• 18 novembre 2017

Nous avons besoin d’une Chine plus forte

Nous avons besoin d’une Chine plus forte

1024 682 Dominique de Villepin

– Présent au symposium international de groupes de réflexion portant sur les implications du 19e Congrès national du PCC pour la Chine et le monde, Dominique de Villepin a estimé que le congrès organisé en octobre dernier représente non seulement l’entrée de la Chine dans une nouvelle étape, mais ouvre aussi une nouvelle ère pour le monde –

 

« Le président Xi Jinping a clairement marqué quelle était l’ambition de la nation chinoise, qui est de défendre et d’accroître la fierté du pays en tant que nation dans le monde, et ce par l’entrée dans une nouvelle ère, l’entrée dans de nouvelles responsabilités internationales. D’autre part, il a confirmé le rôle majeur du Parti dans la défense de l’unité, de la stabilité du pays et a marqué également le souci d’accroître l’efficacité de l’Etat dans cette nouvelle période. Donc il y a là une ambition qui est clairement affirmée et qui rejoint de nombreuses préoccupations des pays européens et de la France, en particulier le soutien au multilatéralisme, le soutien à un monde ouvert, au moment où un certain nombre de risques nouveaux apparaissent liés à l’isolationnisme américain, liés aux tendances nationalistes ou sécessionnistes, dont le Brexit est un exemple. Je crois qu’il y a là donc des convergences importantes qui existent entre la volonté chinoise, dans cette nouvelle période, de concourir à la stabilité internationale, et les ambitions de l’Europe de constituer un pilier pour l’équilibre mondial », a déclaré Dominique de Villepin.

Selon lui, le fait que l’Europe et la Chine partagent des valeurs communes, comme le multilatéralisme ou la volonté d’avancer dans un monde ouvert, constitue des atouts très forts entre ces deux régions. « Je ne suis pas naïf, je vois bien qu’il y a souvent des inquiétudes et des peurs face à l’avenir. La Chine représente une très grande puissance. Un certain nombre de pays européens, de partis ou de peuples européens, s’inquiètent du risque que peut constituer cette nouvelle puissance. Mais je crois que c’est en travaillant ensemble, en développant des partenariats communs, que l’on répondra le mieux à ces peurs. C’est donc ma conviction : nous avons besoin d’une Europe plus forte, nous avons également besoin d’une Chine plus forte, qui soient capables de prendre toutes ces responsabilités sur la scène internationale », a-t-il indiqué au journaliste de China.org.cn lors d’une interview.

 

Interrogé si une Chine plus forte sera une opportunité pour l’Europe et pour le monde, Dominique de Villepin a résolument répondu « oui », tout en précisant que « dans une période où l’on voit bien que l’isolationnisme, où la tendance au nationalisme, gagnent du terrain, une Chine ouverte sur le monde, une Chine désireuse de prendre ses responsabilité, une Chine qui défend des projets ambitieux comme celui des Nouvelles Route de la Soie, est une Chine qui contribue à l’ordre mondial et à la stabilité du monde ».

L’ancien Premier ministre de l’Hexagone a également salué l’initiative de « La Ceinture et la Route », la qualifiant de projet ambitieux et global, puisqu’il est à la fois politique, économique et culturel. Selon lui, il s’agit d’abord d’un projet politique marquant la volonté d’associer les pays de l’Eurasie, en particulier les pays qui aujourd’hui connaissent le plus de difficultés, en leur permettant une nouvelle croissance par le développement de leurs infrastructures. C’est aussi un projet à forte dimension économique et technologique qui apporte des infrastructures et de nouvelles technologies, permettant la construction de routes, de ponts, d‘autoroutes et de chemins de fer. Enfin, dans ce projet, il y a une dimension culturelle importante, qui souligne la nécessité du dialogue entre l’ensemble de ces Etats si l’on veut éviter les risques du monde d’aujourd’hui, tels que le risque de l’islamisme ou le risque du terrorisme.

« On doit accepter la nécessité de travailler ensemble dans une vision coopérative. De ce point de vue, le projet des Nouvelles Routes de la Soie constitue une véritable innovation dans cette volonté de faire travailler l’ensemble des pays de cette zone », a-t-il conclu, tout en ajoutant que la coopération entre la Chine et l’Europe, qui participe également à l’initiative chinoise de « La Ceinture et la Route », a déjà porté des résultats fructueux, parmi lesquels on peut citer la participation à la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures (BAII), les échanges à travers le train de fret reliant Lyon à Wuhan et la coopération sino-européenne dans divers domaines concrets comme le nucléaire et la lutte contre le changement climatique.