• 21 septembre 2011

Chère amie, Cher ami,

Chère amie, Cher ami,

150 150 Dominique de Villepin

J’ai demandé au cours du bureau politique du lundi 19 septembre à Jean-Pierre Grand d’assumer dorénavant la responsabilité de président de notre mouvement. C’est avec une grande confiance que je remets entre les mains de cet homme de courage, de fidélité et d’expérience les rênes d’un mouvement jeune, mais audacieux et innovant, qui écrit maintenant une nouvelle page de son histoire. J’ai reçu avec beaucoup d’émotion les témoignages de soutien des représentants des fédérations et des acteurs de terrain de notre mouvement.

Ce choix, je l’ai fait dans le but de pouvoir travailler de toutes mes forces à la définition d’une politique de rassemblement dans un temps d’une exceptionnelle gravité pour notre pays et pour l’Europe. 2012 ne pourra pas être une élection comme les autres. Chacun d’entre vous, avec son goût et son expérience de la chose politique en est intimement convaincu. Il faut ouvrir les portes et les fenêtres de la politique. Il faut, une fois de plus, être les pionniers d’une autre façon de faire de la politique. Pour cela, je dois aujourd’hui constituer une équipe rapprochée, capable de définir une telle politique, de dégager les voies du rassemblement et de créer sans cesse de nouvelles passerelles. Pour cette tâche exigeante, j’ai demandé à Brigitte Girardin de bien vouloir m’accompagner. Elle sera remplacée au secrétariat général du mouvement par Marc Bernier qui saura, je le sais, faire vivre le mouvement par son écoute, son énergie et sa passion du terrain.

Ce choix s’inscrit pour moi dans l’itinéraire même de notre mouvement. C’est l’expression d’une conviction gaulliste, car on ne peut parler vraiment à la France qu’en dehors des appareils partisans, même si ceux-ci restent indispensables à l’expression de notre vitalité démocratique. Ce choix, c’est également une exigence personnelle qui m’a toujours habité, celle de conserver toujours mon entière liberté de parole et de proposition, pour aller directement à la rencontre des Françaises et des Français. Ce choix, c’est enfin une ambition, celle du rassemblement de toutes les énergies aujourd’hui éparses dans notre pays. Nous devons résister à la tentation personnelle que fait naître la logique présidentielle. Face à la crise, nous ne pouvons attendre de sauveur, nous ne pouvons nous en remettre à un homme providentiel. Mais il y a des expériences, des sagesses, des bonnes volontés qui ne perdent rien à être mises côte à côte plutôt que face à face. L’élection présidentielle, je veux que ce soit le moment où les citoyens se sentent enfin ensemble et non les uns contre les autres, car il n’y a pas de pire ennemie pour la France que la division permanente.

Souvenez-vous. Il y a à peine plus d’un an, nous nous réunissions à la Halle Freyssinet à Paris pour fonder République Solidaire afin de donner corps à la politique alternative que tant de Français appellent de leurs vœux. Beaucoup d’entre vous avaient déjà répondu présent lors de l’aventure du Club Villepin. J’en ai la conviction, à chaque mue de notre développement, nous élargissons encore davantage le cercle de notre engagement au service de la France et des Français. Nous pouvons d’ores et déjà nous retourner avec fierté sur ce que nous avons accompli, grâce notamment au travail de Brigitte Girardin, qui en a été la cheville ouvrière : un réseau social à la hauteur des plus grands partis, une structuration sur tout le territoire français avec un puissant réseau de 25 000 militants et sympathisants, une force de proposition qui permet de dessiner, au contraire des partis établis, une vision audacieuse de la France de demain. Mais, vous le savez, je ne suis pas homme à regarder en arrière. Je m’intéresse bien plus à ce que République Solidaire sera dans les mois et années à venir, toujours plus enracinée, toujours plus mobilisée, toujours plus ferme sur ses principes, et à ce que nous pouvons faire pour servir du mieux de nos forces notre vieux pays.

Nos destins sont liés, plus que jamais, dans cette nouvelle phase d’engagement qui nous mène aux échéances importantes de l’année 2012. J’aurai besoin, en avançant sur ce chemin, de toutes vos énergies et de tous vos enthousiasmes. Je sais que je peux compter sur vous. Je sais que la France peut compter sur vous.

Aujourd’hui la France, nous en sommes tous conscients, est confrontée à un défi sans précédent, à l’heure où les menaces s’accumulent en Europe et dans le monde. Si elle subit si durement les coups, c’est qu’elle semble avoir perdu la capacité à avancer dans le monde. C’est qu’elle a perdu le sens de la vraie politique, celle qui fixe un cap et qui réunit. Une chose est sûre, ce n’est pas avec nos vieux réflexes, avec nos conservatismes accumulés, avec la petite politique telle qu’elle s’est pratiquée depuis quatre décennies, que nous renouerons avec notre ambition nationale et que nous préserverons notre indépendance. La réponse, le peuple seul la détient. Il faut que 2012 soit le temps d’une prise de conscience individuelle, d’une renaissance des citoyens. Alors seulement le sursaut collectif sera possible. A nous dès lors de lutter pour ce retour à une citoyenneté exigeante et libre.

Très amicalement,
Dominique de Villepin