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1024 573 Dominique de Villepin

Xi Jinping et la Nouvelle Route de la Soie, un discours très ambitieux

Interviewé par Radio Chine Internationale en marge du forum sur la Nouvelle Route de la Soie qui s’est récemment tenu à Pékin, Dominique de Villepin a souligné le caractère ambitieux et prometteur du projet chinois dit « Une ceinture, une route » ou Nouvelle Route de la Soie. Il a insisté sur les aspects centraux de cette initiative inscrite dans un cadre multilatéral, qui oeuvre pour un développement mondial plus équilibré et plus durable.

1024 681 Dominique de Villepin

La Nouvelle Route de la Soie, un espoir pour chacun

– Lors d’une interview pour le Quotidien du Peuple donnée en marge du forum «une Ceinture, une Route» pour la coopération internationale inauguré le dimanche 14 mai à Pékin,  Dominique de Villepin, est revenu sur les opportunités que représentent l’initiative chinoise sur le plan économique, commercial, culturel et humain –

Monsieur de Villepin, vous venez d’assister à la cérémonie d’ouverture du forum. Pouvez-vous partager avec nous votre sentiment sur le discours de Xi Jinping ?

Bonjour à tous, merci de m’accueillir, je suis très heureux d’être avec vous. Tout d’abord ce qui m’a frappé dans le discours du Président Xi Jinping est le souci d’intégrer le projet des Routes de la Soie «One Belt, One Road» dans une perspective historique. Il y a de longues traditions de Route de la Soie. Et ce que la Chine veut faire aujourd’hui est évidemment la suite de ce qui a été entrepris pendant des millénaires, l’expérience de la Chine dans son rapport avec le reste du monde.

Ce qui est frappant également, c’est l’ambition du projet, qui se veut être une initiative de paix, de développement et d’une prospérité partagée ; et en même temps un projet innovant, ouvert sur la mondialisation. Cela fait partie de ses initiatives qui tranchent avec ce que l’on voit aujourd’hui : beaucoup de tentatives populistes de fermeture des frontières. Il y a là au contraire un pari sur l’avenir, un pari volontaire à égalité entre les Etats, d’ores et déjà une centaine d’Etats sont parties prenantes de cette grande affaire. Et l’on voit dans la participation du forum à quel point il s’agit là d’un succès. Donc, il faut confirmer cet élan, confirmer la multiplicité des institutions qui sont aujourd’hui en train de s’organiser sur ce projet des Routes de la Soie. Et je suis convaincu en tant qu’Européen qu’il y a là véritablement matière à avoir confiance dans l’avenir.

Vous interviendrez également dans une discussion évoquant les échanges des peuples. Quels sont les points que vous allez aborder ? Pensez-vous que les échanges humains et culturels entre la France et la Chine seront renforcés dans le cadre de l’initiative « une Ceinture, une Route » ?

C’est une dimension très importante du projet, parce qu’il ne s’agit pas seulement de développer les activités des entreprises, les liens entre les Etats, mais il s’agit aussi de développer les liens entre les peuples, entre les villes, entre chaque individu le long de cette route, et de donner un espoir à chacun. Et le pari qui est fait, le développement des infrastructures est aussi un pari qui a une forte incidence sur la culture et les échanges culturels entre les différents Etats. Dans le cas de la France et de la Chine, nous sommes des vieilles civilisations, nous avons un vieux partenariat très ancien et très solide qui ne cesse de se développer. On le voit dans le nombre de touristes chinois qui viennent en France, dans le nombre de jeunes Français qui viennent étudier en Chine et qui veulent mieux connaître la Chine. On le voit dans la vitalité de notre coopération économique. Donc, il s’agit d’approfondir cet élan. Et je suis convaincu que l’action en commun autour des projets de la nouvelle Route de la Soie continuera à développer et à renforcer ces liens.

Selon vous, le nouveau président français Emmanuel Macron jugé pro-commerce, laissera-t-il pendant son mandat des influences positives concernant les coopérations économiques et commerciales entre les deux pays ?

Emmanuel Macron est un jeune président, intronisé ce dimanche à Paris. Mais c’est un président qui a déjà eu l’occasion d’avoir un échange ces jours derniers avec le Président Xi Jinping, et de réaffirmer à nos amis chinois à quel point nous souhaitons maintenir et développer le partenariat privilégié que la France a avec la Chine. Tout au long de la campagne électorale, Emmanuel Macron est l’un des candidats qui a le plus développé cette volonté de renforcer les liens et d’être présent pour les grands projets de cette nouvelle Route de la Soie. Bien sûr avec d’autres partenaires européens, mais aussi avec les entreprises françaises, les villes françaises et les institutions françaises, qui sont toutes convaincues de l’importance de l’enjeu que constitue aujourd’hui le développement de la nouvelle Route de la Soie.

Suite au retrait des Etats-Unis du partenariat trans-pacifique (TPP), le Premier ministre japonais Shinzo Abe tente de restructurer le TPP. Certains jugent que ce geste constitue une concurrence de l’initiative «une Ceinture, une Route» proposée par la Chine. Quel est votre avis ?

Je ne crois pas qu’il y ait de concurrence entre ces projets. La défection des Etats-Unis contraint le partenariat trans-pacifique à évoluer et à s’adapter. Je pense que l’ensemble des coopérations entre les pays de la région sont positives. Il faut les développer de façon inclusive et non pas en opposition avec tel ou tel pays. C’est une opportunité pour la Chine de se joindre aussi à ce projet de coopération. Je suis persuadé que tout ce qui peut rapprocher les Etats, les populations et les peuples de cette région sont des éléments positifs, pour créer un contexte général de dialogue et de prospérité.

La Chine préconise de manière très active la mondialisation économique et la communauté de destin, et cela face à la montée des pensées anti-mondialisation. Sur le plan économique, pensez-vous que l’initiative proposée par le président chinois Xi Jinping va promouvoir la mondialisation ?

Le Président Xi Jinping avait souligné à Davos l’importance d’avoir une mondialisation ouverte, favorable au développement, aux échanges, et aux coopérations entre les Etats et les peuples. C’est une prise de position qui a marqué le monde, car c’était un véritable acte et pari de confiance dans l’avenir, et ce à un moment où l’on constatait aux Etats-Unis, en Europe, et dans un certain nombre de pays la tentation du repli sur soi, du protectionnisme et du populisme se développer.

Je crois qu’il est absolument nécessaire à travers l’aventure de la nouvelle Route de la Soie de montrer qu’il faut opter pour le pari du développement partagé, et d’un développement équilibré et durable. C’est avec des projets et actions concrètes que nous parviendrons à garder confiance dans la mondialisation.

Quels sont vos centres d’intérêts concernant l’initiative chinoise ?

J’ai en ce qui me concerne deux centres d’intérêts principaux. Le premier est bien sûr le développement des infrastructures, parce qu’il y a du côté français un savoir-faire, une expérience, des technologies, des entreprises qui ont énormément avancé et travaillé dans ce domaine, en particulier dans tout ce qui touche aux transports, au développement urbain, à l’environnement, aux secteurs de l’eau et de l’électricité.

Parallèlement, il y a l’ensemble du développement culturel. Je crois qu’il nous faut penser différemment le rôle et l’importance des échanges culturels, des développements humains. J’attache aussi beaucoup d’importance à tout ce qui touche aux échanges dans le domaine stratégique. Nous devons développer des centres de réflexion, nous permettant de mieux penser l’avenir. Je me réjouis de voir en Chine à travers différentes initiatives, à travers des prises de position d’universités, se développer un réseau de think-tanks en liaison avec l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, [ces régions-là] peuvent constituer un maillage très positif pour rechercher de nouvelles options, solutions et stratégies.

15 mai 2017, Quotidien du Peuple

1024 681 Dominique de Villepin

World needs G3 for better co-op among top three economies

 – Lors d’une interview en anglais pour China Daily, Dominique de Villepin propose d’approfondir la coopération entre les principaux acteurs économiques du monde –

 

Could you share your view on the infrastructure credit rating methodology to be launched this time?

I think that it’s a very innovative approach that Dagong has initiated with this new methodology. For the first time, we’re going to have new tools allowing us to appreciate the quality of the different investment in infrastructures, the quality of financial project and the quality of companies. It will allow to guide capital flows towards the best projects. This is something very new and adapted to the challenges. Many infrastructure projects will be implemented all along the One Belt One Road in Asia, South East Asia, Central Asia and Caucasus in the coming years. For the first time, the new rating methodology promoted by Dagong in a more comprehensive way with the help of new technologies will give access to relevant and multidimensional criteria to evaluate precisely all different risks.

Among all the issues to be discussed in this year’s G20 Summit in Hangzhou, which topic do you care most about?

The most important issue is to build new tools in order to ensure the financial stability. This requires to innovate and to create new instruments. That’s why I really believe we need a new financial system.

First, a better cooperation has become necessary between the three main world currencies: the dollar, the euro and the yuan. I do believe that we need a G3 as a new institutional way to improve cooperation among the three main economic regimes. This G3 will be a strong cooperative architecture organized at governments and Central Banks levels to respond to major crisis situation and to coordinate monetary policies.

Second we need a new tool to assess risk, and that’s why I think we need a more balanced credit rating system. As a matter of fact, the existing system dominated by the US Big Three is not only unfair, but inefficient as we witnessed during the 2008 crisis. Because of its development, Asia needs its own credit rating system to support a more stable financial order.The question is: how can we create new capacities and express innovative ideas that help us to address the challenges of the global economy. The world economy is in a new situation, the growth is slowing down all around Eurasia, in Europe, in China, in Russia. That’s why we have to search for new engines for growth. Of course One Belt and One Road is giving us a very strong perspective, opening towards stability and prosperity. But for that, it is crucial to make it a shared project. The AIIB is an emblematic example of this approach, with 57 members and its concrete work to foster infrastructure development in Asia. We have to be innovative, creative, if we want to address the current situation of world economy.

What suggestions would you offer to foster co-financing among relative parties for the global infrastructure connectivity alliance initiative?

I think the most important challenge is to use all the different institutions to create synergy and share expertise, the former ones like the World Bank, the IMF as well as the new ones like Asian Infrastructure Investment Bank, like the New Development Bank, in order to achieve a fairer and more multilateral cooperation. There should be a very coherent strategy between the different institutions to push forward the capacity of financial economic community to build up new projects. The growth of the world is lacking of some new innovative project. We need to have initiative of this kind, which is going to be, of course, strong impulse for better growth. There is a need to increase cooperation between private and public financial actors from different countries to develop platforms of co-financing.

How can they attract more private capital and social capital for the initiative? And also, if it’s appropriate, could you introduce the experience and operation situation of PPP (Public-Private-Partnership) in European countries that China could learn from?

The key of PPP is to achieve the best cooperation between private and public capital as well as between public and private expertise. We have seen it growing recently, especially in France, and we should now take the lessons from the promising experiences of this tool. Public capital is needed in order to give the first input and private capital is needed as well. We are in a time of huge liquidities but without being able to direct them towards the real economy, towards the best projects and towards the best possible services for the population. It is all about creating a secure environment for investors and to build up confidence for all the actors.

The project of Dagong today, which is a new methodology for infrastructure, will create more trust through a better assessment of the risk. Because there’s more guarantee that money we have would have good return. So now we have to change the situation in creating trust, by the stronger involvement of countries, and by supporting big projects like One Belt and One Road which are going to show that when we choose carefully about the project, we may have a high return on investment, and of course with support of financial institutions.

How do policymakers in France value the AIIB’s prospect and future?

France is highly committed to the success of the One Belt One Road initiative. Indeed, France has been one of the first countries to join the AIIB and has always been involved in multilateral institutions promoting dialogue and stability.

I believe that AIIB has a very important position and responsibility. AIIB, has attracted a high number of members: more than 50 countries have decided to take part in the Bank. Chairman Jin Liqun has done really a great job in giving credibility to this bank. AIIB is setting very high standards promoting a project management that is lean, clean and green as Chairman Ji Liqun puts it.

So I really think that this bank, which is in the process of selecting some projects, as we see in right now, in India, Pakistan and some other countries, will be able to build up its credibility through ambitious projects and sustainable methods.

Structural reform has been a heated issue in this year’s G20 Summit. Currently western countries are also facing with a series of structural problems. Could you introduce the latest situation and progress that has been achieved by European countries?

Structural reforms are key to tackle the challenges of the changes in globalization that have appeared since the crisis of 2008. We need to find a sustainable path for public debts and deficits and to define new motors for growth. We need to help the economy invest, innovate, create jobs. For this, it is necessary to modernize and adapt institutions. In Europe, we have still a lot of work to do to find a right balance between, on the one hand, the necessity of controlling debts and deficits and, on the other hand, the need to stimulate the economy in a time of rising risks where we face the threat of a deflationist spiral.

As you pointed out in a previous speech at this year’s Boao Forum, China and Europe both need pay attention to some bottlenecks when changing the mode of growth. What factors would you pay special attention to through China’s structural reform? How should China achieve balance between economic growth and the process of reform?

China is going through a major historical transition, from an export-driven manufacturing model to a model based on domestic-consumption and services economy. It’s a change European countries have had to go through in the 1970’s and 1980’s. And of course it creates difficulties and unbalances that we are witnessing today. But I think we see also positive signs showing that China is on the right track. Services are growing fast and urban equipments are growing. Innovation is booming in airspace, supercalculators, superconductors, genomics. China has a huge asset compared to other economies, in this transition, it has the biggest domestic market in the world. Of course, managing this change will need taking the lessons of what countries in Europe for example have gone through, by accompanying the social impact of the industrial overcapacities in the heavy industry, for example the steel industry, and creating a social safety net. It will mean modernizing the credit system and the capital markets for more efficiency It will mean adapting the SOEs to the world competition. This will also mean gradual and progressive reforms, as has been explained by Prime Minister Li Keqiang in Boao. The new five year plan is a positive sign of the sustainable development path of China.

13 avril 2016, China Daily 

1024 573 Dominique de Villepin

Faisons le pari de la nouvelle route de la soie

 – Dans une tribune publiée par Les Echos, Dominique de Villepin expose sa vision du projet de la Nouvelle Route de la Soie –

 

La mondialisation change de forme et de centre de gravité et c’est à peine si nous nous en rendons compte, enfermés dans nos débats internes français et européens, engoncés dans une pensée de la mondialisation occidentale et libérale, emprisonnés par des outils financiers et économiques d’un autre temps.

Un projet symbolise ce basculement, c’est celui de la nouvelle route de la soie, dont la présidence de Xi Jinping a fait une priorité économique et diplomatique de la Chine.

Ce récit collectif rappelle l’âge d’or des Tang, tout en offrant un cadre souple pour répondre aux défis majeurs du pays : l’internationalisation de son économie et le renforcement du rôle mondial de sa monnaie dans les échanges mondiaux, le rééquilibrage du développement au profit des provinces de l’intérieur et de la consommation des ménages, la coopération internationale pour résoudre les tensions islamistes parmi les Ouïghours du Xinjiang.

Mais c’est aussi un nouveau récit collectif pour le monde, en panne de projet commun depuis la fin de la guerre froide et l’échec de la démocratisation libérale à marche forcée. Il s’agit de combler le vide, humain, politique et économique, qui sépare les deux pôles de prospérité du Vieux Monde, Europe et Asie orientale, ainsi que le Moyen-Orient riche en ressources énergétiques, voire plus loin l’Afrique, à travers de nombreux projets d’infrastructures, portuaires, ferroviaires, autoroutières, mais aussi financières et de communication. La France a trois bonnes raisons de s’y intéresser.

C’est une vision économique qui transpose la planification à la chinoise à la coopération économique internationale. Dans un monde financier volatil et instable, il est urgent de prendre en main les projets de long terme, à travers de nouveaux outils multilatéraux, à l’image du Fonds asiatique et à travers une nouvelle évaluation du risque des projets. Les Chinois souhaitent des partenariats entre groupes européens et chinois pour conquérir des parts de marché le long de cette route, pour créer des synergies dans les capacités technologiques, administratives et commerciales. C’est une chance pour l’Europe dans les projets de transports et les services urbains, où la France est en pointe (eau potable, électricité, éclairage, hôtels), ainsi que pour des partenariats communs à destination de pays tiers, africains par exemple. L’Europe prendrait la mesure de ce défi en s’efforçant d’articuler le plan Juncker d’investissement de 300 milliards d’euros à une feuille de route définie en commun autour du thème de la route de la soie.

C’est une vision politique qui lutte contre la propagation de l’islamisme du Moyen-Orient au nord du Caucase jusqu’à l’Asie centrale par le développement. C’est également un outil pour articuler la relation nouvelle entre la Chine et la Russie, à l’heure du mégacontrat gazier de 400 milliards de dollars et de nombreux projets communs, notamment en Sibérie. Se tourner vers l’ouest, c’est se donner le choix de sa politique, éviter le face-à-face avec les Etats-Unis et contourner l’endiguement par le « collier de perles ».

Troisième raison, c’est une matrice pour un nouveau multilatéralisme. D’une part, il s’agit de créer de nouvelles institutions multilatérales à projet, qui seront jugées sur leurs résultats. D’autre part, c’est l’occasion d’ouvrir des cercles existants, comme l’Organisation de coopération de Shanghai, à des pays européens pour renouveler le dialogue. Cela peut permettre aussi de trouver des cadres de discussion et de projets plus souples entre l’Europe et la Russie, notamment pour trouver les 30 milliards nécessaires à la stabilisation de l’Ukraine.

Ce fil entre Est et Ouest reste à saisir. Ce sera faire de la politique autrement, par la force des projets économiques, en donnant un cap à nos entreprises. C’est une tâche qui doit mobiliser l’Union européenne, les Etats, mais aussi les collectivités locales, les chambres de commerce, les entreprises, sans oublier les universités et les think tanks.

27 février 2015, Les Echos

1024 738 Dominique de Villepin

Pourquoi faut-il réformer les agences de notation

– Dans une tribune publiée par The Huffington Post, Dominique de Villepin insiste sur la nécessité d’une réforme des agences de notation financière –

Le monde des agences de notations est à un moment décisif de son existence. Dans un récent rapport, l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) a de nouveau souligné les failles importantes des agences de notation d’avant la crise économique. Les notations financières des trois grandes agences -Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s- sont fréquemment critiquées à cause de leurs conflits d’intérêts potentiels, de leur manque de confidentialité et de leur piètre qualité.

Parallèlement, de nombreuses institutions de Chine et de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est, d’Inde et d’Afrique ont souligné la nécessité de créer un nouveau modèle qui brosserait un portrait plus fidèle de l’économie mondiale. Tout cela met en lumière la nécessité d’une réforme dans ce secteur, car ce n’est rien de moins que la croissance mondiale dans son ensemble qui est en jeu. Il y a deux raisons à cela; l’une concerne le passé, l’autre concerne l’avenir.

La raison concernant le passé est simple: la crise de 2007-2008 nous a clairement démontré l’ampleur de l’impact qu’une mauvaise notation financière peut avoir. Les agences de notation ne sont pas à l’origine de la crise, mais elles en ont sans contredit été les catalyseurs. Elles ont ralenti la prise de conscience des dangers à venir avant la crise en sous-évaluant les risques sur les marchés financiers et leurs produits dérivés. Une fois la crise en place, les agences ont précipité la chute d’entreprises et d’États en les déclassant rapidement, ce qui a entraîné une surévaluation du risque.

En résumé, les agences de notation ont fait exactement le contraire de ce qu’elles sont censées faire, et si nous désirons un monde financier plus stable, nous devons procéder à une réforme de la notation financière. Les solutions sont simples et à portée de main: là où, de nos jours, on retrouve des idéologies et des monopoles, nous devrons les remplacer par le pluralisme et l’objectivité. La deuxième raison concerne l’avenir de l’économie mondiale. Nous entrons dans l’ère d’une économie globale plus complexe et plus diversifiée dans laquelle l’évaluation du risk sera encore plus cruciale à la croissance et à la stabilité qu’elle l’est aujourd’hui.

Le système de notation financière en place a été adapté aux économies occidentales ou à tout le moins dominées par l’Occident, mais la montée des économies des pays en émergence a changé la donne. Le grave déséquilibre du crédit à travers le monde où toutes les liquidités se trouvent dans les pays émergents, qu’on pense à la balance commerciale positive de la Chine, aux ressources naturelles de la Russie, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient, tandis que toutes les dettes -privées, des entreprises et souveraines- se trouvent en Occident, en plus du monopole occidental sur l’évaluation du risk rend la situation non seulement injuste, mais terriblement périlleuse.

13 décembre 2013, Huffington Post

1024 770 Dominique de Villepin

Controlling Risk in a World of Risks

– Dans une tribune en anglais publiée par The Huffington Post, Dominique de Villepin insiste sur la nécessité d’une réforme des agences de notation financière –

The ratings business is at a crossroads. The recent report of the European Securities and Markets Authority (ESMA) has once again pointed to the major defects of the pre-crisis rating organization. The ratings of the Big Three rating agencies, Moody’s, Fitch and Standard& Poor’s are criticized for their potential conflicts of interest, for their lack of confidentiality and for their poor quality. At the same moment, many institutions, in China and the ASEAN region, in India as well as in Africa, raise the question of the necessity to create a new model that could give a better picture of the world economy. These questions are sound reminders of the necessity to reform this sector, because in fact world growth is at stake.

There are two reasons to this. One is the past, the other is the future.

The first reason is the lesson of the past, because the 2007-2008 crisis has taught us the massive impact wrong ratings could have. The rating agencies are not the cause of the crisis, but they have undoubtedly catalyzed it. They have slowed down the awareness of the dangers before the crisis, through underevaluation of the risks on the financial market and the derivate products.

They have accelerated the defaults of companies and states after the breakout of the crisis through rapid downgrading that led in fact to an overevaluation of risk. In a nutshell, they have done exactly the contrary of what they are designed to do. And if we want more stability in finance, we need a reform of credit rating. The solutions are at hand, they are pluralism, objectivity where today we have ideology and monopoly.

The second reason is the future of the world economy. We are entering a more complex, a more diverse, a more global economy in which information and risk assessment will be even more the key of growth and stability as they are today. The existing credit rating system was adapted to an economy of the West or at least dominated by the West. The rise of the emerging countries has changed the game. With the massive unbalance of credit in the world, with all the liquidities in the emerging world, in China with the trade balance surplus, in Russia, Latin America or the Middle East with the mineral resources and all the debts – private, corporate and sovereign- in the Western countries, the monopoly of the West in risk assessment is not only unfair, it’s terribly perilous.

What will be the future of globalization? Let’s face it, it will be a struggle for long term capital on the world scale, because the emerging markets are no more only export-oriented factories but are becoming fast growing domestic markets. They will need more and more infrastructures for urban development, housing, communications and this means massive investments. At the same time, new emerging economies will appear, with their own needs. In the coming decades, Africa will need around a trillion dollars in infrastructure investments for example. But African companies are barely rated now. Africa is still considered in the West as a black hole of risk, when there are methods, there are criteria, there are precedents that can be used to evaluate sovereign and corporate risks on the continent. But for this strong local credit rating agencies, in Western Africa for example, would be needed.

In this struggle, risk assessment will become strategic and to guarantee stability, we have only one choice, diversity. We need a choice in risk assessment. It’s not about replacing the monopoly of the Big Three by a new monopoly. It’s about new voices. And there are several promising projects today in this exciting sector.

In this new world of risk, risk assessment will be even more than they already are a major public good, as important as the freedom of communications, as the security of the seas, as the stability of climate. That’s why we need public and private actions to reform the system.

We need public reforms and this means a new regulatory environment. An exemplary work has been done on this matter by the European Union since 2008, with three different laws, probably because the States of the Union have been major victims of erratic ratings in the past. Since last June, the new regulation is enforced and creates the conditions of a more precise, more objective and more ethical rating. It has promotes confidentiality. It avoids many situations of conflicts of interests, by regulating the simultaneous shareholding of rating and rated companies. It develops legal responsibility in rating, which is crucial and it creates the conditions of diversity by promoting a double rating, one of the two originating from a small agency.

This leads the way but isn’t enough we need worldwide reform, and the G20 hasn’t been at the level of expectations on this issue. In fact, this raises the question of worldwide economic governance as a whole. We need global regulations and global criteria to evaluate the work of Credit Rating Agencies, but also to regulate the banking system. For this we need an economic Security Council of the United Nations, that would directly control the Bretton Woods Institutions. We also need the World Bank to give the impetus to changes in risk assessment by promoting a cultural diversity of ratings.

We also need private changes, because innovation is best bourne by new private entities that put all their energy in a new competition. What should a useful, innovative and solid rating agency be? I think some aspects of a new methodology can be pinpointed.

First, it should provide a “glocal” view on an economy that is becoming at the same time increasingly global and increasingly local.

Secondly, it should provide a contracyclical measure of risk, being more conservative in times of rising tides and more flexible in times of falling tides. In my view, this is a key responsibility for risk assessment, because it’s not the role of rating agencies to promote speculation or to provoke the burst of these bubbles.

Thirdly, it should lead the way and give a good picture of the future. This means giving the public information about sovereign debts, but also about key sectors of the future and working hard on adapting its rating methods to sectors with a bright future, IT sector, energy sector, infrastructure projects.

Now is the time for a new globalization, that can be either multipolar, based on fair development, stability and innovation or confrontational, based on privileges, speculation and inequities. This means making choices and changes in many sectors: let’s begin with credit rating.

12 décembre 2013, Huffington Post

150 150 Dominique de Villepin

The world needs new, non-US-centric rating agency

– Tribune parue dans le South China Morning Post – 

The Big Three rating agencies have largely failed in their ability to appropriately assess risk worldwide.

The consequences of this failure stem from their having a predominantly US-centric perspective of the global economy.

But a new financial order is in the making, one in which the West is now losing its privileges.

The United States acquired its power after the second world war by becoming a net creditor internationally. It was able to dominate the old European powers, impoverished by successive wars.

The first of these privileges has been the control of currency.

When the US abandoned the gold standard, the US dollar became the world’s de facto means of exchange. Those with the power to decide the value of the dollar have taken full advantage of it – and have used its global ubiquity to fund the accumulation of vast amounts of debt.

The US is now the world’s largest debtor and its citizens the world’s consumers of last resort.

The West’s second historical privilege has been its control of the rules in financial markets, despite often reckless deregulation.

It is much easier to win a game when you are deciding the rules. It is even easier if you can change the rules during the game and according to your needs.

The Opium Wars, the break-up of China, the British Raj and the continent of Africa torn between European countries in the late 1800s are all good examples of historical privilege taken to excess.

The third privilege has been risk.

The West invented risk and controls risk. It decides what is risky and what is not. To a large extent, it has also been the sole arbiter of where money should go and where it should not.

Funds have, in fact, been directed towards projects in the West by undervaluing the risk of default there and then exaggerating those same risks in places such as China, India, Brazil and elsewhere.

There is a reason for this.

With about 95 per cent of all credit ratings under their control, the three major agencies are not only concentrated in the US, but also imposing an unrealistic template – culturally and ideologically – on the rest of the world.

But the world has changed in many respects.

The US and Europe are net debtors and the Asia-Pacific a net creditor. More than ever, we need to find a new imperative for responsible financial governance.

For the West, this means putting its fiscal house in order. For emerging economies, it means creating new tools to both shape and legitimise decision-making.

The illumination of information is essential and credit ratings bring invaluable perspectives about where money is being lent and what the chances are of it being paid back on time and in full. Investors do not like to work in the dark. But who can they trust? Those who say we have to live without light? Or those who say: « Why don’t we light a lamp somewhere and take a closer look? »

This pressing need to provide the market with more competition where investors require it is precisely the reason to create a new global credit ratings agency in Asia, with new and innovative tools, including broader and more finely nuanced ratings criteria designed to be more rigorous and more detailed than those offered by the Big Three.

Despite the failings of the incumbents, rating agencies play an essential role in the world’s financial architecture. The more credit assessment there is, the greater the transparency, depth and liquidity of capital markets.

And that is especially true in regions of the world where the development of new industries and infrastructure projects are most needed and their funding and risk assessment required.

Let the Big Three continue to offer their largely US-centric view of the world. But give investors the freedom to seek other opinions: to increase transparency, to provide a counter-point to Wall Street prejudices, and to create a new dimension in the constant search for capital allocation.

In summary, the financial crisis has marked the beginning of a worldwide revolution that will ultimately see the end of unwarranted economic privilege.

28 octobre 2013, South China Morning Post

150 150 Dominique de Villepin

Un projet de devoir

Retrouvez ci-dessous les 30 grandes mesures que Dominique de Villepin propose aux Français dans le cadre de son projet de devoir, pour relever la France.

L’EFFORT, UN DEVOIR POUR RELEVER LA FRANCE

1- La semaine de 37h pour produire plus de richesses
– 37 heures de travail par semaine au lieu de 35, c’est l’équivalent de 100.000 emplois dans la fonction publique pour des services publics plus efficaces et moins coûteux
– 37 heures de travail par semaine payées au taux normal, ce sont 10 milliards d’euros d’économies pour l’Etat sur les exonérations de charges liées aux 35 heures, employés à la réduction de la dette publique.

2- Payer plus d’impôts pour résorber notre dette
– Etablissement effectif d’un taux d’impôt sur les sociétés égal à celui des PME pour toutes les grandes entreprises via la suppression des différentes niches et autres avantages qui leur permettaient jusqu’ici de ne payer que 8% d’impôt sur leurs bénéfices.
– Fusion de tous les impôts directs sur les personnes physiques (impôt sur le revenu, CSG, CRDS, impôt de solidarité sur la fortune) pour plus de clarté et de contrôle par les contribuables.
– Imposition similaire, via le nouvel impôt citoyen et unique, des revenus du capital et des revenus du travail, pour cesser de privilégier les premiers par rapport aux seconds.
– Instauration d’une nouvelle tranche d’imposition à 60% pour les foyers dont les revenus dépassent 1 million d’euros par an.

3- Revenir à l’équilibre budgétaire en 2017
– 60 milliards d’euros d’économies pour revenir à l’équilibre budgétaire.
– 40 milliards de recettes fiscales nouvelles pour revenir à l’équilibre.

LE RASSEMBLEMENT

4- Un gouvernement d’union nationale pour surmonter la crise
– Le prochain Premier ministre sera chargé de constituer un gouvernement d’union nationale réunissant les membres les plus compétents de l’ensemble des formations politiques et des personnalités reconnues venues de la société civile.

5- La cogestion pour favoriser l’union des forces sociales
– Un tiers des sièges des conseils d’administration et des conseils de surveillance des entreprises de plus de 250 salariés devront être détenus par des représentants des salariés.

6- Un effort de redressement national partagé en trois tiers
– Les ménages les plus aisés verront leur niveau d’imposition alourdi, au travers notamment d’une nouvelle tranche d’impôt direct fixée à 60% au-delà d’un million d’euros de revenus annuels, mais aussi à travers la réduction des niches fiscales.
– Les grandes entreprises et les banques paieront une surcote temporaire à l’impôt sur les sociétés à hauteur de 4 milliards d’euros.
– Les Français contribueront tous à l’impôt citoyen, même symboliquement.

7- Renouveler la démocratie, à tous les niveaux
– Consultation du peuple français par référendum sur les grands enjeux du quinquennat à venir : réforme des institutions, énergie et environnement, fiscalité.
– Développement et facilitation des référendums d’initiative populaire.
– Extension de conseils de quartier élus au suffrage universel direct pour favoriser le dialogue avec l’Etat, la bonne prise en compte des besoins et spécificités de chaque quartier, le bon fonctionnement des maisons de service public.
– Instauration d’une dose de proportionnelle aux élections législatives pour que tous les courants politiques soient représentés à l’Assemblée nationale.

SOLIDARITE, JUSTICE SOCIALE & ECOLE

8- Revenir à des écarts de salaires décents
– Lancement de négociations entre les partenaires sociaux visant à déterminer les écarts de salaire acceptables au sein de chaque entreprise.
– En cas d’échec des négociations, un projet de loi encadrant les écarts de salaires sera déposé au Parlement.

9- Faciliter l’accès de tous aux services publics essentiels
– Création de Maisons de Services Publics pour favoriser l’accès aux services essentiels dans les quartiers ou zones rurales aujourd’hui laissés pour compte.
– Dans les quartiers et zones où le taux de chômage est particulièrement élevé, déploiement d’antennes d’une Agence Nationale de Développement Economique qui stimulera l’activité économique et la création d’emplois, notamment au niveau des PME.

10- Garantir l’accès au logement
– Création d’un Service Public du Logement piloté par une Agence Nationale du Logement.
– Encadrement par contrat des loyers au moyen de l’incitation fiscale et de l’apport de garanties publiques aux bailleurs, prioritairement dans les zones où l’accès au logement est le plus difficile.
– Accélération de la construction de logements neufs, notamment d’un parc locatif social privé.

11- Assurer l’accessibilité des services de soins
– Restructuration des hôpitaux publics, au niveau de 8 à 10 Agences Régionales de Santé, pour en faire des structures territoriales polyvalentes assurant les soins de proximité et d’excellence.
– Création de Maisons de Santé ou de Dispensaires, adossés aux pharmacies, pour assurer la présence des personnels soignants dans tous les quartiers et villages.

12- Pour une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans
– L’âge de début de la scolarité obligatoire sera abaissé de 6 à 3 ans.
– L’âge de fin de la formation obligatoire sera fixé à 18 ans.

13- Permettre le vivre ensemble via une Ecole du Socle
– Mise en cohérence des parcours entre les écoles primaires (classes de maternelle et d’élémentaire) et les collèges afin d’aboutir à une véritable Ecole du Socle avec une diversification plus progressive des matières enseignées.
– Concentration des objectifs et programmes de l’Ecole du Socle sur les savoirs fondamentaux (français, mathématiques, histoire, langues étrangères), la culture générale et civique, les activités artistiques et sportives.
– Réforme des rythmes scolaires annuels et hebdomadaires pour une répartition des activités plus conforme aux rythmes de l’enfant.

14- Permettre à chacun de trouver sa place dans la société via une Ecole de la Détermination
– Valorisation des filières d’enseignement professionnel et technologique aux côtés des filières générales, ainsi que de l’apprentissage et de l’alternance.
– Réforme de l’orientation au sein de groupements d’établissements offrant, dans un même bassin scolaire, l’ensemble des formations.
– Maintien dans les deux premières années d’un tronc commun fort pour faciliter les passerelles entre les filières.

15- Faire de l’école le creuset de la justice sociale
– Instauration d’un droit personnalisé pour les élèves défavorisés en remplacement des zonages actuels (ZEP), qui déterminera l’effectif de leur classe et les moyens de leur établissement, l’accès à des dispositifs de soutien personnalisé et l’accès à certaines activités extra-scolaires.
– Mesures statutaires (avancement de carrière) et financières (rémunération) incitant les enseignants à prendre des postes auprès des élèves en difficulté et conserver ces postes dans la durée par l’accès après 15 ans de carrière à un corps d’enseignants-conseils chargés notamment de l’encadrement pédagogique.
– Ouverture de places réservées aux 5% de meilleurs bacheliers de chaque établissement dans les filières sélectives (classes préparatoires aux grandes écoles, BTS, IUT).

16- Fusionner grandes écoles et universités
– Création de grandes universités polyvalentes, intégrant grandes écoles, enseignements et recherche de niveau mondial, mais aussi enseignement et formation professionnelle de proximité.
– Intégration des Classes préparatoires aux grandes écoles au sein des parcours universitaire de licence.
– Amélioration de l’association des pôles universitaires régionaux aux grands pôles de compétitivité à dimension internationale pour accroître les liens entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

REFONDATION POLITIQUE

17- Des pouvoirs moins dispersés : 10 ministres, 400 députés, 200 sénateurs
– Nomination d’un gouvernement de 10 ministres aux responsabilités claires.
– Nomination de hauts fonctionnaires compétents et respectés par leur administration aux postes de secrétaires d’Etat.
– Réduction des sièges à l’Assemblée nationale, de 577 à 400.
– Réduction des sièges au Sénat, de 348 à 200.
– Interdiction stricte de tout cumul de la fonction de ministre ou du mandat de parlementaire avec un mandat exécutif local

18- Rendre la justice indépendante par son statut et ses moyens
– Création d’un Procureur Général de la Nation qui sera le plus haut magistrat du parquet, rompant ainsi le lien de dépendance entre les magistrats et le ministre de la Justice, investi aux 3/5e par le Congrès pour sept ans et chargé de la nomination et de l’avancement des procureurs.
– Développement des procédures infra-judiciaires de type médiation ou « plaider-coupable » pour désengorger les tribunaux.

19- Veiller à l’indépendance des médias
– Interdiction légale de détention d’entreprises audiovisuelles ou de presse par des entreprises dont une partie significative du chiffre d’affaires dépend de la commande ou de la régulation publiques.

20- Donner aux régions françaises une taille critique
– Réduction de 22 à 8 du nombre de régions métropolitaines.
– Election du président de région au suffrage universel direct.
– Création d’un Conseil Territorial qui permettra d’associer les régions françaises aux grandes décisions portant sur la stratégie industrielle et économique du pays.

21- Pour lutter contre l’insécurité : une police nationale et une police territoriale
– Recentrage de la police nationale sur deux missions essentielles : maintien de l’ordre et enquêtes judiciaires.
– Création d’une police territoriale assumant les missions de police administrative ainsi qu’une présence de proximité, de prévention et d’interpellation, au coeur de tous les territoires et quartiers.
– La police territoriale sera placée sous l’autorité des maires, mais son recrutement sera national afin d’offrir à ses policiers une formation reconnue, un statut clair et une égale présence sur le territoire.

22- Relancer la construction européenne
– Création d’un haut conseil franco-allemand permanent pour favoriser la coordination des politiques fiscales, économiques et sociales.
– Ouverture d’un nouveau cycle de négociations institutionnelles visant à favoriser la croissance et l’emploi au niveau européen ainsi qu’à obtenir l’élection du président du Conseil européen au suffrage universel direct.

REFONDATION ECONOMIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

23- Baisser de manière significative le coût du travail
– Baisse de 60 milliards du volume des cotisations sociales (patronales et salariales).
– Encadrement des négociations visant à décider de l’emploi des baisses de charge, entre un impératif de compétitivité pour les entreprises et un impératif de hausse des salaires, notamment des plus petits.
– Augmentation du taux de TVA de 2,5 points, en complément de la hausse de la CSG et de l’Impôt sur les sociétés.

24- Jeter les bases d’une véritable stratégie industrielle mêlant les échelons nationaux et locaux : création d’un Conseil National Stratégique
– Création d’un Conseil National Stratégique auprès du Président de la République et réunissant les représentants de l’ensemble des acteurs économiques (entrepreneurs, banques, pouvoirs publics), politiques (Commissions compétentes de l’Assemblée Nationale et du Sénat) et sociaux (Syndicats et organisations patronales).
– Nomination d’un entrepreneur reconnu à la tête du CNS pour symboliser la stratégie de redressement national par le dynamisme économique et entrepreneurial.

25- Développer nos PME à travers des filières d’excellence pour une qualité à la française
– Analyse et sélection des filières d’excellence industrielle par le Conseil National Stratégique (notamment autour du numérique, de l’aéronautique, de l’énergie, de l’automobile).
– Effort de R&D industrielle, public et privé, afin d’aider les PME françaises à monter en gamme et à gagner des parts de marché à l’export.
– Regroupement et renforcement des pôles de compétitivité afin de retrouver leur dimension internationale.
– Réforme de la gouvernance des pôles de compétitivité afin de donner plus de pouvoirs aux dirigeants de PME et de grandes entreprises, en lien avec les représentants du monde universitaires, des régions et de l’Etat.
– Relance de l’investissement en faveur des TPE et PME d’Outre-Mer afin de les aider à compenser leur handicaps structurels (insularité, difficultés de transport, aléas climatiques).

26- Amener les banques à contribuer positivement à l’économie française
– Création par loi cadre d’un service public bancaire assurant le suivi des directives et règles devant être suivies par les banques pour le financement de l’économie française, notamment des PME.
– Création du « 1% PME », soit l’allocation d’un pourcent de l’encours des produits d’assurance vie au financement de projets portés par des PME dans le cadre de filières d’excellence.
– Définition et mise en oeuvre, par le service public bancaire, d’un cadre d’accès universel aux banques pour tous les citoyens.

27- En finir avec le gaspillage et restaurer notre cadre de vie
– Instauration d’une TVA Emploi, Environnement, Exportations favorisant les produits surs et économes.
– Grenelle de l’énergie devant évoquer l’ensemble des questions énergétiques françaises et notamment la part du nucléaire dans la production électrique. Adoption par référendum de la politique énergétique de la France à l’issue de ce Grenelle de l’énergie, qui pourra être notamment la perspective de réduction de l’énergie nucléaire dans notre mix énergétique, à hauteur de 50% à l’horizon des prochaines décennies.
– Elaboration d’une fiscalité incitative pour les entreprises via une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de critères liés à l’emploi et au respect de l’environnement.
– Réforme des autorités de veille sanitaire et alimentaire afin de renforcer leur indépendance et de leur permettre ainsi de mieux jouer leur rôle de conseil et d’alerte auprès des pouvoirs publics sur tous les enjeux sanitaires et alimentaires (médicaments, OGM, etc.).
– Elaboration et mise en application d’une charte des paysages et des centres villes pour préserver voire restaurer l’identité de nos territoires, de nos terroirs, de notre culture.

REFONDATION DU LIEN SOCIAL

28- Recréer du lien via le service citoyen
– Instauration d’un service citoyen obligatoire pour les jeunes, fractionnable en périodes de trois mois minimum.
– Le service citoyen pourra être effectué auprès d’associations reconnues d’intérêt public ou d’aides aux personnes, auprès d’entreprises de l’économie solidaire et sociale, au sein de l’Etat (hôpitaux, armée, éducation nationale).
– Ouverture progressive du service citoyen, sur une base volontaire, à l’ensemble des citoyens désireux de consacrer quelques mois de leur vie à l’intérêt général et aux autres.

29- Un revenu citoyen en contrepartie d’une activité d’intérêt général
– Fusion-suppression des allocations et pensions existantes pour aboutir à terme à une allocation unique.
– Ouverture, dans un premier temps, du revenu citoyen de 850 euros aux personnes âgées et personnes handicapées.
– Création d’un million de contrats citoyens destinés aux chômeurs en fin de droits et aux allocataires de minima sociaux. Ces contrats leur permettront de toucher le revenu citoyen en contrepartie d’un service citoyen obligatoire, au service de l’intérêt général, à hauteur de 20 heures par semaine.
– Dans le cadre du service public bancaire, conversion du revenu citoyen en prêts bonifiés aux jeunes porteurs de projets d’intérêt général. Ces prêts seront remboursables dans le cadre de l’impôt citoyen.

30- Assumer ses devoirs civiques et citoyens
– Instauration du vote obligatoire pour tous les citoyens français majeurs, à l’ensemble des élections locales et nationales.
– Prise en compte du vote blanc parmi les suffrages exprimés.