• 16 juillet 2011

Polémix, candidat en 2012

Polémix, candidat en 2012

150 150 Dominique de Villepin

C’est donc devenu une habitude. Ou une obsession. Depuis la blessure ouverte par l’identité nationale, dans la majorité, on ne peut s’en empêcher. Il faut coûte que coûte différencier les vrais Français des faux. Comme toujours, on mêle habilement les transgressions insupportables et les insinuations douteuses. Puisqu’il faut répéter contre les répétitions, répétons. Je ne fais aucune différence, pas plus que l’article premier de la constitution, entre les citoyens d’origine étrangère et les autres, je ne fais aucune différence entre les citoyens musulmans et les autres, je ne fais aucune différence entre les citoyens naturalisés et les citoyens de naissance. Je ne fais aucune différence entre deux citoyennes originaire de monarchies pétrolières d’ici ou de là-bas. Le Premier Ministre se doit de faire vivre au quotidien les principes républicains et de rappeler que tout ce qui dénie la plénitude de la citoyenneté est une atteinte insupportable à la dignité. La candidate investie des Verts peut bien proposer ce qu’elle veut. Elle a la légitimité démocratique de le faire sans devoir sans cesse montrer patte blanche et certificat de nationalité – par ailleurs excessivement difficiles à obtenir pour tous les citoyens nés à l’étranger, en raison de lubies administratives.

Qu’on me permette de dire qu’assez c’est assez. A gauche comme à droite, on ne se mobilise plus qu’autour de symboles, autour de paroles verbales, autour de polémiques souvent sciemment entretenues, surjouées, orchestrées pour flatter les passions. L’aurions-nous oublié, l’esprit de division existe donc aussi chez les Verts. Là aussi, il y a le besoin de se refaire une santé militante et médiatique par une fulmination estivale. Là aussi il y a les bons citoyens et les mauvais soldats belliqueux. Ce n’est pas ma vision du 14 juillet, faite de rassemblement autour de notre mémoire républicaine, d’ouverture sur le monde et d’hommage à tous les combattants de la liberté.

Mais voilà la triste révélation de cet épisode : nous ne nous sentons déjà plus grand-chose. Aurions-nous donc si bien entériné notre impuissance ? Pourrions-nous donc nous contenter de ne plus décider que de la couleur du papier peint de la salle commune de notre maison de retraite ? Les feuilletons judiciaires ne suffisent plus à nous tenir en haleine, alors nous avons besoin sans cesse de nouveaux rideaux de fumée. L’euro s’effondre. L’Etat se délite sous nos yeux. Les plus graves menaces financières pèsent sur le monde, de la bulle chinoise à la dette américaine. Des révoltes sont réprimées dans le sang sur l’autre rive de la Méditerranée, mais il n’y a rien de plus urgent que de polémiquer sur le défilé du 14 Juillet.

La candidate des Verts ne descend pas de son drakkar, mais nous, nous avons du mal à franchir la palissade de notre village gaulois. Pourtant le monde n’attendra pas le défilé de l’an prochain. Alésia, c’est quoi Alésia ?