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1024 513 Dominique de Villepin

En Catalogne, on assiste à un dialogue de sourds

Invité d’Elisabeth Martichoux sur RTL, Dominique de Villepin a donné sa vision de la crise catalane, critiquant l’attentisme de l’Union Européenne sur le sujet. Il s’est également exprimé sur la crise nord-coréenne et sur la recomposition de la droite française.

1024 685 Dominique de Villepin

Discours prononcé à l’occasion du 77e anniversaire de la proclamation de Brazzaville comme capitale de la France Libre

– A l’occasion de la commémoration du 77ème anniversaire de la proclamation de Brazzaville comme capitale de la France libre, Dominique de Villepin a prononcé un discours à l’Institut Français du Congo (IFC) sur le thème « Le Général de Gaulle et Brazzaville », aux côtés du Premier ministre congolais M. Clément Mouamba, de l’Ambassadeur de France au Congo M. Bertrand Cochery, des deux co-présidents du Groupe de Liaison Afrique-Europe, anciens députés, M. Michel Terrot et M. François Loncle, ainsi que du 2ème adjoint au Maire de Brazzaville, M. Philibert Malonga

 

Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres,
Messieurs les Parlementaires,
Excellences,
Chers amis,

  • Vous connaissez mon attachement pour ce continent, et ma passion pour sa culture d’une remarquable vitalité. Vous connaissez aussi mon attachement pour votre ville. Une ville où continue de résonner avec force le souvenir de Savorgnan de Brazza ; une ville que Jacques Chirac chérit tout particulièrement pour cette force symbolique et toujours vivante, pour y avoir assisté en 2005 à un sommet des pays du bassin du Congo sur la gestion durable des forêts d’Afrique Centrale, enjeu qui lui tenait particulièrement à cœur.
  • Entre Charles de Gaulle et Brazzaville, c’est une longue histoire. Le Général y est venu en 1940, en 1941 par deux fois, en 1944, en 1953 et bien sûr en 1958. Le fait que nous soyons réunis aujourd’hui, quasiment 80 ans après sa première visite, atteste de l’importance de ce qui s’est passé ici en 1940, et durant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale. L’Afrique Centrale fut le berceau de la résistance et de la résurrection de la France et de son armée. Ici s’est joué le sort de la France durant cette sombre période de l’Histoire.
  • En venant célébrer la mémoire du général de Gaulle à Brazzaville, nous célébrons également les liens entre la France et l’Afrique, forts d’une longue histoire commune, et j’en suis convaincu, d’un avenir partagé. A l’heure où nos deux continents semblent s’accorder davantage sur ce qui les sépare que sur ce qui les lie, revenons à l’essentiel et faisons vivre ces liens dans le futur.

 

  1. Brazzaville est une terre où souffle l’esprit de résistance du gaullisme

 

1.1 Résister, c’est bien sûr s’engager pour une cause plus grande que soi

  • Il y a toujours eu chez le général de Gaulle cette volonté de se mettre au service de la France, pour en défendre une certaine idée.
    • Cette volonté était viscéralement attachée à l’idée d’une France libre, indépendante et souveraine, à ses valeurs humanistes et universalistes, qui imposaient de poursuivre la lutte contre le nazisme.
    • C’est la même volonté qui anime Félix Eboué lorsqu’il choisit de répondre favorablement à l’appel du 18 juin 1940, entraînant le ralliement du Tchad, du Cameroun, du Moyen-Congo et de l’Oubangui-Chari. On l’oublie souvent, mais ils forment alors les premiers territoires de la résistance française sur son propre sol, bien avant les maquis de métropole.
  • De Brazzaville, s’est ainsi engagée la lutte pour la défense de cette France « libre ».
    • De là fut lancée la reconquête des territoires contrôlés par Vichy puis la libération du sud de la France grâce au débarquement de Provence.
    • Rappelons ici qu’au moins 17 000 recrues s’engagèrent entre 1940 et 1944 en Afrique-Equatoriale française, venant s’ajouter aux 16 000 hommes déjà présents ; les Congolais, les Gabonais, les Tchadiens, les Camerounais et tant d’autres ont ainsi contribué à la renaissance et au renforcement de l’armée française libre.
    • Souvenons-nous également que c’est à Brazzaville que fut créé l’ordre de la Libération le 16 novembre 1940, afin d’honorer les forces combattantes et l’idéal de liberté pour lequel elles versèrent leur sang.


1.2 Résister, c’est aussi refuser le rétrécissement

  • La résistance, c’est le refus de l’effondrement collectif, répété à plusieurs reprises.
    • Il y a tout d’abord Londres et ce premier appel, un certain 18 juin 1940. Un cri du cœur que nous connaissons tous, et qui apprend aux Français alors déboussolés que « la France n’est pas seule ! Elle a un vaste un vaste Empire derrière elle ».
    • Mais il y a aussi Brazzaville, et ce manifeste du 27 octobre 1940, la voix du Général s’élevant contre les débuts de la collaboration, initiés par la rencontre entre le maréchal Pétain et Adolphe Hitler à Montoire. Refusant la compromission, il tire ainsi la sonnette d’alarme : « La France traverse la plus terrible crise de son Histoire. Ses frontières, son Empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction. »
      • Quelle singulière sonorité que cet appel à la France, à son indépendance et à sa grandeur lancée au monde à partir de ce lieu même, à partir de ce que certains croyaient être les marges de l’Empire, et qui se révélait être le cœur battant de la France libre.
      • Il fallait incarner et structurer cette résistance. Ce fut la naissance du Conseil de Défense de l’Empire, composé des premiers fidèles au Général, futurs Compagnons de la Libération et héros de la bataille de France : le général Catroux, l’amiral Muselier, le général Larminat, les gouverneurs Eboué et Sautot, le colonel Leclerc, le médecin-général Sicé, le professeur Cassin et Thierry d’Argenlieu.
  • Brazzaville devint ainsi la capitale de la France libre et la clé de voute de la résistance française.
    • Elle offrit une base arrière au général de Gaulle, qui disposa dès lors d’hommes et de ressources supplémentaires, ce qui posa les jalons d’une indépendance politique à l’égard de l’allié anglais.
    • Elle lui offrit une voix ; Radio Brazzaville, une voix diffusée dans le monde entier, et sans censure, ce qui permit au Général de s’exprimer librement depuis la capitale congolaise, et de diffuser son message de renoncement à la défaite.
    • Elle lui offrit une stature ; celle de chef d’Etat qui lui manquait pour renforcer sa crédibilité face aux Anglais.
  • Ce message garde aujourd’hui toute son acuité. Prenons garde, encore et toujours, à ne pas céder aux tentations de l’égoïsme et du rétrécissement :
    • Il s’agit de ne pas privilégier le repli identitaire sur l’ouverture, par peur de l’autre et par paralysie de nos systèmes politiques vieillissants, qui ne répondent plus aux aspirations des peuples.
    • Il s’agit de ne pas se laisser enfermer dans la spirale des revendications nationalistes et identitaires qui semblent s’étendre à travers le monde. C’est vrai en Catalogne, au Kurdistan, comme au Cameroun ou en Centrafrique. Les séparatismes y portent les tensions à leur paroxysme et menacent ces Etats d’implosion.


1.3 Résister, c’est toujours résister à l’esprit du temps et à ses peurs

  • Pour le général de Gaulle, résister c’était aussi penser à contre-courant et rassurer la France.
    • Il a fallu s’imposer comme seul recours face à l’esprit de défaite qui s’était alors emparé de l’état-major français résigné, et désireux de permettre à l’armée de sauver son honneur.
    • Il a fallu défier la puissance allemande un temps victorieuse, et au même moment, passer outre les réserves des Anglais pour imposer son autorité.
    • Il a fallu redonner son souffle à une France en proie à la peur et aux terreurs de l’occupation.
  • Aujourd’hui nous sommes de nouveau dans un de ces moments charnières où les dangers du monde se dressent face à nous tous. Un monde dans lequel l’incertitude semble devenue la seule règle du jeu et où la peur est un horizon quotidien.
    • L’incertitude est tout d’abord politique.
      • Nous faisons face à une période d’imprévisibilité extrême sur la scène internationale, incarnée par les revirements de l’administration Trump aux Etats-Unis, par le risque de conflit avec la Corée du Nord ou avec l’Iran.
      • Dans le même temps, nous assistons à la montée des populismes, à l’affaiblissement des démocraties occidentales et au recul des valeurs d’ouverture, de partage et de bien commun.
    • L’incertitude est aussi économique, alors que les crises répétées menacent la stabilité de l’économie mondiale, fauchant des milliers d’emplois et répandant la pauvreté.
    • L’incertitude est enfin climatique, comme l’ont prouvé s’il en était encore besoin les derniers épisodes cycloniques et sismiques dévastateurs. Sur ce sujet, la France, appuyée par les Etats d’Afrique, a pris des engagements forts, notamment au travers de la COP21.
  • Tout comme les premiers combattants de la France libre ont dû apprendre à vivre avec l’incertitude de voir la France survivre à la guerre, nous devons apprendre à vivre avec les incertitudes de notre temps et à ne pas céder aux peurs et aux passions collectives.

 

      2. Brazzaville c’est aussi une terre d’histoire et de mémoire douloureuse des rapports entre l’Europe et l’Afrique


2.1 Je ne l’oublie pas, nous sommes sur une terre capitale des mémoires de l’Afrique

  • La traite esclavagiste a laissé ici de profondes cicatrices. Loango et la région de Pointe Noire sont aujourd’hui le cœur de cette mémoire douloureuse.
    • De ce port au destin tragique, embarquèrent près de deux millions d’esclaves, en provenance de toute l’Afrique Centrale et à destination des Antilles et des Amériques, dans des conditions totalement inhumaines.
    • Loango se dresse donc comme le témoignage direct de cette sombre période et le précieux réceptacle de cette mémoire, à l’image d’autres grands lieux de mémoire, comme la porte du non-retour de Ouidah, la maison des esclaves de l’île de Gorée, ou les monuments aux esclaves de Stone Town et de Cape Town.
  • Ici s’est également écrite notre histoire commune, qui comprend aussi bien l’épopée de la résistance française, que la colonisation et sa mémoire malade, hantée par les crimes passés, les dénis et les non-dits. Cette mémoire, il s’agit d’en faire une force de remobilisation et non plus un obstacle au développement des liens entre nos deux continents.
    • Aujourd’hui encore, toute politique menée depuis l’Europe vers l’Afrique est lue à travers le prisme réducteur de l’époque coloniale, les soupçons de néocolonialisme demeurant récurrents. Prenons garde à ne pas tomber, par sentiment de culpabilité, dans une indifférence contre-productive à l’égard de l’Afrique.
    • Il nous faut parvenir à tourner la page de la colonisation et de la décolonisation si nous souhaitons envisager un futur commun. L’Histoire, le travail de mémoire et les liens vivants entre les peuples sont là pour nous aider à désensibiliser progressivement cette question et l’aborder avec moins de passion que de raison.

2.2 Nous sommes sur une terre qui fut le lieu de la rencontre de Charles de Gaulle avec l’Afrique

  • A Brazzaville, le Général a appris à connaître, à aimer et à respecter le continent.
    • Après un premier échec essuyé à Dakar, de Gaulle, l’homme des Flandres, a découvert le Congo et le continent africain en octobre 1940. Lui qui jusqu’ici ignorait presque tout de l’Afrique y trouve un accueil chaleureux, des rapports francs, directs, et une sincérité qui le séduisent immédiatement.
    • Le Général a su par la suite reconnaître la valeur de l’engagement africain à ses côtés, revenant ici à plusieurs reprises pour le célébrer.
  • Son amour et son respect pour l’Afrique se sont pleinement révélés lors de sa tournée de 1953, alors qu’il s’était mis à l’écart de la vie politique française.
    • Les notes préparatoires de ce voyage ont révélé à quel point le Général était soucieux de connaître les territoires dans lesquels il souhaitait se rendre.
    • Cette année-là, le général de Gaulle s’est rendu deux fois à Brazzaville, ville qu’il affectionnait particulièrement parce qu’il y avait reçu en 1940 un accueil qui l’avait profondément ému. Cette affection, Brazzaville le lui a toujours bien rendu, elle qui l’accueillit souvent dans la case de Gaulle bâtie en son honneur.
  • Preuve ultime de cet attachement, la dernière grande tournée africaine du Général en 1958 débuta par Brazzaville, qu’il choisit pour prononcer son discours, une véritable marque de déférence, alors qu’il lui avait été suggéré de plutôt préférer Dakar ou Conakry à la capitale congolaise.

 

2.3 Nous sommes enfin sur une terre qui est devenue le symbole d’une France plus généreuse et plus ouverte, d’une France prête à apprendre la générosité

  • Pour nous tous, Brazzaville est le lieu où s’est levée une France nouvelle. A travers les discours qu’y prononça le général de Gaulle, apparu ainsi une France davantage consciente de ses racines multiples.
    • En janvier 1944, il s’agissait d’ouvrir la France à l’Empire.
      • Comme le Général le dit alors lui-même : « où donc cette conférence devait-elle se réunir, sinon ici à Brazzaville qui fut pendant de cruelles années littéralement le refuge de notre honneur et notre indépendance et qui restera l’exemple du plus méritoire effort français ? »
      • C’est le moment de la reconnaissance de dette à l’égard des colonies qui ont versé leur sang.
      • C’est le temps de l’abolition du code de l’indigénat et de la politique d’assimilation, premiers jalons du long processus de décolonisation.
    • En août 1958 il s’agissait de choisir l’émancipation, même si cela signifiait la séparation.
      • La Communauté Française aura été une tentative de surmonter autrement la blessure coloniale, certes vouée à l’échec, mais audacieuse et généreuse.
      • Le gaullisme permit ainsi, sans violences, d’ouvrir une nouvelle page des relations entre l’Afrique et la France.
  • Cette histoire commune, c’est celle qui doit nous conduire aujourd’hui à réexaminer nos rapports et à renforcer les liens qui nous unissent.
    • Je demeure convaincu que l’Afrique et l’Europe ont vocation à unir leurs forces. C’est devenu une nécessité, au sein d’un monde fracturé, divisé, et où semblent se dessiner deux nouveaux blocs entre les Etats-Unis d’un côté et la Chine de l’autre. Car nos deux continents en seraient de fait les premières victimes, déchirés par les rivalités entre les puissances, comme ils en ont déjà fait l’expérience pendant la Guerre froide.
    • Remémorons-nous les mots de Léopold Sédar Senghor, l’homme qui croyait au destin commun des deux continents dans le respect mutuel et l’égalité, au sujet de la création de ce qui n’était alors que la CEE : « Vous le savez, l’objet de ce débat, ce n’est pas seulement l’Europe. C’est l’Europe dans le principe mais, en réalité, c’est l’Eurafrique. » Commémorer n’a en effet de sens que s’il s’agit d’envisager un destin mutuel, d’imaginer un avenir partagé.

      3. Brazzaville a vocation à devenir le terreau d’un avenir commun

3.1 Le défi aujourd’hui, c’est de créer les conditions d’une renaissance africaine, à la fois politique, économique et culturelle

  • Cette renaissance doit tout d’abord être politique : nous devons privilégier la stabilité politique et l’unité d’un continent dans lequel le développement de l’Etat-nation est inachevé.
    • Il nous faut parvenir à désamorcer les mécanismes des violences politiques qui déchirent l’ensemble de l’Afrique :
      • Des violences post-électorales comme on a pu le voir au Burundi, au Kenya ou ici-même.
      • Des violences intercommunautaires comme celles qui minent aujourd’hui encore la Centrafrique ou la RDC voisines.
      • Des violences terroristes qui ravagent des régions entières comme le Sahel, le lac Tchad ou encore la Corne de l’Afrique.
    • Faisons le choix de l’audace et de la lucidité. Soyons capables d’innover, afin d’apporter des réponses plausibles à ces phénomènes destructeurs.
      • Sur le plan institutionnel, ceci pourrait se traduire par la création d’un Sénat de l’Union africaine, composé de dirigeants sortants, afin de favoriser des transitions politiques moins douloureuses et moins contestées, en offrant une porte de sortie et une transformation apaisée des sociétés.
      • Sur le plan sécuritaire, il faut pouvoir renforcer l’efficacité des structures régionales, qui seront à terme les seules à pouvoir lutter contre les enjeux transnationaux que sont le terrorisme, les trafics illicites et le contrôle des frontières. Si des initiatives comme le G5 Sahel sont salutaires, il manque à l’Afrique une véritable architecture de sécurité interétatique.
    • Il nous faut également soutenir et promouvoir les efforts de médiation, partout où cela est possible. Je sais l’engagement sans faille du Président Sassou Nguesso pour œuvrer aux médiations et aux dialogues à travers toute l’Afrique, usant de son expérience de doyen du continent pour plaider pour le règlement pacifique des conflits, aussi bien en RDC, au Sahel, qu’en Centrafrique et en Libye.
  • Cette renaissance africaine doit également être d’ordre économique.
    • Tous les ingrédients sont là pour l’accélération de la croissance et des investissements étrangers sur le continent, nécessaires à son envol économique. Encourageons la diversification des économies en ciblant des secteurs clés que sont l’agroalimentaire, la santé, les assurances et les services bancaires.
    • Il faudra également être en mesure de s’appuyer sur les métropoles vivantes que sont Dakar, Luanda ou encore Nairobi, qui constitueront les locomotives de cette croissance africaine.
    • A l’heure des complémentarités et des interdépendances, l’Europe représente pour l’Afrique un débouché potentiel pour ses start-ups dynamiques, et un partenaire idéal en matière de transferts de technologies. A l’inverse, l’Europe pourrait tirer parti du dynamisme de la croissance africaine, porteuse pour ses entreprises de télécommunications, de finance et de grande consommation.
  • Cette renaissance comporte enfin une dimension culturelle. Il nous faut à ce titre saluer et encourager la vitalité culturelle du continent.
    • L’Afrique regorge de talents, aussi bien en littérature, en art, en musique, qu’en cinéma ou en spectacle vivant. Certains de ces talents sont aujourd’hui célèbres dans le monde entier :
      • Je pense à des figures littéraires ou intellectuelles comme Chinua Achebe, Kamel Daoud, Achille Mbembe, Chimamanda Ngozi Adichie ou Alain Mabanckou.
      • Je pense à des artistes comme Barthélémy Toguo, Wanguechi Mutu, ainsi qu’à l’enfant du pays Gastineau Massamba.
      • Je pense à des cinéastes comme Abderrahmane Sissako, Souleymane Cissé et bien d’autres encore.
  • Cette renaissance reposera sur les épaules des femmes et de la jeunesse africaine.
    • Les femmes feront l’avenir de l’Afrique, par leur volonté et leur capacité à dépasser les obstacles qui se dressent sur leur chemin pour porter des projets, les financer et les structurer.
      • Parce ce qu’elles sont aussi les premières à s’impliquer dans les processus de dialogue intercommunautaire, si essentiels à la paix et la réconciliation.
      • Parce qu’elles ont su accéder à de hautes fonctions politiques, que ce soit au Libéria, Rwanda, Nigeria, Sénégal, Angola, Afrique du Sud, et même à l’Union Africaine.
    • La vitalité de l’Afrique, c’est celle de sa jeunesse.
      • Cette jeunesse qui s’investit de plus en plus dans la vie culturelle et politique des Etats africains, et qui porte en elle une double exigence de renouveau, artistique et démocratique.
      • Cette jeunesse, c’est elle qui aura la charge de perpétuer les liens qui nous unissent. Il nous faut dès lors encourager par tous les moyens le dialogue des cultures et des peuples. Il est plus que temps de développer les partenariats universitaires et de faciliter les échanges scolaires entre l’Afrique et l’Europe, et au sein de l’Afrique elle-même.

3.2 Il nous faut procéder à une refondation de la relation entre l’Afrique et l’Europe

  • Ces liens d’amitié et de réciprocité, ne peuvent perdurer que si nous les entretenons, en nous mettant au service de projets collectifs, capables d’incarner ce désir d’avenir en commun. C’est un défi que nous nous devons de le relever, non seulement au nom de notre histoire commune, mais également au nom des générations futures. De nombreuses initiatives existent déjà et attestent de l’existence d’un nouveau souffle en France pour l’approfondissement des liens avec l’Afrique.
    • Ce souffle est tout d’abord porté par la diaspora africaine en France, qui joue un triple rôle de développement, d’initiative et de passeur culturel essentiel. Il lui incombe la tâche de stimuler la croissance, les idées et l’évolution des sociétés africaines.
    • J’aimerais également saluer ici l’engagement du président français Emmanuel Macron, qui a appelé à transformer « les routes de la nécessité en routes de la liberté et de la responsabilité ». Il souhaite aujourd’hui développer une vision politique commune, devant unir l’Europe, le Maghreb et l’Afrique afin de proposer des solutions politiques, humaines et économiques aux défis partagés auxquels nous devons faire face : migrations, terrorisme, faibles perspectives de croissance…
    • Saluons aussi le projet mené par Jean-Louis Borloo et sa fondation Energies pour l’Afrique ou aux travaux d’AfricaFrance, notamment ici à Brazzaville.
  • Alors que nous avons pour habitude de considérer l’Afrique comme le continent des problèmes, j’ai en réalité la conviction que l’Afrique est le continent des solutions, et qu’il nous faut pour cela travailler à la création d’un grand partenariat politique, économique et culturel entre l’Europe et l’Afrique.
    • Un tel partenariat serait l’occasion de surmonter ce passé colonial douloureux et d’unir nos forces face à des enjeux communs : les crises sécuritaires, la crise des réfugiés, la croissance et les enjeux environnementaux. Cela pourrait également être un moyen d’impliquer et de tirer parti de l’expérience d’anciens dirigeants africains de premier plan dans un projet constructif pour les générations futures.
    • Cela impliquerait un financement et un développement communs des infrastructures qui font défaut sur le continent africain, et un soutien accru à la diversification des économies locales. Pour cela, la constitution d’un fonds Europe-Maghreb-Afrique spécifique, doté à hauteur de 40 milliards d’euros, semble indispensable.
      • Il faudra à cet effet mobiliser les ressources du fonds Juncker et de la BERD, tout comme celles de la BAD.
      • Il faudra également pouvoir compter sur l’épargne privée et les grands investisseurs.
  • Un tel projet devrait rassembler les énergies de tous horizons.
    • Il faut pouvoir prendre appui sur les Etats, mais également les ONG, les entreprises et les institutions régionales. Ce partenariat doit être un partenariat de peuple à peuple, entre sociétés civiles, et non d’Etat à Etat.
    • Aux delà des relations bilatérales, sachons ajouter une strate qui s’avèrera décisive dans les prochaines décennies. Il s’agit d’obtenir l’implication des organisations régionales sur ce sujet et de faciliter le dialogue entre elles, notamment entre l’UE et l’UA.
    • Ceci suppose également de développer les liens interrégionaux, mais aussi les réseaux de villes partenaires, les échanges culturels et universitaires, afin de renforcer la coopération et le dialogue entre les cultures.

3.3 Cet avenir commun ne pourra se construire que sur la défense de principes partagés, au service d’un ordre mondial fondé sur la paix et la coopération

  • Le premier principe, c’est le multilatéralisme. Le gaullisme a toujours œuvré pour promouvoir l’avènement d’un monde multipolaire, en refusant l’hégémonie américaine et en reconnaissant la Chine et la Russie comme des partenaires essentiels.
    • Nous sommes aujourd’hui témoins d’un monde qui se restructure autour de pôles régionaux, dans lequel la puissance bascule de l’Ouest vers l’Est. La Russie et la Chine prennent chaque jour davantage leurs responsabilités, ce qui est un signe positif de rééquilibrage de la puissance à l’échelle internationale.
    • Le Congo en a bien conscience, lui qui a su tisser des relations étroites avec la Chine, à la fois politiques et économiques. Pour qu’elles soient durables, celles-ci devront continuer de s’inscrire dans un rapport d’égal à égal.
    • Dans ce monde, les crises sont devenues globales et débordent largement de leur foyer d’apparition. Dès lors, le multilatéralisme est ainsi devenu un outil central, ce qui a été rappelé par le Président Macron lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies. La gestion des crises nécessite l’implication de tous, car nous sommes tous concernés par des enjeux tels que le terrorisme, la gestion des flux migratoires, ou celle des risques climatiques.
    • L’Europe et l’Afrique doivent impérativement se porter garantes du multilatéralisme, menacé par la remise en cause des grands accords internationaux conclus au cours des dernières années. Il apparaît plus que jamais nécessaire de préserver l’accord sur le climat issu de la COP21, et d’œuvrer pour une refonte des accords ACP dans une perspective plus juste et plus équilibrée. Une position commune de nos deux continents sur ces sujets s’impose car elle est dans notre intérêt collectif.
  • Le second principe, c’est le respect de l’indépendance et de la souveraineté des Etats.
    • Le respect de la souveraineté nationale est devenu un enjeu de premier plan, alors que la multiplication des interventions militaires à travers le monde conduit trop souvent à faire fi de ce principe au nom d’un droit d’ingérence international ou d’une responsabilité de protéger discutables.
    • Pensées comme fins et non comme moyens, ces interventions ont contribué à déstabiliser les régions dans lesquelles elles se sont déroulées, car elles n’ont jamais su proposer de solution politique aux crises qu’elles étaient censées résoudre. A mon sens, la France n’a eu que trop recours à cet expédient ces dernières années, elle qui est intervenue en Libye, au Mali et en Centrafrique, sans être en mesure d’engager de processus politique encore suffisamment crédible.
    • Aujourd’hui, il nous faut réinsuffler politique et esprit de dialogue sur la scène internationale. Nous devons pouvoir nous appuyer pour cela sur les organisations internationales, dont le rôle primordial doit être soutenu par chacun d’entre nous.
      • Ceci concerne l’ONU au premier chef, à qui revient la charge de préserver la paix à travers le monde, en dépit des grandes difficultés auxquelles elle doit faire face partout où elle est impliquée, que ce soit en Syrie, en Libye ou en Centrafrique.
      • Ceci concerne également les intégrations régionales, qui sont de plus en plus désireuses d’assumer leurs responsabilités et susceptibles de prendre le relais des Nations Unies. On a pu le voir en Gambie en janvier dernier, lorsque la CEDEAO a accompagné le processus électoral et forcé Yahya Jammeh à quitter le pouvoir après son refus d’accepter les résultats de l’élection.
  • Le dernier principe, ce doit être une défense des biens communs de l’humanité, au premier rang desquels notre environnement, à plus forte raison ici, au cœur de ce poumon vert de la planète qu’est l’Afrique centrale.
    • A l’image d’initiatives menées par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et son Partenariat pour la gouvernance environnementale en Afrique de l’Ouest, il est essentiel de parvenir à concilier gestion durable des ressources environnementales et développement au service des populations. Je veux saluer les efforts de la République du Congo sur ce point, laquelle a donné la preuve de son engagement :
      • Elle l’a prouvé en portant l’initiative « Fonds bleu pour le bassin du Congo ».
      • Elle l’a également prouvé à travers la création de la Fondation Brazzaville pour la paix et l’environnement.
      • Elle l’a prouvé en engageant des actions qui ont conduit le pays à présenter le plus faible taux de déforestation du monde, à hauteur de 0,2%.
    • Mener de front la préservation de l’environnement et le développement humain nécessite la mise en place de financements innovants et durables, telles les obligations vertes, afin de faciliter et accroître les investissements dans le secteur.

 

Mesdames et messieurs, chers amis,

  • Le gaullisme nous a légué une triple exigence :
    • Une exigence d’Etat, indispensable à l’heure où les Etats faillis prolifèrent et menacent d’effondrement des régions entières. Un Etat caution de l’unité nationale, au service du peuple et soucieux d’inscrire son action dans le temps long.
    • Une exigence d’indépendance, dans un souci d’équilibre et d’équité à l’échelle du monde, que nous partageons en commun.
    • Une exigence culturelle, car le dialogue entre les peuples et entre les cultures est le garant d’une humanité partagée.
  • Assurer la continuité des liens qui nous unissent, cela passe bien entendu par un travail de mémoire, assuré par des commémorations historiques à l’image de celle à laquelle nous assistons aujourd’hui. Mais cela nécessite également de les revivifier, en posant les bases d’un avenir commun, dans le respect et la reconnaissance mutuels.
  • En son temps, le général de Gaulle a su proposer aux peuples africains une relation nouvelle avec la France, à travers l’Union puis la Communauté française. Soyons capables de retrouver la même exigence et de porter aujourd’hui un projet susceptible de redéfinir les liens non plus seulement entre la France et l’Afrique, mais entre l’Afrique et l’Europe.
  • Car il est temps d’entrer dans le siècle africain, ce siècle où ce sera à l’Afrique d’étonner le monde. Un monde dans lequel, je le crois, l’Europe et la France auront un rôle différent, soucieux d’une exigence d’initiative, d’équilibre et de partenariat entre nos deux continents.

Je vous remercie.


Brazzaville, Institut Français du Congo
, 26 octobre 2017

1024 523 Dominique de Villepin

Today, what China brings to the world is its unity

Dans une interview en anglais pour la chaîne chinoise CGTN, Dominique de Villepin s’est exprimé sur les principaux enjeux du 19è Congrès du Parti Communiste Chinois pour l’avenir de la Chine.

1024 524 Dominique de Villepin

Il y a un savoir-faire suisse

Interviewé par la chaîne suisse RTS, Dominique de Villepin est revenu sur la politique menée par le président Emmanuel Macron, avant de se livrer à une analyse comparée entre la France et la Suisse, dont il a loué les institutions et les capacités de médiation.

1024 529 Dominique de Villepin

Le projet de Nouvelle Route de la Soie nous offre un avenir commun

Invité par la chaîne chinoise CGTN aux côtés de politologues et spécialistes de la Chine, Dominique de Villepin a participé à un dialogue sur les avancées du projet de Nouvelle Route de la Soie porté par le gouvernement de Xi Jinping

1000 625 Dominique de Villepin

Contre l’esprit de querelle, faisons le choix de la volonté

– Dans une tribune parue dans Le Parisien, Dominique de Villepin s’exprime sur les élections présidentielles françaises –

 

Cette campagne présidentielle aura-t-elle été à la hauteur des enjeux pour le pays?

Evidemment non, cette campagne a été atterrante. Elle a ajouté de la confusion à la confusion, donnant l’image d’un pays en proie à toutes les peurs et toutes les colères et d’une société française sentant terriblement le renfermé. Le rituel démocratique est devenu un risque pour nous. L’heure est à la gravité. Nous avons besoin avant tout de raison, d’esprit de sérieux et de sens des responsabilités. Si nous n’avons pas un Etat solide, la France court toujours le risque de se défaire.

La montée des populismes est-elle inexorable ?

La colère est mondiale. Nous ne sommes pas une île. Nous assistons au reflux global du libéralisme, vingt cinq ans après la chute du Mur de Berlin. Les régimes autoritaires et les hommes forts ont partout le vent en poupe ; regardez la dérive de la Turquie. C’est le rejet de la greffe d’une mondialisation libérale, source d’homogénéisation culturelle et de désordres sociaux. Au Royaume Uni du Brexit, dans l’Amérique de Trump, en France, partout se manifestent les mêmes fractures territoriales, peuple des villes contre peuple des champs, classe centrale contre minorités et élites. Nous devons refuser ces logiques de guerre civile qui ne mènent qu’à l’impasse.

Emmanuel Macron affirme que vous partagez beaucoup de terrains d’entente, que vous vous parlez régulièrement: soutenez-vous le candidat d’En Marche? 

C’est vrai, nous avons une relation amicale et échangeons sur les grandes questions internationales. Il a une vraie qualité d’écoute, une détermination et un sens de l’Etat indispensable. Le choix électoral se ramène à une offre simple. D’un côté les radicaux qui jurent de renverser la table et la soupière avec elle. De l’autre les partis traditionnels, qui, quelles que soient les qualités des candidats ou des projets, restent prisonniers de leurs divisions et voient le pouvoir comme une rente à partager. Il y a   enfin une nouvelle voie, que veut ouvrir Emmanuel Macron, celle du rassemblement. Contre l’esprit de querelle, faisons le choix de la volonté.

Peut-il répondre à la colère et aux attentes des Français ?

Il y a en effet aujourd’hui un risque majeur de voir la France s’affaisser et pour le prochain président de n’être que le marchepied de la colère. Mais il reste une chance historique de refonder les institutions de la Ve République et de leur réinsuffler du sens. C’est une tâche titanesque. Les présidents successifs s’y sont épuisés, tant les exigences de la conquête du pouvoir sont souvent contraires aux nécessités de l’exercice du pouvoir. Ne nous y trompons pas. Une fois élu, son travail ne fera que commencer. Trois chantiers majeurs l’attendent.

Lesquels ?

Le rassemblement d’abord pour que son mouvement ne soit pas un nouveau parti, lié uniquement par une allégeance personnelle, mais un espace de renouveau et de débat.

La réconciliation ensuite, car il s’agit non de l’emporter contre la France de la peur et de la colère, mais de la ramener au bercail, de lui montrer qu’il y a un chemin commun. Pendant trop longtemps les laissés-pour-compte de la mondialisation et de l’Europe sont restés sur le bord du chemin. Leur donner une place, cela passe par un Etat fort et protecteur, garant de notre unité et porteur d’un esprit de fraternité et d’humanisme.

La réforme enfin, car le pays a besoin de se donner la preuve qu’il est capable de changer. Il ne s’agit pas de brusquer ou de triompher, mais de dégager une nouvelle méthode de consensus autour de larges majorités d’idées sur des sujets cruciaux pour notre vitalité économique – notamment la question du coût du travail et de la fiscalité. Il faut tirer les leçons de ce qui a marché et de ce qui a échoué dans les vingt dernières années. Cela a été mon combat entre 2005 et 2007, avec Thierry Breton et Jean Louis Borloo, lorsque j’étais Premier ministre, sur les deux chantiers prioritaires de la lutte contre les déficits et le chômage.

L’Europe, est redevenue un enjeu de la campagne. Mais plusieurs candidats  ont un projet de rupture avec l’Europe…

On ne décide pas de l’avenir d’un continent sur la base d’un mouvement d’humeur. Soixante ans après le traité de Rome, c’est une question existentielle qui est posée à l‘Union Européenne. Car l’Europe est malade, rongée à l’est par l’illibéralisme traditionaliste, au nord par les pulsions identitaires, au sud par les anti-systèmes. La France est aujourd’hui le principal champ de bataille européen : Frexit n’est pas Brexit. Il n’y a pas d’Europe sans la France. Quant aux plans B et aux rapports de force, on voit où ils ont mené la Grèce. Le nouveau président aura une occasion majeure de relancer le couple franco-allemand, après l’élection allemande de septembre, et, ainsi de relancer l’Europe autour de projets concrets, susceptibles d’être compris par les peuples, et une gouvernance de la zone euro plus efficace. Le sentiment anti-européen est un diable facile à sortir de sa boîte, mais difficile à y faire rentrer une fois élu.

Il aura également été assez peu question de politique internationale. La France joue-t-elle un rôle à sa hauteur sur la scène internationale? Comment le renforcer, ou le restaurer? Son engagement doit-il prendre d’autres formes – vous avez évoqué l’excès de « guerre »? 

A l’heure où nous parlons, la France est engagée sur plusieurs terrains d’opération, un porte avions américain croise vers la Corée du Nord, des troupes de l’OTAN sont renforcées en Europe orientale. Nous avons basculé dans un nouveau monde, multipolaire et menaçant, où apparaissent des lignes de failles entre toutes les puissances, tandis que nationalisme et protectionnisme s’aiguisent. Malheur à ceux qui n’ont ni vision, ni politique, car ils seront la variable d’ajustement. L’Europe est cernée de crises, en Ukraine, en Turquie, en Syrie et en Irak, en Afrique du Nord et nous n’avons pas d’autre stratégie que de parler plus fort que les Etats Unis tout en agissant moins.

Nous sommes à un tournant mondial, un des ces moments diplomatiques où la place des nations se redéfinit pour plusieurs décennies. La France peut contribuer à dessiner la nouvelle carte du monde, elle peut y avoir une place, mais à condition de se donner un cap diplomatique. Elle pèsera toujours plus par le dialogue que par les armes. Il faut pour cela mettre fin à la dérive interventionniste qui a trop longtemps servi de substitut à une diplomatie réfléchie, en limitant l’usage de la force à des cas ponctuels, en dernier recours et avec l’assentiment des Nations Unies. Soyons en pointe de la consolidation des Etats, face à l’épidémie d’Etats faillis, afin d’enrayer la violence et le terrorisme qui y prospèrent.

La vocation de la France ce n’est pas de propager l’esprit de guerre. Car je veux le répéter encore, la guerre ne nourrit que la guerre. La vocation de la France c’est l’indépendance et l’équilibre, c’est de parler à tout le monde dans un esprit de responsabilité. Deux exemples : en Europe Orientale, nous pouvons prendre l’initiative d’une conférence dessinant une nouvelle architecture de sécurité avec la Russie. Vers l’Afrique, c’est notre devoir et notre intérêt de tendre la main, au nom des liens entre les peuples. A l’image de ce que la Chine a engagé avec la nouvelle route de la soie, nous devons proposer un grand projet de partenariat à l’Afrique et au Maghreb, avec l’Union Européenne, à la fois économique, politique et culturel.

Le nom de De Gaulle est revenu sans cesse dans la campagne, dans la bouche de la plupart des candidats: qu’est ce que cela vous inspire ?

En tant que gaulliste, je ne peux que m’en réjouir, mais je ne suis pas dupe, la référence au général de Gaulle, c’est la pantoufle de verre que l’on cherche à faire enfiler à tous les candidats. Plus on en parle et s’en réclame, d’un bout à l’autre du spectre, de Jean Luc Mélenchon à Marine Le Pen – plus son absence se fait sentir. C’est au fond la statue du Commandeur d’institutions détournées de leur esprit – par les primaires, par le quinquennat, par les partis. Nous sommes à un moment de refondation comparable à 1958.

Quel avenir voyez-vous au parti Les Républicains? 

La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Face à la recomposition politique en cours, les tentations de durcissement, dans les discours ou dans les alliances, risquent d’entretenir une spirale de radicalisation et beaucoup de mes amis politiques, aujourd’hui déjà, peinent à se retrouver dans leur propre famille. Il y a un travail de clarification et de modernisation indispensable.

Si Emmanuel Macron est élu président de la République, pourriez-vous travailler avec lui? 

Je suis un homme libre et je le resterai.

 

20 avril 2017, Le Parisien

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