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1024 682 Dominique de Villepin

Rien ne serait pire qu’un retour à la junte en Birmanie

Invité de Guillaume Erner sur France Culture, Dominique de Villepin s’est exprimé sur les idées qu’il souhaiterait voir défendre par la France à  l’Assemblée générale des Nations Unies. Il a également été interrogé sur la difficulté de la communauté internationale à faire face à la crise des Rohingyas en Birmanie.

 

1024 458 Dominique de Villepin

L’Assemblée générale des Nations Unies, un enjeu de taille

Invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI, Dominique de Villepin est revenu sur l’importance de l’Assemblée générale des Nations Unies et des discours qui y seront prononcés par Emmanuel Macron mais aussi Donald Trump et Antonio Guterres. Il s’est également prononcé sur la possibilité d’un retour de la France sur le devant de la scène internationale.

 

900 762 Dominique de Villepin

Pourquoi la diplomatie semble-t-elle aujourd’hui si impuissante?

Invité de Chantal Lorho pour l’émission « Géopolitique, le débat », Dominique de Villepin s’est exprimé sur les divers conflits en cours, et sur la place de la diplomatie face à la politique du fait accompli, notamment menée par les régimes autoritaires. Il a appelé à davantage faire preuve d’initiative afin que la diplomatie et la politique puissent offrir des perspectives d’avenir aux peuples qui se détournent de la démocratie

1024 325 Dominique de Villepin

Peut-on réformer l’ONU ?

Invité de Nora Hamadi sur Public Sénat, Dominique de Villepin et Jean Ziegler ont échangé sur l’efficacité de l’ONU et sur la capacité de la communauté internationale à la reconstruire et la réformer


678 1024 Dominique de Villepin

Mémoire de Paix pour Temps de Guerre

« Depuis quinze ans, le monde semble emporté dans une folle course à la guerre. Le Moyen Orient est pris dans une spirale suicidaire sans fin, le terrorisme international nous défie, de grands empires entrent en confrontation.

Le virus de la guerre est en nous, rendu plus agressif par les peurs, les humiliations et les colères. La crispation des nations occidentales sur leurs privilèges et sur une vision du monde dépassée ne peut qu’aggraver les maux.

Toute ma vie durant, j’ai voulu mettre le travail de la paix au cœur de mon action. En 2003, auprès de Jacques Chirac, j’ai mené le combat de la paix à l’ONU contre l’intervention américaine en Irak, conscient des dangers de la vision néoconservatrice du monde.

Nous devons apprendre à regarder le monde et à en comprendre les métamorphoses. A nous d’entendre ce qui anime aujourd’hui les peuples et les nations, en Russie, aux Etats-Unis, comme en Chine, en Turquie, en Côte d’Ivoire ou en Colombie. C’est au plus près de la réalité que nous pourrons mesurer la faillite des Etats-Nations et le jeu des revendications identitaires dans une mondialisation qui semble condamnée à l’accélération perpétuelle.

Le moment est venu de s’atteler au travail de la paix, d’ouvrir les yeux sur les blessures du monde et de nous doter des outils pour construire un nouvel ordre, stable et juste. Des solutions existent, mais elles nécessitent de la patience, de l’imagination, de la volonté. Pour contrer les épopées mensongères de la guerre, nous avons besoin d’un récit de la paix, qui constitue le grand défi, le seul héroïsme possible de notre temps, adapté à un monde fragile aux identités blessées, en mal de réconciliation.  J’ai la conviction que la France a un rôle à jouer dans ce nouveau monde, à condition de retrouver sa vocation d’initiative, de médiation et de dialogue, fidèle à son message et à son histoire. »

D. d  V.

1024 584 Dominique de Villepin

Il y a une nouvelle compétition entre les puissances internationales

Invité d’Anne-Sophie Lapix dans « C à Vous » sur France 5, Dominique de Villepin analyse le rapport de concurrence et de surenchère qui s’est établi sur la scène internationale entre les démocraties occidentales et les systèmes autoritaires

 

1024 534 Dominique de Villepin

En diplomatie, on ne choisit pas ses interlocuteurs

Invité de Laurent Ruquier dans l’émission « On n’est pas couché » le 5 novembre dernier, Dominique de Villepin y a présenté son livre Mémoire de Paix pour temps de Guerre et proposé de réviser notre emploi de l’outil militaire.

1024 660 Dominique de Villepin

La gouvernance mondiale ne fonctionne pas

Dominique de Villepin était l’invité de Patrick Cohen sur France Inter le 3 novembre dernier à l’occasion de la sortie de son livre Mémoire de Paix pour temps de Guerre

 

1024 614 Dominique de Villepin

For Greater Europe We Must Embrace People-To-People Cooperation

– Dans une tribune en anglais publiée par le Huffington Post, Dominique de Villepin et Igor Ivanov, ancien ministre des Affaires étrangères de Russie, se prononcent pour un renforcement des liens entre la Russie et l’Europe –

We can only watch with sadness the effects of the last few years brought on by confrontation. In 2003, as ministers of foreign affairs, we were at the forefront of the common initiatives between Germany, France and Russia to create a new spirit of dialogue and understanding. We saw the reunification of the European continent after 2004 as a chance to develop new and stronger ties between Europe and Russia because of their shared histories, cultures and needs. Let’s be clear: Hopes are now shattered.

The crisis in Ukraine is a common challenge for Russia and Europe because we see the terrible effects of warfare in Europe again, with over 5000 victims in Ukraine already. It is a common challenge because there are many risks to see a failing state in the middle of Europe — one in need of financial aid beyond reach either of Russia or of Europe. We need to keep on the track of diplomacy, however hard and however frustrating it can be. We must continue with the ‘Normandy format’. We must continue to work on a day-to-day basis on the Minsk II agreements. But we also need to be conscious of one truth: There will be no fast solution in Ukraine.

This is all the more dramatic as the ongoing crisis in Ukraine has raised many questions not only about the fate of the Ukrainian state, but also about the future of international cooperation mechanisms in the Euro-Atlantic space.

In the security domain, the Russia-NATO dialogue about a common security space has been stalled. Instead, NATO announced plans to deploy new military infrastructure in Central Europe. Russia, in turn, proceeded with a large-scale rearmament program.

The trade and investment between Russia and EU that looked so dynamic and promising only two years ago are clearly running out of steam. The negative impact of an unfortunate “war of sanctions” between Moscow and Brussels is not limited to specific businesses on both sides. It also undermines mutual trust, curtails long-term development projects, and casts a shadow over the bold vision of a common market stretching from Lisbon to Vladivostok.

The information media confrontation between the East and the West has reached an unprecedented scale. “Experts” on both sides make full use of the old Cold War rhetoric. Mutual suspicions, misperceptions and even outright lies become a common feature of our life, like it was 30 or 40 years ago. There is the will among some to use sanctions as a tool for regime change, repeating again the mistakes of the past and the misconceptions of the national feelings.

Under the circumstances, it is hardly surprising that both in Russia and in Europe, there is now talk about the second Cold War. The Greater Europe project, which many politicians, experts and opinion makers from many European countries have been trying to promote since mid-1980s, now looks like a fantasy completely detached from reality. Neither Russia nor Europe can afford a new “Cold War.”

Indeed, the situation in Europe today does give too many arguments to pessimists. The future of Greater Europe is unclear and murky, to say the least. The crisis in Ukraine has almost completely erased this vision from agendas of politicians and analysts in the East and the West of our continent. And those who do not want to give up on Greater Europe should review and revise their approaches in light of the Ukrainian crisis. One of the realistic, albeit ambitious, priorities today may be to promote the common European or even Euro-Atlantic humanitarian space of civil societies. Though security, economic and humanitarian social dimensions of European politics are interconnected and interdependent, it is the people-to-people dimension that should receive special attention in the times of trouble.

A key characteristic of the people-to-people cooperation is in its multifaceted, extremely diverse and complex nature. This cooperation includes a whole universe of directions and engaged actors, formats and levels, communities and networks. The “fabric” of humanitarian ties between the people might look thin and fragile, but it often proves to be much more “crisis-resistant” than security or even economic interaction.

Over the last 10 years, civil society humanitarian cooperation emerged as one of the most successful and least controversial areas of EU-Russia cooperation. Its institutional framework was set back in 2003, when Moscow and Brussels constituted the Common Space of research and education, including the cultural cooperation as well. Over last 10 years, we’ve seen thousands and thousands of innovative projects uniting students and scholars, civil society leaders and journalists, artists and intellectuals from Russia and Europe. These contacts have gone far beyond Moscow and Brussels, engaging participants from remote regions, small provincial towns and rural areas. Moreover, this kind of humanitarian cooperation has proved to be unquestionably beneficial to both sides.

The crisis in and around Ukraine pushed the issue of humanitarian cooperation to the sidelines of political discussions. Experts and politicians on both sides seem to be preoccupied with other more urgent and more critical matters. One can conclude that during these hard times with all the risks and uncertainties involved, it makes sense to put matters of humanitarian cooperation on a shelf, until the moment when the overall political situation becomes more favorable for such cooperation. We believe that such a “wait and see” approach would be a strategic mistake. It is exactly in the period of a deep political crisis when interaction in education, culture and civil society should be given a top priority.

The Ukrainian crisis is not a compelling reason for us to abandon the strategic goal of building a common European and Euro-Atlantic humanitarian space. Of course, the crisis made this goal much harder to achieve, but it did not change the fundamentals. Russia is a country of the European culture. It belongs to the European civilization, and its science, education and its civil society institutions gravitate to Europe more than to any other region of the world. A common humanitarian space is not a pipe-dream. It remains a natural point of destination for the West and the East of our continent. However, keeping the strategic goal in mind, we should also think about damage limitation, about how to mitigate the negative impact of the Ukrainian crisis on the fabric of the humanitarian cooperation between Russia and Europe. Two urgent tasks appear to be of particular importance in the midst of the crisis.

First, it is necessary to protect the ongoing people-to-people cooperation from becoming yet another bargaining chip in the game of sanctions and counter-sanctions. To the extent possible, the people-to-people dimension of the EU-Russia relations should be insulated from the negative developments in security, political and economic dimensions.

Second, this humanitarian cooperation should be used to counter inflammatory rhetoric, projection of oversimplified and false images, and spread of Manichean black and white views on European politics, which we see emerging both in the East and in the West. We should not have any illusions: If the current trends in public moods in Russia and in EU are not reversed, it would be extremely difficult to restore our relations, even when the Ukrainian crisis is resolved.

There are many specific actions needed to accomplish these tasks. We should try to promote “success stories” in Russia-Europe humanitarian cooperation between civil societies, which we have accumulated plenty in various fields. We should oppose any attempts to tighten the visa regime between Russia and EU. We should encourage more contacts between Russian and EU regions, sister-cities and municipalities, including trans-border contacts. We should invest heavily into youth exchanges, school children and students mobility. We should upgrade cooperation between Russian and European independent think tanks and research centers. We should broaden existing channels for a range of participants to EU-Russia NGO interaction, making sure that this interaction is not monopolized by any particular group of institutions with their specific political agendas. We should explore new ways to make cultural diplomacy between the East and the West of Europe more efficient. We should pay special attention to building more contacts between Russia and EU media. We should investigate opportunities associated with cultural tourism.

The list of immediate actions can be continued. These actions might look less spectacular than a highly publicized security agreement or a multi-billion euro energy deal. But we should never forget that, at the end of the day, relations between Russia and the West are not limited to contacts between state leaders, diplomats, uniformed men or even between business tycoons. These relations are mostly about ordinary people — their fears and hopes, frustrations and expectations, and their day-to-day lives and plans for the future.

Without the human factor involved, nothing else is likely to work. But we would like to propose one action that can be taken immediately, one action that could be a symbol of determination and of hope, one action toward the youth of Europe and Russia. In the same way as France and Germany reconciled with the Elysee Treaty in 1963 by creating a common agency for the youth, we would like to see the premises of a Russian-European reconciliation through the creation of a Russian-European Youth Agency based on student exchanges, fellowships for entrepreneurial and innovative initiatives, support for language training, and many other actions.

Dominique de Villepin et Igor Ivanov, former Minister of Foreign Affairs of the Russian Federation
26 avril 2015, Huffingtonpost.com

1024 827 Dominique de Villepin

Pour un nouvel esprit de paix

 – Dans une tribune parue dans le quotidien La Croix, Dominique de Villepin propose de travailler à la création d’un nouvel esprit de paix alors que les interventions militaires se multiplient à travers le monde – 

 

La paix est une idée neuve. Nous assistons en effet aujourd’hui à la décomposition du monde né en 1945 des décombres de l’Europe et dont la règle d’or était : maintenir la paix. Aujourd’hui, le défi, autrement plus grand, est de construire la paix face à la tache d’huile de la violence.

L’ancienne idée de paix s’est effondrée en vingt ans. C’est tout d’abord l’effet secondaire de la mondialisation. Elle a fait surgir des États faillis qui sont le terreau de tous les trafics et de toutes les violences. Qu’on songe à la Somalie, au Yémen, au Mali, à l’Afghanistan. Elle a avivé les identités, confessionnelles, ethniques ou nationales, favorisant ainsi les séparatismes et les haines. D’anciennes frontières tenues pour certaines sont remises en cause, au Moyen-Orient celles des accords Sykes-Picot de 1916, en Extrême-Orient celles de 1945, en Europe orientale celles de 1991.

Cet effondrement de la paix est aussi le résultat de la tentation de la force chez les Occidentaux. La force a triomphé sur la scène internationale faute d’équilibre et de contre-pouvoirs. La superpuissance américaine après 1989, inédite dans l’Histoire et encore longue à résorber, a permis de transformer des règles communes appuyées sur l’équilibre en décrets mondiaux fondés sur la morale – une morale parfois trop sûre d’elle-même et aveugle à ses propres préjugés. La force a triomphé également parce que l’Occident est hanté. Hanté par le précédent de Munich – argument récurrent du débat diplomatique devant Benghazi, devant Bamako, devant Kobané ; hanté également par ses échecs plus récents, en Bosnie et au Rwanda. Alors tous les raccourcis sont bons pour ne pas se sentir coupables.

Le résultat c’est un monde dangereux où surgissent sans cesse de nouveaux monstres opportunistes, nourris par la force des puissances occidentales et par la faiblesse des États-nations. Un monde où la paix échoue sans cesse. Regardons au Moyen-Orient. Comment se fait-il que plus de la moitié de la puissance militaire du monde soit incapable de protéger Kobané ? Parce que cette « guerre globale » n’existe que sur le papier et sur les écrans de télé. Cela suffit à nourrir et légitimer l’ennemi. Cela ne suffit pas à dépasser la myriade de conflits locaux, légués par l’Histoire, qui empêchent toute action efficace. Le conflit entre Turcs et Kurdes retarde l’aide ; celui entre sunnites et chiites empêche de dissocier les populations locales de l’EI.

Il est temps d’opposer à la force un nouvel esprit de la paix.

Une paix faite d’initiative. Dans un monde où chaque conflit local peut devenir global, travaillons à des paix locales. Au Mali, la question touarègue n’a pas avancé depuis 2012, or c’est la cause profonde de l’influence islamiste. Aux Philippines ou en Indonésie, que faisons-nous pour favoriser des processus de paix ? Il s’agit de mettre les autorités locales devant leurs responsabilités, mais aussi les puissances régionales qui profitent de la surexposition occidentale pour prendre du recul. À charge pour la communauté internationale de peser pour débloquer le conflit, comme entre Israël et la Palestine où la pression extérieure est désormais indispensable.

Ce nouvel esprit de la paix exige aussi du dialogue. Les Occidentaux ne peuvent piloter le monde depuis leur vigie, en brandissant des sanctions, des diabolisations et des excommunications à tout va. Il faut parler avec toutes les nations. Sans quoi toute négociation est perdue d’avance. C’est dans cet esprit que je me suis rendu à plusieurs reprises en Russie, pour évoquer les pistes d’un véritable dialogue constructif sur l’Ukraine, à travers un groupe de contact permanent qui mette fin à la diplomatie par intermittence qui règne depuis un an.

Enfin, ce nouvel esprit de la paix exige des outils. La paix est aujourd’hui désarmée. Nous avons besoin, j’en suis convaincu, d’une force militaire de réaction rapide sous drapeau de l’ONU, avec état-major et entraînement permanent, capable de prendre des risques pour empêcher le pourrissement de conflits. Nous en aurions eu besoin en Syrie en 2013 pour appuyer l’initiative sur les armes chimiques. Nous avons besoin également d’une force de reconstruction étatique. C’est un savoir-faire de l’Europe, mêlant capacités administratives, programmes économiques et coopération judiciaire contre la corruption, qu’elle devrait mettre en avant. Car la seule véritable politique étrangère pour l’Europe, c’est la paix. C’est son histoire, c’est sa vocation, c’est sa conscience et c’est son intérêt.

Que la nouvelle Commission européenne se dote d’un commissaire à la paix et nous retrouverons enfin une voix, un rôle, une identité dans le vacarme du monde.

31 octobre 2014, La Croix