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1024 573 Dominique de Villepin

Xi Jinping et la Nouvelle Route de la Soie, un discours très ambitieux

Interviewé par Radio Chine Internationale en marge du forum sur la Nouvelle Route de la Soie qui s’est récemment tenu à Pékin, Dominique de Villepin a souligné le caractère ambitieux et prometteur du projet chinois dit « Une ceinture, une route » ou Nouvelle Route de la Soie. Il a insisté sur les aspects centraux de cette initiative inscrite dans un cadre multilatéral, qui oeuvre pour un développement mondial plus équilibré et plus durable.

1024 681 Dominique de Villepin

La Nouvelle Route de la Soie, un espoir pour chacun

– Lors d’une interview pour le Quotidien du Peuple donnée en marge du forum «une Ceinture, une Route» pour la coopération internationale inauguré le dimanche 14 mai à Pékin,  Dominique de Villepin, est revenu sur les opportunités que représentent l’initiative chinoise sur le plan économique, commercial, culturel et humain –

Monsieur de Villepin, vous venez d’assister à la cérémonie d’ouverture du forum. Pouvez-vous partager avec nous votre sentiment sur le discours de Xi Jinping ?

Bonjour à tous, merci de m’accueillir, je suis très heureux d’être avec vous. Tout d’abord ce qui m’a frappé dans le discours du Président Xi Jinping est le souci d’intégrer le projet des Routes de la Soie «One Belt, One Road» dans une perspective historique. Il y a de longues traditions de Route de la Soie. Et ce que la Chine veut faire aujourd’hui est évidemment la suite de ce qui a été entrepris pendant des millénaires, l’expérience de la Chine dans son rapport avec le reste du monde.

Ce qui est frappant également, c’est l’ambition du projet, qui se veut être une initiative de paix, de développement et d’une prospérité partagée ; et en même temps un projet innovant, ouvert sur la mondialisation. Cela fait partie de ses initiatives qui tranchent avec ce que l’on voit aujourd’hui : beaucoup de tentatives populistes de fermeture des frontières. Il y a là au contraire un pari sur l’avenir, un pari volontaire à égalité entre les Etats, d’ores et déjà une centaine d’Etats sont parties prenantes de cette grande affaire. Et l’on voit dans la participation du forum à quel point il s’agit là d’un succès. Donc, il faut confirmer cet élan, confirmer la multiplicité des institutions qui sont aujourd’hui en train de s’organiser sur ce projet des Routes de la Soie. Et je suis convaincu en tant qu’Européen qu’il y a là véritablement matière à avoir confiance dans l’avenir.

Vous interviendrez également dans une discussion évoquant les échanges des peuples. Quels sont les points que vous allez aborder ? Pensez-vous que les échanges humains et culturels entre la France et la Chine seront renforcés dans le cadre de l’initiative « une Ceinture, une Route » ?

C’est une dimension très importante du projet, parce qu’il ne s’agit pas seulement de développer les activités des entreprises, les liens entre les Etats, mais il s’agit aussi de développer les liens entre les peuples, entre les villes, entre chaque individu le long de cette route, et de donner un espoir à chacun. Et le pari qui est fait, le développement des infrastructures est aussi un pari qui a une forte incidence sur la culture et les échanges culturels entre les différents Etats. Dans le cas de la France et de la Chine, nous sommes des vieilles civilisations, nous avons un vieux partenariat très ancien et très solide qui ne cesse de se développer. On le voit dans le nombre de touristes chinois qui viennent en France, dans le nombre de jeunes Français qui viennent étudier en Chine et qui veulent mieux connaître la Chine. On le voit dans la vitalité de notre coopération économique. Donc, il s’agit d’approfondir cet élan. Et je suis convaincu que l’action en commun autour des projets de la nouvelle Route de la Soie continuera à développer et à renforcer ces liens.

Selon vous, le nouveau président français Emmanuel Macron jugé pro-commerce, laissera-t-il pendant son mandat des influences positives concernant les coopérations économiques et commerciales entre les deux pays ?

Emmanuel Macron est un jeune président, intronisé ce dimanche à Paris. Mais c’est un président qui a déjà eu l’occasion d’avoir un échange ces jours derniers avec le Président Xi Jinping, et de réaffirmer à nos amis chinois à quel point nous souhaitons maintenir et développer le partenariat privilégié que la France a avec la Chine. Tout au long de la campagne électorale, Emmanuel Macron est l’un des candidats qui a le plus développé cette volonté de renforcer les liens et d’être présent pour les grands projets de cette nouvelle Route de la Soie. Bien sûr avec d’autres partenaires européens, mais aussi avec les entreprises françaises, les villes françaises et les institutions françaises, qui sont toutes convaincues de l’importance de l’enjeu que constitue aujourd’hui le développement de la nouvelle Route de la Soie.

Suite au retrait des Etats-Unis du partenariat trans-pacifique (TPP), le Premier ministre japonais Shinzo Abe tente de restructurer le TPP. Certains jugent que ce geste constitue une concurrence de l’initiative «une Ceinture, une Route» proposée par la Chine. Quel est votre avis ?

Je ne crois pas qu’il y ait de concurrence entre ces projets. La défection des Etats-Unis contraint le partenariat trans-pacifique à évoluer et à s’adapter. Je pense que l’ensemble des coopérations entre les pays de la région sont positives. Il faut les développer de façon inclusive et non pas en opposition avec tel ou tel pays. C’est une opportunité pour la Chine de se joindre aussi à ce projet de coopération. Je suis persuadé que tout ce qui peut rapprocher les Etats, les populations et les peuples de cette région sont des éléments positifs, pour créer un contexte général de dialogue et de prospérité.

La Chine préconise de manière très active la mondialisation économique et la communauté de destin, et cela face à la montée des pensées anti-mondialisation. Sur le plan économique, pensez-vous que l’initiative proposée par le président chinois Xi Jinping va promouvoir la mondialisation ?

Le Président Xi Jinping avait souligné à Davos l’importance d’avoir une mondialisation ouverte, favorable au développement, aux échanges, et aux coopérations entre les Etats et les peuples. C’est une prise de position qui a marqué le monde, car c’était un véritable acte et pari de confiance dans l’avenir, et ce à un moment où l’on constatait aux Etats-Unis, en Europe, et dans un certain nombre de pays la tentation du repli sur soi, du protectionnisme et du populisme se développer.

Je crois qu’il est absolument nécessaire à travers l’aventure de la nouvelle Route de la Soie de montrer qu’il faut opter pour le pari du développement partagé, et d’un développement équilibré et durable. C’est avec des projets et actions concrètes que nous parviendrons à garder confiance dans la mondialisation.

Quels sont vos centres d’intérêts concernant l’initiative chinoise ?

J’ai en ce qui me concerne deux centres d’intérêts principaux. Le premier est bien sûr le développement des infrastructures, parce qu’il y a du côté français un savoir-faire, une expérience, des technologies, des entreprises qui ont énormément avancé et travaillé dans ce domaine, en particulier dans tout ce qui touche aux transports, au développement urbain, à l’environnement, aux secteurs de l’eau et de l’électricité.

Parallèlement, il y a l’ensemble du développement culturel. Je crois qu’il nous faut penser différemment le rôle et l’importance des échanges culturels, des développements humains. J’attache aussi beaucoup d’importance à tout ce qui touche aux échanges dans le domaine stratégique. Nous devons développer des centres de réflexion, nous permettant de mieux penser l’avenir. Je me réjouis de voir en Chine à travers différentes initiatives, à travers des prises de position d’universités, se développer un réseau de think-tanks en liaison avec l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, [ces régions-là] peuvent constituer un maillage très positif pour rechercher de nouvelles options, solutions et stratégies.

15 mai 2017, Quotidien du Peuple

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L’avenir de la paix

Invité par l’Institut Diderot à livrer ses réflexions sur la politique étrangère de la France, Dominique de Villepin a donné une conférence sur le thème de « l’avenir de la paix ». Il y développe une analyse des principales crises de notre temps, et des propositions pour parvenir à instaurer davantage de dialogue et de stabilité dans ces régions.

900 762 Dominique de Villepin

Pourquoi la diplomatie semble-t-elle aujourd’hui si impuissante?

Invité de Chantal Lorho pour l’émission « Géopolitique, le débat », Dominique de Villepin s’est exprimé sur les divers conflits en cours, et sur la place de la diplomatie face à la politique du fait accompli, notamment menée par les régimes autoritaires. Il a appelé à davantage faire preuve d’initiative afin que la diplomatie et la politique puissent offrir des perspectives d’avenir aux peuples qui se détournent de la démocratie

1024 693 Dominique de Villepin

Guerre et paix dans le monde

Dans un entretien avec Régis Debray pour l’émission « Les discussions du soir » sur France Culture, Dominique de Villepin a présenté les thèses qu’il défend dans son dernier ouvrage, Mémoire de paix pour temps de guerre

1024 360 Dominique de Villepin

Penser la paix

Dans le cadre d’une soirée de débats au Quai d’Orsay, sur le thème de l’exposition « L’Art de la Paix », Dominique de Villepin et Hubert Védrine se sont exprimés sur leur façon respective de « Penser la paix »

1024 488 Dominique de Villepin

La première protection d’un pays, c’est sa diplomatie

Invité d’Eric Zemmour et Eric Naulleau sur Paris Première, Dominique de Villepin est revenu en profondeur sur les thèses qu’il défend dans son dernier ouvrage Mémoire de paix pour temps de guerre


1024 514 Dominique de Villepin

Il est plus facile d’appuyer sur le bouton militaire que de nouer un dialogue politique

Dans un entretien avec Hamid Barrada pour l’émission « Mais encore » sur la chaîne marocaine 2M, Dominique de Villepin est revenu sur son parcours et sa volonté constante de promouvoir la paix et le dialogue sur la scène internationale. Il est également revenu sur les diverses interventions militaires occidentales qui ont été menées depuis plusieurs décennies et leurs conséquences sur la stabilité des Etats et le bien-être des peuples.

1024 371 Dominique de Villepin

Pour un dialogue entre Algérie et Maroc

En marge d’une conférence donnée à Rabat sur les enjeux de la paix dans le monde, Dominique de Villepin est revenu pour 360 sur la relation que la France entretient avec le Maroc, et sur son espoir de voir le Maroc et l’Algérie passer outre leur différend pour parvenir à cosntruire l’Union du Maghreb

 

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L’Afrique a besoin de traits d’union

– De passage à Rabat, Dominique de Villepin a répondu aux questions du HuffPost Maroc sur les souvenirs qu’il garde des cinq premières années de sa vie passées à Rabat, sur la possibilité d’une union maghrébine, ou encore sur la politique africaine de la France –

Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance à Rabat?

Outre les scènes familiales, mon premier souvenir d’enfant, c’est d’abord celui des premiers défilés de la jeune armée marocaine, dans cette période d’ébullition qui était celle de l’indépendance. Et ce sont des paysages, à la fois ceux du littoral et des montagnes de l’Atlas. Ce sont des images, des flashs très divers, très colorés, et en même temps très marqués par le temps, par l’époque, et par les changements qui intervenaient durant cette période.

Cette période qui était, aussi, celle où le rêve de l’unité maghrébine était permis, et à portée des dirigeants maghrébins. Avec le temps – et la distance – que pensez-vous justement de cette possibilité?

Il y a certainement eu beaucoup d’occasions perdues, mais les réalités sont là. La réalité géographique, la réalité historique, la réalité culturelle vont dans ce sens, et plaident en faveur de l’unité. Il y a un intérêt commun des peuples de cette région à travailler ensemble.

La politique étrangère du Maroc est de plus en plus tournée vers l’Afrique. Peut-elle créer ces liens dont a tant besoin le continent?

On le voit aujourd’hui avec l’activité de la diplomatie marocaine en direction de l’Afrique, avec les voyages du roi dans un certain nombre de pays. Les accords et les contrats signés, avec des pays comme l’Éthiopie, sont des étapes importantes de cette ouverture du Maroc vers l’Afrique. L’Afrique a besoin de traits d’union. Elle a aussi besoin d’acteurs qui permettent de tisser des liens, y compris, bien sûr, dans cette proximité que constitue le Maghreb, où il y a des perspectives importantes pour l’avenir.

La France, de son côté, dispose-t-elle aujourd’hui d’une politique africaine cohérente?

Force, malheureusement, est de constater que non. Mais il y a nécessité de développer cela, et je le souhaite vivement. Je le souhaite parce que l’intervention militaire est souvent le réflexe naturel, tant de la part de certains gouvernements africains que de la part de gouvernements européens et, en particulier ces dernières années, du gouvernement français. Je ne crois pas que ce soit la bonne ni la meilleure réponse. Évidemment, l’inaction ne peut pas être une alternative. Ce qu’il faut, c’est un engagement au service d’une stratégie et d’une politique permettant d’émanciper l’Afrique.

25 novembre 2016, HuffPost Maroc