dominique de Villepin estime que l’Europe et la Chine doivent mieux apprendre à se connaître et mobiliser les capitaux dans leurs territoires respectifs pour développer leur capacité de travail. Il nourrit l’espoir que le voyage du président Emmanuel Macron à Beijing, prévu début 2018, permette aux dirigeants français de toucher du doigt la nouvelle réalité chinoise –

“Nous sommes dans un temps où il faut apprendre à travailler ensemble. Le principal problème du monde dans lequel nous entrons, c’est que trop d’Européens et d’Américains ignorent la réalité chinoise, trop de Chinois ignorent la réalité occidentale, et trop peu mesurent combien ils peuvent apprendre les uns des autres.

La nouvelle Route de la soie est une occasion de travailler très concrètement sur des projets d’intérêts communs. Ce projet a d’abord une ambition économique et technologique qui vise à élever le niveau de ces pays en leur permettant de mieux répondre aux problèmes des populations. Cette ambition économique a des répercussions très favorables d’un point de vue politique et culturel, notamment pour mieux lutter contre les risques d’instabilité, l’islamisme, le terrorisme, […] établir des liens et nourrir des dialogues.

Il faut travailler ensemble à travers les institutions qui ont été créées de façon spécifique par la Chine en liaison avec tous les pays concernés. La Banque asiatique pour le développement des infrastructures et des investissements a, à sa tête, un dirigeant de grande qualité, qui a vocation à donner vie à des projets d’intérêts communs.

La France, comme la plupart des pays européens, participe au capital de la banque. Ce que je souhaite, c’est que l’on puisse très rapidement passer à la phase opérationnelle pour choisir des projets, avec les outils dont dispose l’UE (la Banque européenne de développement, le Fonds Juncker…).

Dans des pays se développe une certaine peur face aux investissements chinois, nombreux et importants, qui donnent parfois de l’inquiétude à certains entrepreneurs ou dirigeants européens. Il ne faut pas céder à la peur et trouver le bon moyen de travailler avec exigence avec nos partenaires économiques et politiques chinois.

La Chine a longtemps été désireuse d’avoir systématiquement la majorité dans les projets et dans les entreprises dans le cadre d’achats ou de fusions-acquisitions en Europe. Aujourd’hui, elle montre qu’elle est prête à avancer progressivement avec des logiques de projets avec des entreprises. Il faut être ouvert et voir comment nous pouvons travailler ensemble, non seulement en Europe mais aussi sur des projets triangulaires entre l’Europe, la Chine et des pays africains, en associant nos savoir-faire et nos compétences.”

Interrogé par Xinhua sur l’avenir des relations entre Paris et Beijing, l’ancien secrétaire général de l’Elysée répond que l’arrivée sur la scène internationale d’Emmanuel Macron contribue à “remettre sur la table un certain nombre de ces grands sujets pour mieux travailler ensemble. Il est important que les dirigeants français touchent du doigt la nouvelle réalité chinoise, l’enthousiasme, la volonté d’aller de l’avant qui existe du côté chinois, pour mesurer l’ensemble des opportunités de travail.

Il nous faut trouver ensemble des réponses sur les sujets qui inquiètent comme les marchés publics, ou les insuffisances de transparence du côté de certaines entreprises d’Etat, et préempter ces difficultés.”

Au sujet de la voie de développement chinoise, Dominique de Villepin estime que “la Chine, compte tenu de son histoire, de sa culture et de sa taille économique et démographique, est un modèle qui est difficilement reproductible. C’est un modèle adapté aux réalités de la Chine.

La Chine essaie en permanence d’innover et d’inventer tout au long des années en apportant des réponses à toute sorte d’inquiétudes qui peuvent s’exprimer dans sa population. La prise de conscience environnementale en est un exemple. Tout comme l’évolution de son modèle technologique: la Chine a beaucoup appris du modèle occidental et aujourd’hui elle avance sur son propre chemin. C’est particulièrement vrai dans le domaine du numérique. Il y a là une voie chinoise qui peut nourrir notre propre réflexion.

Il y a des leçons à tirer sur un mode de gouvernement qui ancre la nécessité de s’inscrire dans le temps long. Le mouvement de planification est très organisé et très structuré en Chine. Nous devons, nous en Europe, être capables d’inoculer dans notre travail quotidien plus de temps long, plus de prévoyance, d’anticipation et de planification.

La feuille de route du Congrès en appelle à la fierté des Chinois, à leur confiance dans la réconciliation entre la tradition et la modernité, dans l’affirmation du rôle unitaire de l’Etat et du rôle structurant du Parti communiste pour mobiliser l’ensemble de la société. Nous devons, nous, en Europe, être capables de mobiliser l’ensemble de nos forces, les régions, l’Etat-nation et l’échelon européen.”

Interrogé sur les craintes d’un hypothétique “nationalisme chinois”, Dominique de Villepin répond: “Je crois davantage à une Chine fidèle à sa tradition d’Empire du Milieu et qui, aujourd’hui, prend conscience de ses responsabilités et veut les assumer, qu’à un risque d’impérialisme chinois.

Toute tentation d’unilatéralisme est dangereuse, on l’a vécu avec les Etats-Unis. Il ne faut pas vivre, chacun dans notre coin, notre ambition et notre vision. Il faut essayer d’interpénétrer, d’interconnecter, d’associer et de marier nos talents”, conclut Dominique de Villepin.

26 novembre 2017, Xinhua.net

1024 682 Dominique de Villepin

Nous avons besoin d’une Chine plus forte

– Présent au symposium international de groupes de réflexion portant sur les implications du 19e Congrès national du PCC pour la Chine et le monde, Dominique de Villepin a estimé que le congrès organisé en octobre dernier représente non seulement l’entrée de la Chine dans une nouvelle étape, mais ouvre aussi une nouvelle ère pour le monde –

 

« Le président Xi Jinping a clairement marqué quelle était l’ambition de la nation chinoise, qui est de défendre et d’accroître la fierté du pays en tant que nation dans le monde, et ce par l’entrée dans une nouvelle ère, l’entrée dans de nouvelles responsabilités internationales. D’autre part, il a confirmé le rôle majeur du Parti dans la défense de l’unité, de la stabilité du pays et a marqué également le souci d’accroître l’efficacité de l’Etat dans cette nouvelle période. Donc il y a là une ambition qui est clairement affirmée et qui rejoint de nombreuses préoccupations des pays européens et de la France, en particulier le soutien au multilatéralisme, le soutien à un monde ouvert, au moment où un certain nombre de risques nouveaux apparaissent liés à l’isolationnisme américain, liés aux tendances nationalistes ou sécessionnistes, dont le Brexit est un exemple. Je crois qu’il y a là donc des convergences importantes qui existent entre la volonté chinoise, dans cette nouvelle période, de concourir à la stabilité internationale, et les ambitions de l’Europe de constituer un pilier pour l’équilibre mondial », a déclaré Dominique de Villepin.

Selon lui, le fait que l’Europe et la Chine partagent des valeurs communes, comme le multilatéralisme ou la volonté d’avancer dans un monde ouvert, constitue des atouts très forts entre ces deux régions. « Je ne suis pas naïf, je vois bien qu’il y a souvent des inquiétudes et des peurs face à l’avenir. La Chine représente une très grande puissance. Un certain nombre de pays européens, de partis ou de peuples européens, s’inquiètent du risque que peut constituer cette nouvelle puissance. Mais je crois que c’est en travaillant ensemble, en développant des partenariats communs, que l’on répondra le mieux à ces peurs. C’est donc ma conviction : nous avons besoin d’une Europe plus forte, nous avons également besoin d’une Chine plus forte, qui soient capables de prendre toutes ces responsabilités sur la scène internationale », a-t-il indiqué au journaliste de China.org.cn lors d’une interview.

 

Interrogé si une Chine plus forte sera une opportunité pour l’Europe et pour le monde, Dominique de Villepin a résolument répondu « oui », tout en précisant que « dans une période où l’on voit bien que l’isolationnisme, où la tendance au nationalisme, gagnent du terrain, une Chine ouverte sur le monde, une Chine désireuse de prendre ses responsabilité, une Chine qui défend des projets ambitieux comme celui des Nouvelles Route de la Soie, est une Chine qui contribue à l’ordre mondial et à la stabilité du monde ».

L’ancien Premier ministre de l’Hexagone a également salué l’initiative de « La Ceinture et la Route », la qualifiant de projet ambitieux et global, puisqu’il est à la fois politique, économique et culturel. Selon lui, il s’agit d’abord d’un projet politique marquant la volonté d’associer les pays de l’Eurasie, en particulier les pays qui aujourd’hui connaissent le plus de difficultés, en leur permettant une nouvelle croissance par le développement de leurs infrastructures. C’est aussi un projet à forte dimension économique et technologique qui apporte des infrastructures et de nouvelles technologies, permettant la construction de routes, de ponts, d‘autoroutes et de chemins de fer. Enfin, dans ce projet, il y a une dimension culturelle importante, qui souligne la nécessité du dialogue entre l’ensemble de ces Etats si l’on veut éviter les risques du monde d’aujourd’hui, tels que le risque de l’islamisme ou le risque du terrorisme.

« On doit accepter la nécessité de travailler ensemble dans une vision coopérative. De ce point de vue, le projet des Nouvelles Routes de la Soie constitue une véritable innovation dans cette volonté de faire travailler l’ensemble des pays de cette zone », a-t-il conclu, tout en ajoutant que la coopération entre la Chine et l’Europe, qui participe également à l’initiative chinoise de « La Ceinture et la Route », a déjà porté des résultats fructueux, parmi lesquels on peut citer la participation à la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures (BAII), les échanges à travers le train de fret reliant Lyon à Wuhan et la coopération sino-européenne dans divers domaines concrets comme le nucléaire et la lutte contre le changement climatique.

1024 523 Dominique de Villepin

Today, what China brings to the world is its unity

Dans une interview en anglais pour la chaîne chinoise CGTN, Dominique de Villepin s’est exprimé sur les principaux enjeux du 19è Congrès du Parti Communiste Chinois pour l’avenir de la Chine.

1024 334 Dominique de Villepin

Multipolar World Order: Opportunities & Challenges

Après une conférence donnée au 15e forum du “Dialogue of Civilizations” à Rhodes, Dominique de Villepin a ensuite participé à un débat en anglais organisé par la chaîne chinoise CGTN, sur le caractère multipolaire du monde.

 

1024 525 Dominique de Villepin

Europe is on the road to recovery

Invité au 15e Forum de Rhodes, Dominique de Villepin a donné une interview en anglais à DOC (Dialogue of Civilizations) Tv, dans laquelle il s’est exprimé sur l’avenir de l’Europe et de la démocratie, le projet de Nouvelle Route de la Soie et la politique de Donald Trump.

1024 587 Dominique de Villepin

La nouvelle Route de la Soie, un nouveau souffle pour la mondialisation

– Dans une tribune initialement parue en anglais dans le journal chinois Le Quotidien du Peuple, Dominique de Villepin a développé sa vision du projet de Nouvelle Route de la Soie et annoncé la création de l’International Marco Polo Society, un groupe de réflexion rassemblant des personnalités d’Europe et d’Asie afin de contribuer à la promotion de cette initiative multilatérale –

 

L’incertitude est devenue le danger principal de notre temps. Aucun des cinq continents n’échappe aujourd’hui aux grandes menaces du siècle : le terrorisme, sapant les efforts de consolidation de la paix ; le populisme rejetant l’ouverture le libre-échange et le développement des peuples ; le changement climatique, créant de nouveaux risques pour les générations futures. Les confrontations actuelles et l’imprévisibilité de certaines grandes puissances plaident pour une refondation du multilatéralisme.

Cependant, le dialogue a considérablement reculé sur la scène internationale au cours des derniers mois. L’élection du nouveau président américain a accéléré la remise en cause des accords internationaux en matière de libre-échange et de protection de l’environnement. Pourtant, il n’existe pas d’autre solution que la coopération internationale pour tenter de construire un monde plus sûr. Aujourd’hui, nous assistons à la naissance douloureuse d’un nouveau monde multipolaire. Or j’ai la conviction que l’Asie et l’Europe ont un rôle décisif à jouer pour bâtir une mondialisation plus juste et plus équilibrée. Il est devenu essentiel d’encourager la formation de nouveaux pôles de stabilité et de prospérité.

Dans ce contexte, la Chine nous offre une chance d’atteindre cette objectif grâce à l’initiative “une Ceinture, une Route”. Il s’agit d’abord d’un projet ambitieux en faveur d’ investissements massifs dans les infrastructures en Asie, en Europe et en Afrique. Il s’agit ensuite d’une relance politique des partenariats multilatéraux au service du dialogue culturel et de la stabilité, deux biens communs universels. De l’annonce du projet par le président Xi Jinping à l’automne 2013, au forum sur la Nouvelle Route de la Soie de Beijing à la mi-mai 2017, l’initiative a connu des avancées majeures. En moins de quatre ans, ce programme s’est doté de nouveaux outils, à l’instar de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), dotée d’un capital de 100 milliards de dollars impliquant plus de 60 pays.

La Nouvelle Route de la Soie présente une alternative concrète et durable aux risques de ralentissement économique, d’isolement et de confrontation. Il n’a fallu que quelques années pour aboutir à de premiers succès. Des projets ont ainsi été lancés au Pakistan, en Azerbaïdjan et à Oman, dans des domaines stratégiques comme les centrales électriques, les gazoducs et les chemins de fer. Les investissements chinois ont également augmenté dans les pays d’Europe centrale dans le cadre du format «16 + 1» et en Europe du sud où de nombreux projets sont mis en œuvre, notamment en Grèce, pour y développer des infrastructures à l’image du port du Pirée.

L’avenir appartient à l’Eurasie. L’Asie et l’Europe pourraient travailler ensemble sur de nombreuses priorités. Elles partagent l’ambition commune d’assurer une croissance durable, la sécurité alimentaire et énergétique, et la préservation de l’environnement. Rien qu’en Asie, la Banque asiatique de développement estime les besoins d’investissement en infrastructures à près de 26 000 milliards de dollars d’ici 2030, créant d’énormes perspectives dans des secteurs prometteurs comme le transport, l’immobilier, la gestion de l’eau et des déchets, et l’économie verte.

A cet égard, le projet “une Ceinture, une Route” permet de répondre à trois défis de notre époque. Premièrement, il vise à renforcer la connectivité mondiale à travers l’amélioration des infrastructures énergétiques, numériques et de transport partout dans le monde. Deuxièmement, il réveille la coopération multilatérale en promouvant une plus grande inclusivité et une meilleure collaboration, par la mise en commun des ressources financières d’investisseurs publics et privés autour de projets transfrontaliers. Troisièmement, il contribue à créer les conditions du relèvement économique et du développement international. Bien qu’il existe une forte diversité des PIB le long de la nouvelle Route de la Soie, en particulier entre les pays développés d’Europe orientale et ceux d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, l’initiative chinoise contribuera à réduire progressivement l’écart économique entre toutes les parties prenantes et favorisera donc le rattrapage économique des économies en transition.

Au cours de ces dernières années, mes nombreux échanges avec des décideurs mondiaux m’ont convaincu que nous ne pouvions passer à côté d’un tel le projet. Mais il nous faut nous doter des instruments adéquats. Nous avons besoin d’une plateforme pour échanger des idées, créer des synergies et sensibiliser la communauté internationale. Nous avons besoin de bâtir les principes d’un destin commun garantissant le respect des personnes, le respect de la souveraineté et le respect de l’histoire. Nous avons également besoin d’une dynamique exemplaire qui reposerait sur des projets-vitrines impliquant le plus grand nombre d’acteurs, à commencer par les Etats, mais aussi les entreprises, les sociétés civiles, les think tanks et les universités.

C’est pourquoi, avec un groupe personnalités européennes et asiatiques de premier plan, nous avons créé l’International Marco Polo Society, en hommage à l’un des plus grands voyageurs du Moyen Âge. Il s’agit d’un cercle composé d’anciens Premiers ministres et de ministres des Affaires étrangères désireux de mobiliser les opinions publiques dans leur pays respectif et d’œuvrer à des propositions innovantes. Car nous avons une conviction commune: pour que l’initiative « une Ceinture, une Route » devienne réalité, chaque énergie compte et doit pouvoir contribuer à ce que le président Xi Jinping a qualifié de “projet du siècle”.

 

Initialement paru le 21 septembre 2017, Le Quotidien du Peuple

1024 529 Dominique de Villepin

Le projet de Nouvelle Route de la Soie nous offre un avenir commun

Invité par la chaîne chinoise CGTN aux côtés de politologues et spécialistes de la Chine, Dominique de Villepin a participé à un dialogue sur les avancées du projet de Nouvelle Route de la Soie porté par le gouvernement de Xi Jinping

1024 573 Dominique de Villepin

Xi Jinping et la Nouvelle Route de la Soie, un discours très ambitieux

Interviewé par Radio Chine Internationale en marge du forum sur la Nouvelle Route de la Soie qui s’est récemment tenu à Pékin, Dominique de Villepin a souligné le caractère ambitieux et prometteur du projet chinois dit “Une ceinture, une route” ou Nouvelle Route de la Soie. Il a insisté sur les aspects centraux de cette initiative inscrite dans un cadre multilatéral, qui oeuvre pour un développement mondial plus équilibré et plus durable.

1024 681 Dominique de Villepin

La Nouvelle Route de la Soie, un espoir pour chacun

– Lors d’une interview pour le Quotidien du Peuple donnée en marge du forum «une Ceinture, une Route» pour la coopération internationale inauguré le dimanche 14 mai à Pékin,  Dominique de Villepin, est revenu sur les opportunités que représentent l’initiative chinoise sur le plan économique, commercial, culturel et humain –

Monsieur de Villepin, vous venez d’assister à la cérémonie d’ouverture du forum. Pouvez-vous partager avec nous votre sentiment sur le discours de Xi Jinping ?

Bonjour à tous, merci de m’accueillir, je suis très heureux d’être avec vous. Tout d’abord ce qui m’a frappé dans le discours du Président Xi Jinping est le souci d’intégrer le projet des Routes de la Soie «One Belt, One Road» dans une perspective historique. Il y a de longues traditions de Route de la Soie. Et ce que la Chine veut faire aujourd’hui est évidemment la suite de ce qui a été entrepris pendant des millénaires, l’expérience de la Chine dans son rapport avec le reste du monde.

Ce qui est frappant également, c’est l’ambition du projet, qui se veut être une initiative de paix, de développement et d’une prospérité partagée ; et en même temps un projet innovant, ouvert sur la mondialisation. Cela fait partie de ses initiatives qui tranchent avec ce que l’on voit aujourd’hui : beaucoup de tentatives populistes de fermeture des frontières. Il y a là au contraire un pari sur l’avenir, un pari volontaire à égalité entre les Etats, d’ores et déjà une centaine d’Etats sont parties prenantes de cette grande affaire. Et l’on voit dans la participation du forum à quel point il s’agit là d’un succès. Donc, il faut confirmer cet élan, confirmer la multiplicité des institutions qui sont aujourd’hui en train de s’organiser sur ce projet des Routes de la Soie. Et je suis convaincu en tant qu’Européen qu’il y a là véritablement matière à avoir confiance dans l’avenir.

Vous interviendrez également dans une discussion évoquant les échanges des peuples. Quels sont les points que vous allez aborder ? Pensez-vous que les échanges humains et culturels entre la France et la Chine seront renforcés dans le cadre de l’initiative « une Ceinture, une Route » ?

C’est une dimension très importante du projet, parce qu’il ne s’agit pas seulement de développer les activités des entreprises, les liens entre les Etats, mais il s’agit aussi de développer les liens entre les peuples, entre les villes, entre chaque individu le long de cette route, et de donner un espoir à chacun. Et le pari qui est fait, le développement des infrastructures est aussi un pari qui a une forte incidence sur la culture et les échanges culturels entre les différents Etats. Dans le cas de la France et de la Chine, nous sommes des vieilles civilisations, nous avons un vieux partenariat très ancien et très solide qui ne cesse de se développer. On le voit dans le nombre de touristes chinois qui viennent en France, dans le nombre de jeunes Français qui viennent étudier en Chine et qui veulent mieux connaître la Chine. On le voit dans la vitalité de notre coopération économique. Donc, il s’agit d’approfondir cet élan. Et je suis convaincu que l’action en commun autour des projets de la nouvelle Route de la Soie continuera à développer et à renforcer ces liens.

Selon vous, le nouveau président français Emmanuel Macron jugé pro-commerce, laissera-t-il pendant son mandat des influences positives concernant les coopérations économiques et commerciales entre les deux pays ?

Emmanuel Macron est un jeune président, intronisé ce dimanche à Paris. Mais c’est un président qui a déjà eu l’occasion d’avoir un échange ces jours derniers avec le Président Xi Jinping, et de réaffirmer à nos amis chinois à quel point nous souhaitons maintenir et développer le partenariat privilégié que la France a avec la Chine. Tout au long de la campagne électorale, Emmanuel Macron est l’un des candidats qui a le plus développé cette volonté de renforcer les liens et d’être présent pour les grands projets de cette nouvelle Route de la Soie. Bien sûr avec d’autres partenaires européens, mais aussi avec les entreprises françaises, les villes françaises et les institutions françaises, qui sont toutes convaincues de l’importance de l’enjeu que constitue aujourd’hui le développement de la nouvelle Route de la Soie.

Suite au retrait des Etats-Unis du partenariat trans-pacifique (TPP), le Premier ministre japonais Shinzo Abe tente de restructurer le TPP. Certains jugent que ce geste constitue une concurrence de l’initiative «une Ceinture, une Route» proposée par la Chine. Quel est votre avis ?

Je ne crois pas qu’il y ait de concurrence entre ces projets. La défection des Etats-Unis contraint le partenariat trans-pacifique à évoluer et à s’adapter. Je pense que l’ensemble des coopérations entre les pays de la région sont positives. Il faut les développer de façon inclusive et non pas en opposition avec tel ou tel pays. C’est une opportunité pour la Chine de se joindre aussi à ce projet de coopération. Je suis persuadé que tout ce qui peut rapprocher les Etats, les populations et les peuples de cette région sont des éléments positifs, pour créer un contexte général de dialogue et de prospérité.

La Chine préconise de manière très active la mondialisation économique et la communauté de destin, et cela face à la montée des pensées anti-mondialisation. Sur le plan économique, pensez-vous que l’initiative proposée par le président chinois Xi Jinping va promouvoir la mondialisation ?

Le Président Xi Jinping avait souligné à Davos l’importance d’avoir une mondialisation ouverte, favorable au développement, aux échanges, et aux coopérations entre les Etats et les peuples. C’est une prise de position qui a marqué le monde, car c’était un véritable acte et pari de confiance dans l’avenir, et ce à un moment où l’on constatait aux Etats-Unis, en Europe, et dans un certain nombre de pays la tentation du repli sur soi, du protectionnisme et du populisme se développer.

Je crois qu’il est absolument nécessaire à travers l’aventure de la nouvelle Route de la Soie de montrer qu’il faut opter pour le pari du développement partagé, et d’un développement équilibré et durable. C’est avec des projets et actions concrètes que nous parviendrons à garder confiance dans la mondialisation.

Quels sont vos centres d’intérêts concernant l’initiative chinoise ?

J’ai en ce qui me concerne deux centres d’intérêts principaux. Le premier est bien sûr le développement des infrastructures, parce qu’il y a du côté français un savoir-faire, une expérience, des technologies, des entreprises qui ont énormément avancé et travaillé dans ce domaine, en particulier dans tout ce qui touche aux transports, au développement urbain, à l’environnement, aux secteurs de l’eau et de l’électricité.

Parallèlement, il y a l’ensemble du développement culturel. Je crois qu’il nous faut penser différemment le rôle et l’importance des échanges culturels, des développements humains. J’attache aussi beaucoup d’importance à tout ce qui touche aux échanges dans le domaine stratégique. Nous devons développer des centres de réflexion, nous permettant de mieux penser l’avenir. Je me réjouis de voir en Chine à travers différentes initiatives, à travers des prises de position d’universités, se développer un réseau de think-tanks en liaison avec l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, [ces régions-là] peuvent constituer un maillage très positif pour rechercher de nouvelles options, solutions et stratégies.

15 mai 2017, Quotidien du Peuple

1024 568 Dominique de Villepin

La nouvelle route de la soie, une initiative exemplaire

Dans une interview retransmise sur la chaîne chinoise CCTV, Dominique de Villepin s’est exprimé sur l’importance du projet de Nouvelle Route de la Soie conduit par les autorités chinoises. Il estime que l’initiative revêt un caractère exemplaire, multipliant les relations entre la Chine et les pays voisins, et qu’elle est susceptible de créer de la stabilité en Asie centrale.