Tag

politique

1024 529 Dominique de Villepin

Le projet de Nouvelle Route de la Soie nous offre un avenir commun

Invité par la chaîne chinoise CGTN aux côtés de politologues et spécialistes de la Chine, Dominique de Villepin a participé à un dialogue sur les avancées du projet de Nouvelle Route de la Soie porté par le gouvernement de Xi Jinping

1000 625 Dominique de Villepin

Contre l’esprit de querelle, faisons le choix de la volonté

– Dans une tribune parue dans Le Parisien, Dominique de Villepin s’exprime sur les élections présidentielles françaises –

 

Cette campagne présidentielle aura-t-elle été à la hauteur des enjeux pour le pays?

Evidemment non, cette campagne a été atterrante. Elle a ajouté de la confusion à la confusion, donnant l’image d’un pays en proie à toutes les peurs et toutes les colères et d’une société française sentant terriblement le renfermé. Le rituel démocratique est devenu un risque pour nous. L’heure est à la gravité. Nous avons besoin avant tout de raison, d’esprit de sérieux et de sens des responsabilités. Si nous n’avons pas un Etat solide, la France court toujours le risque de se défaire.

La montée des populismes est-elle inexorable ?

La colère est mondiale. Nous ne sommes pas une île. Nous assistons au reflux global du libéralisme, vingt cinq ans après la chute du Mur de Berlin. Les régimes autoritaires et les hommes forts ont partout le vent en poupe ; regardez la dérive de la Turquie. C’est le rejet de la greffe d’une mondialisation libérale, source d’homogénéisation culturelle et de désordres sociaux. Au Royaume Uni du Brexit, dans l’Amérique de Trump, en France, partout se manifestent les mêmes fractures territoriales, peuple des villes contre peuple des champs, classe centrale contre minorités et élites. Nous devons refuser ces logiques de guerre civile qui ne mènent qu’à l’impasse.

Emmanuel Macron affirme que vous partagez beaucoup de terrains d’entente, que vous vous parlez régulièrement: soutenez-vous le candidat d’En Marche? 

C’est vrai, nous avons une relation amicale et échangeons sur les grandes questions internationales. Il a une vraie qualité d’écoute, une détermination et un sens de l’Etat indispensable. Le choix électoral se ramène à une offre simple. D’un côté les radicaux qui jurent de renverser la table et la soupière avec elle. De l’autre les partis traditionnels, qui, quelles que soient les qualités des candidats ou des projets, restent prisonniers de leurs divisions et voient le pouvoir comme une rente à partager. Il y a   enfin une nouvelle voie, que veut ouvrir Emmanuel Macron, celle du rassemblement. Contre l’esprit de querelle, faisons le choix de la volonté.

Peut-il répondre à la colère et aux attentes des Français ?

Il y a en effet aujourd’hui un risque majeur de voir la France s’affaisser et pour le prochain président de n’être que le marchepied de la colère. Mais il reste une chance historique de refonder les institutions de la Ve République et de leur réinsuffler du sens. C’est une tâche titanesque. Les présidents successifs s’y sont épuisés, tant les exigences de la conquête du pouvoir sont souvent contraires aux nécessités de l’exercice du pouvoir. Ne nous y trompons pas. Une fois élu, son travail ne fera que commencer. Trois chantiers majeurs l’attendent.

Lesquels ?

Le rassemblement d’abord pour que son mouvement ne soit pas un nouveau parti, lié uniquement par une allégeance personnelle, mais un espace de renouveau et de débat.

La réconciliation ensuite, car il s’agit non de l’emporter contre la France de la peur et de la colère, mais de la ramener au bercail, de lui montrer qu’il y a un chemin commun. Pendant trop longtemps les laissés-pour-compte de la mondialisation et de l’Europe sont restés sur le bord du chemin. Leur donner une place, cela passe par un Etat fort et protecteur, garant de notre unité et porteur d’un esprit de fraternité et d’humanisme.

La réforme enfin, car le pays a besoin de se donner la preuve qu’il est capable de changer. Il ne s’agit pas de brusquer ou de triompher, mais de dégager une nouvelle méthode de consensus autour de larges majorités d’idées sur des sujets cruciaux pour notre vitalité économique – notamment la question du coût du travail et de la fiscalité. Il faut tirer les leçons de ce qui a marché et de ce qui a échoué dans les vingt dernières années. Cela a été mon combat entre 2005 et 2007, avec Thierry Breton et Jean Louis Borloo, lorsque j’étais Premier ministre, sur les deux chantiers prioritaires de la lutte contre les déficits et le chômage.

L’Europe, est redevenue un enjeu de la campagne. Mais plusieurs candidats  ont un projet de rupture avec l’Europe…

On ne décide pas de l’avenir d’un continent sur la base d’un mouvement d’humeur. Soixante ans après le traité de Rome, c’est une question existentielle qui est posée à l‘Union Européenne. Car l’Europe est malade, rongée à l’est par l’illibéralisme traditionaliste, au nord par les pulsions identitaires, au sud par les anti-systèmes. La France est aujourd’hui le principal champ de bataille européen : Frexit n’est pas Brexit. Il n’y a pas d’Europe sans la France. Quant aux plans B et aux rapports de force, on voit où ils ont mené la Grèce. Le nouveau président aura une occasion majeure de relancer le couple franco-allemand, après l’élection allemande de septembre, et, ainsi de relancer l’Europe autour de projets concrets, susceptibles d’être compris par les peuples, et une gouvernance de la zone euro plus efficace. Le sentiment anti-européen est un diable facile à sortir de sa boîte, mais difficile à y faire rentrer une fois élu.

Il aura également été assez peu question de politique internationale. La France joue-t-elle un rôle à sa hauteur sur la scène internationale? Comment le renforcer, ou le restaurer? Son engagement doit-il prendre d’autres formes – vous avez évoqué l’excès de « guerre »? 

A l’heure où nous parlons, la France est engagée sur plusieurs terrains d’opération, un porte avions américain croise vers la Corée du Nord, des troupes de l’OTAN sont renforcées en Europe orientale. Nous avons basculé dans un nouveau monde, multipolaire et menaçant, où apparaissent des lignes de failles entre toutes les puissances, tandis que nationalisme et protectionnisme s’aiguisent. Malheur à ceux qui n’ont ni vision, ni politique, car ils seront la variable d’ajustement. L’Europe est cernée de crises, en Ukraine, en Turquie, en Syrie et en Irak, en Afrique du Nord et nous n’avons pas d’autre stratégie que de parler plus fort que les Etats Unis tout en agissant moins.

Nous sommes à un tournant mondial, un des ces moments diplomatiques où la place des nations se redéfinit pour plusieurs décennies. La France peut contribuer à dessiner la nouvelle carte du monde, elle peut y avoir une place, mais à condition de se donner un cap diplomatique. Elle pèsera toujours plus par le dialogue que par les armes. Il faut pour cela mettre fin à la dérive interventionniste qui a trop longtemps servi de substitut à une diplomatie réfléchie, en limitant l’usage de la force à des cas ponctuels, en dernier recours et avec l’assentiment des Nations Unies. Soyons en pointe de la consolidation des Etats, face à l’épidémie d’Etats faillis, afin d’enrayer la violence et le terrorisme qui y prospèrent.

La vocation de la France ce n’est pas de propager l’esprit de guerre. Car je veux le répéter encore, la guerre ne nourrit que la guerre. La vocation de la France c’est l’indépendance et l’équilibre, c’est de parler à tout le monde dans un esprit de responsabilité. Deux exemples : en Europe Orientale, nous pouvons prendre l’initiative d’une conférence dessinant une nouvelle architecture de sécurité avec la Russie. Vers l’Afrique, c’est notre devoir et notre intérêt de tendre la main, au nom des liens entre les peuples. A l’image de ce que la Chine a engagé avec la nouvelle route de la soie, nous devons proposer un grand projet de partenariat à l’Afrique et au Maghreb, avec l’Union Européenne, à la fois économique, politique et culturel.

Le nom de De Gaulle est revenu sans cesse dans la campagne, dans la bouche de la plupart des candidats: qu’est ce que cela vous inspire ?

En tant que gaulliste, je ne peux que m’en réjouir, mais je ne suis pas dupe, la référence au général de Gaulle, c’est la pantoufle de verre que l’on cherche à faire enfiler à tous les candidats. Plus on en parle et s’en réclame, d’un bout à l’autre du spectre, de Jean Luc Mélenchon à Marine Le Pen – plus son absence se fait sentir. C’est au fond la statue du Commandeur d’institutions détournées de leur esprit – par les primaires, par le quinquennat, par les partis. Nous sommes à un moment de refondation comparable à 1958.

Quel avenir voyez-vous au parti Les Républicains? 

La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Face à la recomposition politique en cours, les tentations de durcissement, dans les discours ou dans les alliances, risquent d’entretenir une spirale de radicalisation et beaucoup de mes amis politiques, aujourd’hui déjà, peinent à se retrouver dans leur propre famille. Il y a un travail de clarification et de modernisation indispensable.

Si Emmanuel Macron est élu président de la République, pourriez-vous travailler avec lui? 

Je suis un homme libre et je le resterai.

 

20 avril 2017, Le Parisien

1024 511 Dominique de Villepin

La politique doit permettre de retrouver une energie et une esperance

Invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI, Dominique de Villepin est revenu sur l’actualité politique française et sur les défis qui attendent les futurs candidats à l’élection présidentielle. Il s’est également exprimé sur le referendum italien et la nécessité pour la France de retrouver une diplomatie ambitieuse

1024 768 Dominique de Villepin

La politique arabe de la France

Dominique de Villepin est intervenu, en mai 2016, à l’Institut du Monde Arabe sur le thème de la « Politique arabe de la France » aux côtés d’Hubert Védrine, Jean-Pierre Filiu et François l’Yvonnet.

1024 942 Dominique de Villepin

Entretien avec Régis Debray

Lors d’un entretien avec Régis Debray le 17 mai 2016, Dominique de Villepin a évoqué la place de notre époque dans l’histoire.

150 150 Dominique de Villepin

On n’est pas couché 13 novembre 2010