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Dominique de Villepin et Olivier Ravanello décryptent l’élection de Donald Trump

Lors d’un entretien avec Olivier Ravanello pour Yahoo TV, Dominique de Villepin est longuement revenu sur la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, et sur la surprise qu’elle a provoquée chez les analystes.

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Ce qui est possible aux Etats-Unis est possible en France

Invité de Jean-Michel Apathie sur France Info, Dominique de Villepin a analysé à chaud la victoire de Donald Trump aux présidentielles américaines

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Le système américain pousse jusqu’à la carricature le jeu politique

Invité d’Elisabeth Quin dans l’émission « 28 minutes  » sur Arte, Dominique de Villepin s’est prononcé sur les élections américaines quelques heures avant le déroulé du scrutin. Il a également été amené à donner son avis sur l’intervention française au Mali

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La reconquête de notre indépendance, l’enjeu des européennes

– Dans une tribune publiée par Le Figaro, Dominique de Villepin analyse les enjeux inhérents aux élections européennes de 2014 –

 

Notre vision de l’Europe est devenue profondément contradictoire. En perdant les mots pour dire l’Europe, nous avons perdu prise sur l’Europe et jour après jour nous assistons, passifs, à son impuissance, à sa décomposition, à son affaissement. D’un côté il y a l’Europe qu’on célèbre -celle des grands mots et des grands ancêtres, l’Europe de la paix et des Pères fondateurs – de l’autre il y a l’Europe qu’on vitupère, celle au quotidien du calibrage de tomates et des «plombiers polonais». Cette contradiction, c’est en fait une vieille histoire, un secret de famille pour ainsi dire, c’est l’histoire de deux Europe, l’Europe dont on a envie et l’Europe dont on a besoin.

L’Europe dont on a envie, c’est l’Europe démocratique qu’on voudrait à l’image des démocraties que l’on connaît, une démocratie parlementaire, représentative, simple. Depuis plus de trente ans que le déficit démocratique a été diagnostiqué, on ‘n a cessé de vouloir remodeler le réel à l’aune de nos rêves. L’Assemblée parlementaire s’est peu à peu muée en Parlement européen. On a grimé la Cour de Justice des Communautés Européennes en cour suprême de l’Union. On a déguisé la commission en gouvernement responsable devant le Parlement. Toujours le même principe était à l’œuvre: à force d’y croire, cela va devenir vrai. Comment s’étonner que les citoyens européens se soient peu à peu détournés de cette Europe fantasmatique, en porte à faux constant avec la réalité. Mais à chaque étape, nous avons persévéré dans la même ornière. En 2005, on s’est dit -à tort- que l’échec du référendum constitutionnel prouvait bien que le problème était le déficit démocratique et qu’il fallait donc laisser l’Europe faire ses preuves, quitte à passer en force avec le traité de Lisbonne. Aujourd’hui, six ans plus tard, les eurosceptiques s’apprêtent à remplir leurs rangs. L’Europe rêvée, c’est l’Europe décevante.

Et il y a l’Europe dont on a besoin, celle qui fait le travail. L’Europe dont on a besoin, ce fut l’Europe du Traité de Rome en 1957, sans aucune référence à la démocratie européenne. Depuis 2008 et le déclenchement de la plus grave crise économique depuis les années trente, qui a pris les choses en main, qui a gagné en influence. C’est le Conseil Européen – créé en dehors de tout traité par pur pragmatisme- qui a pris la main sur la décision politique en conservant sa méthode de toujours, le plus grand consensus possible. C’est la Banque centrale Européenne, sans aucun mandat politique, qui a mis fin à la fièvre sur l’euro en créant par sa seule parole une solidarité financière dans la zone euro. C’est la Commission et la Cour de Justice qui sont désormais responsables de l’application du traité de stabilité budgétaire, le fameux «six-pack» instaurant le semestre européen.
Pourquoi ce fossé? Parce que l’Europe ne s’est pas construite à l’image des démocraties parlementaires, mais à bien des égards sur leurs décombres. Après la catastrophe de la Seconde Guerre Mondiale, après l’engrenage des nationalismes et des populismes, l’Europe a cru devoir se donner un autre modèle, fondé sur l’efficacité, ce fameux modèle mystérieux «sui generis». L’Europe de la technocratie n’est pas un accident de l’Europe, elle est une dérive de l’Europe de la compétence, du projet et des résultats qui était au cœur déjà de la «méthode Monnet».
Arrêtons de rêver ou de pleurer devant le miroir. Il n’y a pas d’Etats-Unis d’Europe. Mais il y a une Union Européenne. Pendant soixante ans, nous avons pu vivre de part et d’autre du miroir. Aujourd’hui, en se berçant de l’illusion d’une grande démocratie européenne «comme les autres» non seulement on se trompe, mais on casse la machine européenne.

C’est cela la nouvelle donne en Europe: l’Europe dont on a envie bloque l’Europe dont on a besoin, lorsque le déficit démocratique des décisions de la Commission est si flagrant qu’il les entache de nullité, et, dans le même temps, l’Europe dont on a besoin vide de sa substance l’Europe dont on a envie, lorsque ses mécanismes, comme l’euro, le Mécanisme européen de Stabilité ou le traité budgétaire, éloignent toujours davantage l’imagerie démocratique. Le rêve et la réalité s’affrontent et nous, nous vivons en somnambules, ni tout à fait éveillés, ni tout à fait endormis.
A cela il n’y a qu’une solution, s’éveiller et regarder en face nos rêves et notre réalité. Et tenter de les rapprocher, pas à pas.

Premier réveil nécessaire: il n’y a pas de démocratie fédérale, mais il y a une Union d’Etats démocratiques. Alors améliorons-la. Tout le monde déplore le déficit démocratique européen. Mais où se produit-il? Dans des institutions fédérales qui n’existent qu’en rêve ou dans le mandat bien réel que donnent des Etats démocratiques à l’Union émanant d’eux. Démocratiser l’Europe c’est donc démocratiser le rapport que les Etats entretiennent avec l’Union.
Au premier chef, cela signifie que les gouvernements et les majorités nationales doivent avoir le courage d’assumer les décisions et les choix de l’Europe, au lieu de se cacher systématiquement derrière Bruxelles. Cela signifie qu’il faut renforcer la collégialité des institutions, leur représentativité nationale, déjà réelle mais presque honteuse, à la Commission, à la Cour de Justice, à la Banque Centrale Européenne, en y favorisant les décisions collégiales et l’expression d’opinions minoritaires, argumentées et publiées, comme c’est le cas à la Cour suprême américaine par exemple. Cela signifie aussi qu’il est urgent de donner un visage à l’Europe dans chaque pays, ce que le Parlement européen n’a pas su faire. Pourquoi ne pas réfléchir à un Sénat européen où chaque Etat membre enverrait un représentant élu au suffrage direct, qui deviendrait en quelque sorte son ministre des affaires européennes naturel et un vrai partenaire pour le gouvernement?
Deuxième réveil auquel je voudrais inviter: il n’y a pas de peuple européen, mais il y a une société européenne démocratique en train de naître. La Cour constitutionnelle allemande l’a rappelé il y a deux ans, on ne saurait parler d’un peuple européen formant la base d’un Etat et d’une souveraineté, c’est un abus de langage. Mais les Européens, en revanche, sont engagés dans toutes sortes de liens humains, culturels, sociaux, économiques qui intègrent les sociétés nationales à une grande société européenne avec ses institutions, Eglises, syndicats, partis, avec ses mariages mixtes, avec ses rencontres – grâce à Erasmus notamment.

Renforçons cette société démocratique en donnant une caisse de résonance à la société démocratique organisée, dans un Conseil Economique et Social Européen au rôle redéfini et capable de propositions. Accroissons partout où c’est possible les échanges humains, en étendant le programme Erasmus à l’ensemble de la jeunesse, parce qu’elle est aujourd’hui la priorité politique dans une Europe dévastée par la crise financière et par l’austérité.
Troisième réveil enfin, il est temps de dire qu’il n’y a pas de loi européenne, mais il y a en revanche la possibilité d’une harmonisation démocratique par la régulation. En effet, il n’y a pas de loi uniforme et obligatoire qui s’imposerait directement à tous les citoyens de l’Union. C’est un abus de langage. En revanche, l’Europe est une force de proposition. Si elle ne peut restreindre la réalité des divers Etats, elle peut l’augmenter par une offre commune. C’est ce qui se produit par exemple avec le statut d’entreprise européenne.
Là aussi, renforçons la capacité de l’Europe à offrir plus de réalité. Dans le domaine universitaire, créons un statut d’université européenne éligible pour certains financements spécifiques, en commençant par créer une université par pays membre. Plus qu’un symbole des priorités européennes, ce seront les poissons-pilote de l’harmonisation des diplômes. Pourquoi pas envisager aussi un contrat de travail européen optionnel qui incarne l’identité européenne, à la fois libérale et sociale, qui serait lié à des garanties de rémunération, de protection et d’assurance dans une logique de flexicurité inspirée des modèles du nord de l’Europe ?

Peut-être, en prenant ainsi conscience de la profonde originalité de la démocratie européenne, aurons-nous ainsi dissipé une illusion mortelle de l’Europe. La démocratie européenne n’est pas l’antichambre de la démocratie mondiale. Elle n’a pas vocation à s’étendre à l’infini, ni à se dissoudre dans l’éther des grandes idées. L’Europe existe et doit se donner les moyens d’exister. A l’heure où des traités de libre-échange cruciaux sont négociés avec les Etats-Unis, demandons-nous où est notre indépendance, où est notre intérêt, où est notre existence quand seuls au monde nous nous exposons à tous les vents de la mondialisation sans pour autant lever nos propres voiles. Le TAFTA – pour ce qu’on peut savoir de ses mystérieuses négociations- nous promet l’avenir tranquille d’une colonie numérique et d’un laboratoire d’expérimentation des normes américaines en matière sanitaire et agricole. Puisque nous avons construit patiemment un marché unique, assumons qu’il ne soit pas une foire d’empoigne mondiale, mais un marché qui puisse négocier d’égal à égal avec les Etats-Unis ou la Chine.

Assumons notre existence diplomatique. L’Europe est là, elle est attendue et pourtant l’Ukraine montre une fois de plus notre incapacité à lever le doigt et parler autrement que pour donner des leçons de morale sans conséquence pendant que nous laissons aux Etats Unis le rôle de surveillant général du monde. L’OTAN, outre qu’elle remplit le vide de la défense européenne, a-t-elle un sens dans le monde d’aujourd’hui? Sommes-nous vraiment incapables d’avoir des moyens de défense mutualisés, un état-major européen?
La véritable preuve de notre esprit démocratique, ce sera la reconquête de notre indépendance. C’est cela qui se joue dans les élections européennes. Pas le rituel: «ça passe ou ça casse»qui nous désespère depuis tant d’années.

15 mai 2014, Le Figaro

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Moyen-Orient, trois erreurs et une seule solution collective

La politique étrangère est désormais au centre du débat présidentiel. Comment pourrait-il en être autrement, quand la télévision déborde d’obus explosant à laMosquée omeyyade d’Alep, de menaces de marées noires dans le Détroit d’Ormuz, de la douleur d’avoir perdu un fonctionnaire exemplaire, qui a donné sa vie pour son pays et sa vision d’un nouveau Moyen-Orient démocratique et pacifié.

Le moment est venu pour les Etats-Unis de faire face à l’héritage d’un demi-siècle de politique au Moyen-Orient, l’héritage laissé par la Guerre Froide, ainsi que celui d’une décennie de néo-conservatisme. Certes, des erreurs ont été commises. Les changements sont nécessaires, maintenant. Et ils peuvent avoir lieu.

La première erreur est d’avoir légitimé la politique du changement de régime. « El sueno de la razon produce monstruos » représente Goya dans l’un de ses dessins fantastiques. Le sommeil de la raison engendre des monstres. Le néo-conservatisme a bien été l’un des derniers « sommeils de la raison ».

Y a-t-il eu un avènement de la démocratie dans les pays où les Etats-Unis se sont efforcés de l’établir une fois pour toutes ? Non. Ni l’Irak, ni l’Afghanistan, ni la Somalie ne sont aujourd’hui des démocraties.

Le Printemps arabe a eu lieu dans des pays où les Etats-Unis, comme d’autres pays occidentaux, ont soutenu des régimes qui paraissaient garantir un statu quo. Citons simplement le milliard de dollars annuel dépensés par les Etats-Unis pour procurer une assistance militaire à l’Egypte. Onze ans plus tard, le bilan est négatif. Les Etats-Unis ont moins d’influence, moins de légitimité, moins de perspectives.

La deuxième erreur a été de choisir d’incarner l’Occident. En réalité, ce n’est pas la vocation originelle de l’Amérique. Ce n’est pas l’image qu’avait ce pays soixante ans auparavant en Afrique et en Afrique du Nord. Alors que l’Europe se débattait avec les conséquences du colonialisme, l’Amérique symbolisait l’émancipation et la liberté, grâce à sa propre histoire.

Depuis le début du XXIème siècle, l’Amérique se voit de moins en moins comme l’image du Nouveau monde et se présente de plus en plus comme l’avant-garde de l’Occident. C’est la négation même de son passé de melting-pot et de refuge mondial. C’est aussi la négation de son avenir en tant que pays où le monde se sent chez lui, où la diversité des cultures cohabitent en paix.

La troisième erreur a été la diabolisation de l’ennemi. Je n’ai aucune sympathie pour le régime iranien. Mais regardez la situation actuelle. La communauté internationale perd son ascendant sur cette affaire, parce qu’elle ne comprend pas les dynamiques de la région. La situation iranienne n’est pas seulement celle d’une nation. C’est aussi celle d’un équilibre régional entre les pouvoir chiites et sunnites. Un Iran affaibli n’est pas un avantage pour le Moyen-Orient. Aujourd’hui, les chiites ont le sentiment de devenir des proscrits, en Syrie, au Liban, dans la Péninsule arabe, où leur destin ne semble pas autant peser dans la balance de l’opinion mondiale que les soulèvements sunnites de la région.

Diaboliser l’Iran fait aussi passer à côté des Iraniens eux-mêmes, parce que cette attitude a créé un sentiment d’humiliation chez un peuple fier et endurant. Cela a permis une dangereuse radicalisation et a placé les Iraniens démocrates et les modérés dans des situations difficiles.

Alors, où nous dirigeons-nous concernant le Moyen-Orient ? Les forces jointes du néo-conservatisme historique et du fondamentalisme sunnite créent aujourd’hui plusieurs menaces immédiates.

La balkanisation du Moyen-Orient avec encore plus d’états divisés entre des populations qui ne se voient plus vivre ensemble, comme l’Irak qui, depuis des années maintenant, se sépare en trois parties autonomes. Comme la Libye divisée en trois entre la Cyrénaïque, la Tripolitaine, et Fezzan. Comme le Soudan, coupé en deux ; comme le Mali, avec un nord indépendant et dominé par les Touaregs.

L’islamisation radicale des sociétés du Moyen-Orient est l’autre menace. Les mouvements salafistes prennent de l’ampleur, ils grandissent au milieu des frustrations sociales et des mécontentements, depuis l’Egypte où ils ont déjà gagné un quart des sièges du parlement. Quand l’Etat s’affaiblit, ils sont les premiers à portée de main, établissant une justice populaire dans les rues, contrôlant l’accès aux hôpitaux, distribuant l’aumône aux pauvres. Ce type de pouvoir a besoin d’ennemis, ils ont besoin de faire de l’Occident une figure diabolique, ils ont besoin d’avoir les chiites comme cibles de leurs prêches quotidiens.

Oui, le futur de cette région est peut être sombre. Et les enjeux pour le monde sont élevés. Mais la démocratie n’a pas encore perdu. Le moment est venu de montrer notre solidarité aux populations du Moyen-Orient.

Une quatrième erreur ne doit pas venir s’ajouter à cette liste, celle de l’inaction. L’Amérique a longtemps rêvé d’un Moyen-Orient qui se refaçonnerait tout seul. Mais une Amérique qui ne ferait rien ne ferait pas mieux. Et personne ne s’en porterait mieux. L’Amérique a un rôle à jouer, il y a une place pour son engagement. Son rôle est celui d’une action collective, celui de conduire les forces de toutes les initiatives diplomatiques de cette région.

Il faut s’engager à agir. Parce que les actions diplomatiques doivent correspondre aux discours. Aujourd’hui, en Syrie, personne ne peut accepter de rester passif ou indifférent. Ce qui arrive là-bas nous concerne tous. Mais il n’y a pas de solution facile. C’est pourquoi nous devons trouver le courage d’avancer pas à pas, petit à petit. Il y a des pistes à explorer, comme reconnaître un nouveau gouvernement formé par l’opposition unie et devant être aussi ouvert que possible ; comme créer des couloirs humanitaires aux frontières de la Turquie ou de la Jordanie ; comme créer les conditions nécessaires à une future unification du pays.

Il faut aussi s’engager au réalisme. Ce serait un formidable pas en avant de se débarrasser des fausses images ou des caricatures de l’Islam et des cultures arabes. Il n’existe pas une « nature » de l’Islam la conduisant à se tourner vers la violence ou le fanatisme. Il s’agit simplement de forces sociales et historiques qui pèsent lourdement sur une région aux problèmes complexes.

Il faut s’engager à établir la paix entre l’Israël et la Palestine. Il n’y aura jamais de paix durable dans le Moyen-Orient si l’Israël et la Palestine ne font pas la paix. La revendication d’Israël pour sa sécurité est légitime, tout comme l’aspiration des Palestiniens à avoir leur propre Etat. Soyons conscients que bientôt, la solution des deux Etats sera réduite à néant par des occasions manquées et du temps perdu. Le nouveau président devra faire face à ses responsabilités sur la question, et expliquer dés le départ ce qui devra être fait. Le Processus de paix doit être ramené à la vie dés les prochaines élections parlementaires israéliennes, en janvier 2013.

Il s’agit enfin de s’engager à trouver des solutions, pas à diaboliser l’ennemi. Cela signifie, à propos de l’Iran, définir une option réaliste. Nous pouvons toujours continuer à empêcher l’Iran, par des négociations et des sanctions, à développer un arsenal nucléaire. Mais il semblerait que l’Iran possède déjà de grandes quantités d’uranium enrichi. Il n’y a donc pas vraiment de sens à définir des lignes rouges qui sont franchies jour après jour. Pour agir efficacement, nous devons donner plus de poids aux discussions 3+3. L’Amérique et l’Europe doivent avancer main dans la main et s’ouvrir aux propositions émanant de diplomaties émergentes comme le Brésil ou la Turquie.

Aujourd’hui nous ne faisons qu’entendre des accusations, des clichés, des simplifications excessives. De part et d’autre, on trouve de fausses excuses à sa passivité. On a besoin d’un vrai débat. Un débat à propos des réalités de terrain, des options possibles, des étapes à franchir. Le discours remarquable que le Président Obama avait tenu au Caire il y a trois ans est retombé dans les limbes. Le prochain mandat sera l’occasion d’aider le Moyen-Orient à établir une nouvelle ère de paix, de prospérité et de démocratie. Avec l’aide des Etats-Unis et de l’Europe.

18 octobre 2012, Huffington Post

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La nouvelle donne européenne

L’élection française change la donne en Europe. Plus qu’aucune élection des dernières années, l’élection de dimanche dernier a été lue par les opinions publiques européennes et mondiales à l’aune de la grande crise que nous traversons et de leurs propres préoccupations. Qu’on lise les journaux européens ou qu’on rencontre des responsables, comme je l’ai fait cette semaine en Europe centrale, il en ressort une idée: une stratégie centrée exclusivement sur l’austérité est vouée au rejet et à l’échec et cela même s’il est légitime de prendre en compte les préoccupations des Allemands mises en avant par Angela Merkel face au risque de laxisme.

Il y a là un paradoxe majeur. À l’heure où ils semblent avoir perdu confiance, les Français feraient-ils encore l’histoire, mais sans en avoir clairement conscience? La nouvelle, au-delà de l’élection d’un homme, c’est que les Français ont retrouvé le levier d’Archimède perdu depuis longtemps. Contre toute attente, il y a aujourd’hui des marges de manœuvre inespérées pour la France comme pour l’Europe. S’il y a un état de grâce, c’est bien là. C’est aussi un fait politique dont il faut prendre acte dès maintenant, sans attendre l’issue des législatives, et qui s’impose à tous, à gauche comme à droite.

Ne laissons pas passer l’histoire, car la fenêtre de tir sera brève, tant les logiques politiciennes vont essayer de reprendre le dessus. La France doit faire un choix et l’assumer clairement.

Il ne s’agit plus pour notre pays d’endosser une stratégie d’austérité sans fin. L’exigence de croissance est désormais sur la table et personne n’a rien à gagner à faire marche arrière. Il ne s’agit pas davantage pour la France de prendre la tête des pays du Sud endettés pour rompre les digues de la rigueur. L’élection grecque, au même moment, est un signal d’alerte que nous devons entendre. Ne laissons pas se déchirer toute l’Europe en camps antagonistes.

Il y a un chemin d’équilibre à trouver qui ne saurait être un chemin de confrontation, mais le choix d’un compromis constructif. Bâtir ce nouveau consensus, c’est la responsabilité de la France aujourd’hui, en s’appuyant sur l’esprit d’union nationale et d’union des Européens autour de l’intérêt commun.

Comment faire?

Première exigence, gardons-nous de faire des législatives un troisième tour: ni revanche des tenants de l’austérité, ni surenchère des partisans du laisser-aller financier. Ce serait une erreur historique alors même que nous avons besoin d’un débat politique vigoureux, équilibré et tourné vers l’avenir. Le peuple français a parlé et ce message de croissance doit désormais être incorporé par les programmes de toute la gauche comme par ceux de la droite, qui doit comprendre qu’on ne gagne pas une élection en menant la bataille d’hier. Sachons nous adapter à ces nouveaux enjeux, dans le respect de nos convictions et de nos différences.

Deuxième exigence, soyons dès aujourd’hui en initiative sur le front européen. François Hollande a aujourd’hui la lourde tâche d’imprimer une marque et une vision en faisant levier sur les prochains rendez-vous, le conseil informel de l’UE, la rencontre du G8, le sommet de l’Otan. C’est dans les premiers jours que se cristallise l’image mondiale d’une présidence. Cela suppose un axe fort et c’est celui de la réconciliation.

Réconciliation européenne, d’abord, grâce à une stratégie de croissance et de stabilité qui aille au-delà d’un compromis boiteux entre relance de la consommation et rigueur budgétaire et qui évite les affrontements stériles. Il faut des réformes structurelles pour la compétitivité, pour l’innovation et la recherche en Europe, pour une politique énergétique commune. Il faut des euro-obligations affectées au financement de grands projets. L’exigence prioritaire, c’est de refonder la relation franco-allemande, de façon plus ambitieuse pour nos deux pays et pour l’Europe. Mais il faut également sortir du huis clos franco-allemand en développant une approche plus collégiale de l’Europe.

Réconciliation des rives de la Méditerranée ensuite en faisant de la présidence de François Hollande le temps du rapprochement et du dialogue stratégique, notamment avec le Maghreb. La relation avec l’Algérie reste un frein psychologique de notre politique étrangère et même de notre identité mondiale. Nous devons retrouver une politique arabe dans un contexte où stabilité ne saurait plus être synonyme de statu quo.

Réconciliation du Nord et du Sud dans une mondialisation qui multiplie les incompréhensions, enfin. Le G8-G20, auquel Nicolas Sarkozy a su donner une nouvelle impulsion au lendemain de la crise de 2008, doit s’atteler à une régulation de la mondialisation fondée sur des bases crédibles de réciprocité et de juste échange. Le cycle de Doha, bloqué, doit laisser la place à une nouvelle approche. À l’échelle du monde, nous devons mesurer à quel point nous devons aller plus loin dans notre partenariat avec certains pays clés comme la Russie ou la Turquie, indispensables à toute ambition mondiale, sans parler de la Chine, avec laquelle nous devons poser les bases de la confiance à l’heure où elle aussi s’engage dans le renouvellement de ses dirigeants.

Ne gâchons pas cette chance historique de faire entendre le message de la France. C’est le combat du gaullisme, c’est l’héritage d’un demi-siècle de construction européenne, c’est la vocation de la France depuis toujours de chercher le dialogue et de jeter des ponts.

11 mai 2012, Le Figaro

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La droite m’effraie, la gauche m’inquiète !

La campagne du premier tour a été indigente. Celle du second devient indigne. L’instrumentalisation de faits divers, l’improvisation de bien des propositions, le débauchage sans vergogne de voix extrémistes, tiennent aujourd’hui lieu de débat. Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une.

Je veux le dire aujourd’hui avec gravité. C’est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s’est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l’extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !

Je ne peux cautionner cette dérive.

Le combat contre la logique des idées simples, de la peur et de la force, c’est l’engagement de toute ma vie politique au nom d’une certaine idée de la France. C’est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l’islamisme au nom du choc des civilisations. C’est la même spirale qui entraîne le Proche-Orient vers un désespoir toujours plus profond. La division n’a pas de fin. La haine n’a pas de fond. C’est cette conviction qui avait conduit Jacques Chirac à tracer des limites claires entre la droite républicaine et l’extrême droite. C’est cette conviction qui m’a conduit, cinq ans durant, à alerter contre les risques de dérive, de stigmatisation et de division.

Je ne supporte pas l’hystérie générale qui s’est emparée de l’élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d’électeurs en colère. Aujourd’hui, tout se passe comme s’il n’y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s’il n’y avait pas d’autres questions que le halal, l’immigration légale, les horaires de piscines municipales. La compétitivité, l’éducation, l’agriculture, l’innovation : disparues. L’Europe, le chômage, les déficits sociaux, la délinquance ? Lus jusqu’à l’absurde à travers les lunettes déformantes et rétrécissantes du FN. Les responsables politiques ne cessent de se laisser creuser l’écart entre le discours et les actes, nourrissant la rage et le désenchantement. Le FN n’est que le produit dérivé de ce mensonge généralisé.

C’est mon devoir de responsable politique d’assumer aujourd’hui l’exigence de mon héritage gaulliste en disant le poison mortel qui menace la droite : celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité. C’est mon devoir vis-à-vis des électeurs de la majorité qui, comme moi, s’interrogent, doutent du bien-fondé d’une telle politique, mais qui veulent croire que dans cette majorité il y a des hommes et des femmes dont la conscience reste en éveil et qui ne cesseront de se dresser pour que l’intérêt général prévale, pour que la dignité de notre pays l’emporte.

Ne nous abîmons pas. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités pour faire revenir notre monde politique à la raison et retrouver un chemin d’espérance, de réconciliation et de refondation. A la force et à la peur, nous ne pouvons, citoyens libres, qu’opposer le droit, la raison et l’humanité.

La véritable réponse à cette dérive, ce sera de reconstruire un avenir pour notre pays.

Aujourd’hui, c’est vrai, la droite m’effraie, mais la gauche m’inquiète. Le 6 mai, quoi qu’il arrive, sera la victoire d’un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous: la réconciliation des Français.

Aucun des deux projets ne sera à même d’apporter les réponses nécessaires à une crise d’une gravité exceptionnelle. Alors faisons vivre deux exigences.

La première exigence, c’est de regarder plus loin que cette élection pour affronter les grands défis à venir. Notre réponse au chômage, au déclin industriel, au défi énergétique, notre réorientation vers une économie de la connaissance par une éducation nationale plus juste et plus efficace, notre place en Europe, nous ne les trouverons pas dans l’idéologie. La clé de ces urgences, c’est le rassemblement, c’est l’action, c’est le sens du devoir.

La deuxième exigence c’est, au-delà du bulletin de vote, au-delà du choix d’un nom, d’assumer jour après jour notre citoyenneté, avec vigilance et responsabilité face à tous les grands choix de notre nation.

Mon rôle n’est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités. Les citoyens ne sont ni des moutons ni des enfants turbulents. Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu’elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d’humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir.

Et le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir. C’est dans cette ligne que je m’engagerai dans la voie du redressement de notre pays.

27 avril 2012, Le Monde

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Un projet de devoir

Retrouvez ci-dessous les 30 grandes mesures que Dominique de Villepin propose aux Français dans le cadre de son projet de devoir, pour relever la France.

L’EFFORT, UN DEVOIR POUR RELEVER LA FRANCE

1- La semaine de 37h pour produire plus de richesses
– 37 heures de travail par semaine au lieu de 35, c’est l’équivalent de 100.000 emplois dans la fonction publique pour des services publics plus efficaces et moins coûteux
– 37 heures de travail par semaine payées au taux normal, ce sont 10 milliards d’euros d’économies pour l’Etat sur les exonérations de charges liées aux 35 heures, employés à la réduction de la dette publique.

2- Payer plus d’impôts pour résorber notre dette
– Etablissement effectif d’un taux d’impôt sur les sociétés égal à celui des PME pour toutes les grandes entreprises via la suppression des différentes niches et autres avantages qui leur permettaient jusqu’ici de ne payer que 8% d’impôt sur leurs bénéfices.
– Fusion de tous les impôts directs sur les personnes physiques (impôt sur le revenu, CSG, CRDS, impôt de solidarité sur la fortune) pour plus de clarté et de contrôle par les contribuables.
– Imposition similaire, via le nouvel impôt citoyen et unique, des revenus du capital et des revenus du travail, pour cesser de privilégier les premiers par rapport aux seconds.
– Instauration d’une nouvelle tranche d’imposition à 60% pour les foyers dont les revenus dépassent 1 million d’euros par an.

3- Revenir à l’équilibre budgétaire en 2017
– 60 milliards d’euros d’économies pour revenir à l’équilibre budgétaire.
– 40 milliards de recettes fiscales nouvelles pour revenir à l’équilibre.

LE RASSEMBLEMENT

4- Un gouvernement d’union nationale pour surmonter la crise
– Le prochain Premier ministre sera chargé de constituer un gouvernement d’union nationale réunissant les membres les plus compétents de l’ensemble des formations politiques et des personnalités reconnues venues de la société civile.

5- La cogestion pour favoriser l’union des forces sociales
– Un tiers des sièges des conseils d’administration et des conseils de surveillance des entreprises de plus de 250 salariés devront être détenus par des représentants des salariés.

6- Un effort de redressement national partagé en trois tiers
– Les ménages les plus aisés verront leur niveau d’imposition alourdi, au travers notamment d’une nouvelle tranche d’impôt direct fixée à 60% au-delà d’un million d’euros de revenus annuels, mais aussi à travers la réduction des niches fiscales.
– Les grandes entreprises et les banques paieront une surcote temporaire à l’impôt sur les sociétés à hauteur de 4 milliards d’euros.
– Les Français contribueront tous à l’impôt citoyen, même symboliquement.

7- Renouveler la démocratie, à tous les niveaux
– Consultation du peuple français par référendum sur les grands enjeux du quinquennat à venir : réforme des institutions, énergie et environnement, fiscalité.
– Développement et facilitation des référendums d’initiative populaire.
– Extension de conseils de quartier élus au suffrage universel direct pour favoriser le dialogue avec l’Etat, la bonne prise en compte des besoins et spécificités de chaque quartier, le bon fonctionnement des maisons de service public.
– Instauration d’une dose de proportionnelle aux élections législatives pour que tous les courants politiques soient représentés à l’Assemblée nationale.

SOLIDARITE, JUSTICE SOCIALE & ECOLE

8- Revenir à des écarts de salaires décents
– Lancement de négociations entre les partenaires sociaux visant à déterminer les écarts de salaire acceptables au sein de chaque entreprise.
– En cas d’échec des négociations, un projet de loi encadrant les écarts de salaires sera déposé au Parlement.

9- Faciliter l’accès de tous aux services publics essentiels
– Création de Maisons de Services Publics pour favoriser l’accès aux services essentiels dans les quartiers ou zones rurales aujourd’hui laissés pour compte.
– Dans les quartiers et zones où le taux de chômage est particulièrement élevé, déploiement d’antennes d’une Agence Nationale de Développement Economique qui stimulera l’activité économique et la création d’emplois, notamment au niveau des PME.

10- Garantir l’accès au logement
– Création d’un Service Public du Logement piloté par une Agence Nationale du Logement.
– Encadrement par contrat des loyers au moyen de l’incitation fiscale et de l’apport de garanties publiques aux bailleurs, prioritairement dans les zones où l’accès au logement est le plus difficile.
– Accélération de la construction de logements neufs, notamment d’un parc locatif social privé.

11- Assurer l’accessibilité des services de soins
– Restructuration des hôpitaux publics, au niveau de 8 à 10 Agences Régionales de Santé, pour en faire des structures territoriales polyvalentes assurant les soins de proximité et d’excellence.
– Création de Maisons de Santé ou de Dispensaires, adossés aux pharmacies, pour assurer la présence des personnels soignants dans tous les quartiers et villages.

12- Pour une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans
– L’âge de début de la scolarité obligatoire sera abaissé de 6 à 3 ans.
– L’âge de fin de la formation obligatoire sera fixé à 18 ans.

13- Permettre le vivre ensemble via une Ecole du Socle
– Mise en cohérence des parcours entre les écoles primaires (classes de maternelle et d’élémentaire) et les collèges afin d’aboutir à une véritable Ecole du Socle avec une diversification plus progressive des matières enseignées.
– Concentration des objectifs et programmes de l’Ecole du Socle sur les savoirs fondamentaux (français, mathématiques, histoire, langues étrangères), la culture générale et civique, les activités artistiques et sportives.
– Réforme des rythmes scolaires annuels et hebdomadaires pour une répartition des activités plus conforme aux rythmes de l’enfant.

14- Permettre à chacun de trouver sa place dans la société via une Ecole de la Détermination
– Valorisation des filières d’enseignement professionnel et technologique aux côtés des filières générales, ainsi que de l’apprentissage et de l’alternance.
– Réforme de l’orientation au sein de groupements d’établissements offrant, dans un même bassin scolaire, l’ensemble des formations.
– Maintien dans les deux premières années d’un tronc commun fort pour faciliter les passerelles entre les filières.

15- Faire de l’école le creuset de la justice sociale
– Instauration d’un droit personnalisé pour les élèves défavorisés en remplacement des zonages actuels (ZEP), qui déterminera l’effectif de leur classe et les moyens de leur établissement, l’accès à des dispositifs de soutien personnalisé et l’accès à certaines activités extra-scolaires.
– Mesures statutaires (avancement de carrière) et financières (rémunération) incitant les enseignants à prendre des postes auprès des élèves en difficulté et conserver ces postes dans la durée par l’accès après 15 ans de carrière à un corps d’enseignants-conseils chargés notamment de l’encadrement pédagogique.
– Ouverture de places réservées aux 5% de meilleurs bacheliers de chaque établissement dans les filières sélectives (classes préparatoires aux grandes écoles, BTS, IUT).

16- Fusionner grandes écoles et universités
– Création de grandes universités polyvalentes, intégrant grandes écoles, enseignements et recherche de niveau mondial, mais aussi enseignement et formation professionnelle de proximité.
– Intégration des Classes préparatoires aux grandes écoles au sein des parcours universitaire de licence.
– Amélioration de l’association des pôles universitaires régionaux aux grands pôles de compétitivité à dimension internationale pour accroître les liens entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

REFONDATION POLITIQUE

17- Des pouvoirs moins dispersés : 10 ministres, 400 députés, 200 sénateurs
– Nomination d’un gouvernement de 10 ministres aux responsabilités claires.
– Nomination de hauts fonctionnaires compétents et respectés par leur administration aux postes de secrétaires d’Etat.
– Réduction des sièges à l’Assemblée nationale, de 577 à 400.
– Réduction des sièges au Sénat, de 348 à 200.
– Interdiction stricte de tout cumul de la fonction de ministre ou du mandat de parlementaire avec un mandat exécutif local

18- Rendre la justice indépendante par son statut et ses moyens
– Création d’un Procureur Général de la Nation qui sera le plus haut magistrat du parquet, rompant ainsi le lien de dépendance entre les magistrats et le ministre de la Justice, investi aux 3/5e par le Congrès pour sept ans et chargé de la nomination et de l’avancement des procureurs.
– Développement des procédures infra-judiciaires de type médiation ou « plaider-coupable » pour désengorger les tribunaux.

19- Veiller à l’indépendance des médias
– Interdiction légale de détention d’entreprises audiovisuelles ou de presse par des entreprises dont une partie significative du chiffre d’affaires dépend de la commande ou de la régulation publiques.

20- Donner aux régions françaises une taille critique
– Réduction de 22 à 8 du nombre de régions métropolitaines.
– Election du président de région au suffrage universel direct.
– Création d’un Conseil Territorial qui permettra d’associer les régions françaises aux grandes décisions portant sur la stratégie industrielle et économique du pays.

21- Pour lutter contre l’insécurité : une police nationale et une police territoriale
– Recentrage de la police nationale sur deux missions essentielles : maintien de l’ordre et enquêtes judiciaires.
– Création d’une police territoriale assumant les missions de police administrative ainsi qu’une présence de proximité, de prévention et d’interpellation, au coeur de tous les territoires et quartiers.
– La police territoriale sera placée sous l’autorité des maires, mais son recrutement sera national afin d’offrir à ses policiers une formation reconnue, un statut clair et une égale présence sur le territoire.

22- Relancer la construction européenne
– Création d’un haut conseil franco-allemand permanent pour favoriser la coordination des politiques fiscales, économiques et sociales.
– Ouverture d’un nouveau cycle de négociations institutionnelles visant à favoriser la croissance et l’emploi au niveau européen ainsi qu’à obtenir l’élection du président du Conseil européen au suffrage universel direct.

REFONDATION ECONOMIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

23- Baisser de manière significative le coût du travail
– Baisse de 60 milliards du volume des cotisations sociales (patronales et salariales).
– Encadrement des négociations visant à décider de l’emploi des baisses de charge, entre un impératif de compétitivité pour les entreprises et un impératif de hausse des salaires, notamment des plus petits.
– Augmentation du taux de TVA de 2,5 points, en complément de la hausse de la CSG et de l’Impôt sur les sociétés.

24- Jeter les bases d’une véritable stratégie industrielle mêlant les échelons nationaux et locaux : création d’un Conseil National Stratégique
– Création d’un Conseil National Stratégique auprès du Président de la République et réunissant les représentants de l’ensemble des acteurs économiques (entrepreneurs, banques, pouvoirs publics), politiques (Commissions compétentes de l’Assemblée Nationale et du Sénat) et sociaux (Syndicats et organisations patronales).
– Nomination d’un entrepreneur reconnu à la tête du CNS pour symboliser la stratégie de redressement national par le dynamisme économique et entrepreneurial.

25- Développer nos PME à travers des filières d’excellence pour une qualité à la française
– Analyse et sélection des filières d’excellence industrielle par le Conseil National Stratégique (notamment autour du numérique, de l’aéronautique, de l’énergie, de l’automobile).
– Effort de R&D industrielle, public et privé, afin d’aider les PME françaises à monter en gamme et à gagner des parts de marché à l’export.
– Regroupement et renforcement des pôles de compétitivité afin de retrouver leur dimension internationale.
– Réforme de la gouvernance des pôles de compétitivité afin de donner plus de pouvoirs aux dirigeants de PME et de grandes entreprises, en lien avec les représentants du monde universitaires, des régions et de l’Etat.
– Relance de l’investissement en faveur des TPE et PME d’Outre-Mer afin de les aider à compenser leur handicaps structurels (insularité, difficultés de transport, aléas climatiques).

26- Amener les banques à contribuer positivement à l’économie française
– Création par loi cadre d’un service public bancaire assurant le suivi des directives et règles devant être suivies par les banques pour le financement de l’économie française, notamment des PME.
– Création du « 1% PME », soit l’allocation d’un pourcent de l’encours des produits d’assurance vie au financement de projets portés par des PME dans le cadre de filières d’excellence.
– Définition et mise en oeuvre, par le service public bancaire, d’un cadre d’accès universel aux banques pour tous les citoyens.

27- En finir avec le gaspillage et restaurer notre cadre de vie
– Instauration d’une TVA Emploi, Environnement, Exportations favorisant les produits surs et économes.
– Grenelle de l’énergie devant évoquer l’ensemble des questions énergétiques françaises et notamment la part du nucléaire dans la production électrique. Adoption par référendum de la politique énergétique de la France à l’issue de ce Grenelle de l’énergie, qui pourra être notamment la perspective de réduction de l’énergie nucléaire dans notre mix énergétique, à hauteur de 50% à l’horizon des prochaines décennies.
– Elaboration d’une fiscalité incitative pour les entreprises via une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de critères liés à l’emploi et au respect de l’environnement.
– Réforme des autorités de veille sanitaire et alimentaire afin de renforcer leur indépendance et de leur permettre ainsi de mieux jouer leur rôle de conseil et d’alerte auprès des pouvoirs publics sur tous les enjeux sanitaires et alimentaires (médicaments, OGM, etc.).
– Elaboration et mise en application d’une charte des paysages et des centres villes pour préserver voire restaurer l’identité de nos territoires, de nos terroirs, de notre culture.

REFONDATION DU LIEN SOCIAL

28- Recréer du lien via le service citoyen
– Instauration d’un service citoyen obligatoire pour les jeunes, fractionnable en périodes de trois mois minimum.
– Le service citoyen pourra être effectué auprès d’associations reconnues d’intérêt public ou d’aides aux personnes, auprès d’entreprises de l’économie solidaire et sociale, au sein de l’Etat (hôpitaux, armée, éducation nationale).
– Ouverture progressive du service citoyen, sur une base volontaire, à l’ensemble des citoyens désireux de consacrer quelques mois de leur vie à l’intérêt général et aux autres.

29- Un revenu citoyen en contrepartie d’une activité d’intérêt général
– Fusion-suppression des allocations et pensions existantes pour aboutir à terme à une allocation unique.
– Ouverture, dans un premier temps, du revenu citoyen de 850 euros aux personnes âgées et personnes handicapées.
– Création d’un million de contrats citoyens destinés aux chômeurs en fin de droits et aux allocataires de minima sociaux. Ces contrats leur permettront de toucher le revenu citoyen en contrepartie d’un service citoyen obligatoire, au service de l’intérêt général, à hauteur de 20 heures par semaine.
– Dans le cadre du service public bancaire, conversion du revenu citoyen en prêts bonifiés aux jeunes porteurs de projets d’intérêt général. Ces prêts seront remboursables dans le cadre de l’impôt citoyen.

30- Assumer ses devoirs civiques et citoyens
– Instauration du vote obligatoire pour tous les citoyens français majeurs, à l’ensemble des élections locales et nationales.
– Prise en compte du vote blanc parmi les suffrages exprimés.

150 150 Dominique de Villepin

On n’est pas couché 25 février 2012